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Médias – People

Il y a 50 ans, les Shadoks commençaient à pomper à la télévision

vendredi 27 avril 2018 à 11:08 Par Géraldine Houdayer, France Bleu

Il y a 50 ans, le 29 avril 1968, les Français voyaient apparaître les Shadoks sur leur écran de télévision. En 1968, juste avant les événements de mai, ces drôles d'oiseaux font souffler un vent de subversion sur l'ORTF, et divisent les Français, scandalisés ou admiratifs.

Les Shadoks sur la cosmopompe, en 1970.
Les Shadoks sur la cosmopompe, en 1970. © AFP - Laszlo Ruszka/Ina

"Et voilà les Shadoks" : le 29 avril 1968, il y a 50 ans, les Français voient débarquer à la télé de drôles d'oiseaux qui font souffler un vent de subversion sur la très sage ORTF, dans un dessin animé controversé qui deviendra culte.

Une BD de télévision absurde et subversive 

Les Shadoks, ces oiseaux rondouillards longs sur pattes, ont pour activité emblématique de "pomper". Ils ont quatre syllabes pour tout vocabulaire ("ga, bu, zo, meu"), et tentent de quitter leur planète pour la Terre avec des machines improbables qui ne fonctionnent jamais. "A gauche du ciel, il y avait la planète Shadok. Elle n'avait pas de forme spéciale, ou plutôt elle changeait de forme", explique le premier épisode de cette "BD de télévision" absurde au dessin minimaliste, créée par l'ancien publicitaire Jacques Rouxel, contée par le truculent comédien Claude Piéplu et rythmée par la musique stridente et les bruitages de Robert Cohen-Solal.

Permis de ne pas conduire et tiercé à un seul cheval 

Cet ovni télévisuel, agrémenté de concepts loufoques comme "le permis de pas conduire", "le tiercé à un seul cheval" ou "l'antimémoire", fourmille de maximes absurdes dont certaines sont passées dans le langage courant, comme "pourquoi faire simple quand peut faire compliqué?"

Les Shadoks sont fabriqués sur l'animographe, un prototype du service de la recherche de l'ORTF. Les épisodes, diffusés juste après le journal du soir, ne durent que deux minutes. Mais leur impact est retentissant dans un pays qui, à l'époque, ne compte que deux chaînes de télévision.

Les Sahdoks censurés en mai 1968  

Ce programme avant-gardiste détonne face aux succès d'animation policés de l'époque, "Bonne nuit les petits" ou "Le Manège enchanté". L'ORTF croule sous le courrier, scandalisé ou admiratif. Certains verront dans ce vent de liberté un signe précurseur des événements de Mai-68. Deux semaines après leur lancement, les Shadoks sont privés d'antenne dans un pays paralysé par une grève générale. Ils reviennent à l'écran en septembre. En février 1969, ils sont rediffusés, suivis d'une émission sur "le courrier des Shadoks", lu et commenté avec dérision par le comédien Jean Yanne.

"Emisssion immonde" contre "étoile au milieu de la nullité des programmes" 

"La France a été divisée en deux, ça a été une nouvelle affaire Dreyfus, les gens envoyaient des lettres, disaient 'Les Shadoks c'est une émission immonde, le dessin n'est pas beau, les auteurs sont des analphabètes'", explique le comédien dans le premier opus des "Français écrivent aux Shadoks". De nombreuses missives réclament que l'on montre plutôt des "interludes" avec de beaux paysages de France.

Pour d'autres téléspectateurs, "les Shadoks scintillent comme une étoile au milieu de la nullité des programmes actuels". Un jeune de 14 ans "proteste contre le courrier diffamatoire" et se dit "fanatique des Shadoks".

Après les 52 épisodes initiaux, trois autres saisons seront diffusées, en 1970, en 1974-75 et en 2000 (Canal+), totalisant 208 épisodes.