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Tricherie chez Volkswagen : 11 millions de véhicules concernés dans le monde, enquête lancée en France

Par Samanta E. Eyoum, France Bleu mardi 22 septembre 2015 à 12:13 Mis à jour le mardi 22 septembre 2015 à 17:19

© Max PPP

Ce mardi, le constructeur allemand Volkswagen a indiqué dans un communiqué que 11 millions de ses voitures dans le monde étaient équipées du logiciel de trucage découvert aux Etats-Unis la semaine dernière. La France a de son côté annoncé l'ouverture d'une enquête "approfondie".

Volkswagen a reconnu avoir manipulé les données d'émission de gaz polluants de ses véhicules diesel produits aux Etats-Unis, afin de contourner les règles antipollution. Des enquêtes internes ont montré que le logiciel en question était aussi présent dans d'autres véhicules diesel du groupe, a annoncé dans un communiqué Volkswagen, maison mère des marques VW mais aussi Audi, Skoda, Seat ou encore Porsche. 

Le trucage, qui visait à contourner les tes tests antipollution, concerne tous les moteurs diesel de type EA189, soit "un volume total d'environ 11 millions de véhicules dans le monde". Le ministre allemand des transports estime toutefois qu'il n'y avait "aucune indication" que d'autres constructeurs que Volkswagen aient truqué leurs moteurs en Allemagne.

Une enquête "au niveau européen" ? 

Une annonce qui intervient alors que plusieurs pays avaient déjà manifesté leur intention de lancer des enquêtes. Le ministre des finances français, Michel Sapin, estimait nécessaire, ce mardi 22 septembre, une enquête "au niveau européen" notamment sur les autres constructeurs. Une initiative approuvée par les constructeurs français. En attendant, la France a lancé sa propre enquête, comme l'a annoncé ce mardi après-midi la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal.

Une enquête pénale a été ouverte contre Volkswagen par les autorités américaines. Elle sera menée par la division du département de la Justice américaine (DoJ) en charge des questions portant sur les ressources naturelles. 

Le scandale touche le monde entier : Park Pan-kyu, directeur adjoint du ministère de l'environnement sud-coréen, a déclaré qu'il avait convoqué les représentants et les ingénieurs de Volkswagen à une réunion ce mercredi après-midi. Il indique toutefois qu'il est encore trop tôt pour évoquer d'éventuelles pénalité à l'encontre du constructeur allemand.  

Des pertes faramineuses 

La découverte de cette tricherie a entraîné un plongeon historique de 17% du cours VW à la Bourse de Francfort lundi matin, qui a été suivi par une baisse de 4% ce mardi matin. Le groupe accusait donc 15 milliards d'euros de pertes sur ses 77 milliard d'euros de capitalisation boursière. Il risque en outre une amende de plus de 18 milliards de dollars, plus le coût de rappel de centaines de milliers de véhicules. 

Ce dimanche, Martin Winterkorn, le PDG de Volkswagen, disait regretter "d'avoir déçu ses clients".Il sera entendu ce mercredi lors d'une réunion du conseil de surveillance au siège du groupe. Il serait toutefois démis de ses fonctions vendredi par ce même conseil, annonçait ce mardi le journal allemand Tagesspiegel, selon des sources proches de l'organe de contrôle. C'est Matthias Müller, le patron de Porsche, filiale de Volkswagen, qui devrait lui succéder, nous informe le journal

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