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Médias – People

L'affaire de la "Ligue du LOL" libère la parole à l'école de journalisme de Grenoble

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu Isère, France Bleu

Ça n'est pas le même scandale que la ligue du LOL, ces journalistes et influenceurs parisiens accusés de cyberharcèlement, mais deux anciennes étudiantes de l'école de journalisme de Grenoble en ont profité pour briser le silence sur les pratiques de leurs anciens camarades de promo.

Via un groupe fermé et privé sur Facebook, d'anciens camarades de promo s'amusaient à se moquer systématiquement d'autres élèves, notamment des filles.
Via un groupe fermé et privé sur Facebook, d'anciens camarades de promo s'amusaient à se moquer systématiquement d'autres élèves, notamment des filles. © Maxppp -

Grenoble, France

D'un côté, les victimes parlent de harcèlement, de l'autre, les élèves accusés parlent de "blagues potaches". Dans le sillage de l'affaire de la "Ligue du LOL" révélée ce week-end, une ancienne élève de l'EJDG, (École de Journalisme De Grenoble) a mis les pieds dans le plat. Dimanche soir, Marylène Iapichino a révélé sur Twitter avoir été, dans son école de journalisme, "la cible de certains agissant comme cette #LigueduLOL". 

La moquerie comme passe-temps

Elle a révélé qu'un groupe fermé et privé s'était constitué sur Facebook et baptisé "Ul-team-(h)ate" [comme haine NDLR]. Dans ce groupe, une quinzaine d'anciens camarades de promo (filles et garçons mélangés), dont le passe-temps consistait à se moquer d'autres élèves, notamment des filles. Ces propos ont été corroborés dans la foulée par plusieurs autres camarade de promo sur Twitter comme Charlotte Heymelot ou Céline Argento, elle aussi visée par les moqueries de ce "groupe de haine", comme elle les qualifie.

Un groupe ambiance "dîner de cons"

Tout a commencé de la plus banale des manières : deux clans dans une même classe, au sein d'une même promotion, à l'école de journalisme de Grenoble, il y a trois ans. Ces clans ne s'aimaient pas. L'un des clans a alors créé un groupe privé sur Facebook pour se moquer, ambiance... "dîner de cons".

Une fois leur diplôme en poche, les amis de promo ont continué d'alimenter régulièrement leur groupe secret à coup de blagues parfois graveleuses et de captures d'écran moqueuses. Pour eux, ce sont juste des blagues de potache, pas méchantes. Le problème, c'est que l'un des membres de ce groupe a fini par le quitter et montrer quelques captures d’écran bien senties à ceux d'en face, principalement des filles.

"Moi j'ai eu le droit  a des commentaires du style "Elle a toujours la dalle. Faut que ce mec revienne lui mettre un coup", témoigne Mathilde, ancienne élève de l'EJDG, "90% de tout ça je l'ai découvert le soir où il y a eu les révélations sur la Ligue du LOL". Et la jeune femme poursuit : "Dans la mesure où ce n'est pas sorti du groupe on ne peut pas dire que j'ai été victime de harcèlement . Après ce sont des gens qui sont journalistes, dont le métier c'est d'écouter d'autres gens, et penser qu'entre eux ils sont capables d'une telle méchanceté je pense que ça dit quand même beaucoup de choses". Avis partagé par Céline Argento.

Illégale non mais inhumain oui

Mais hors le groupe fermée Facebook il y a eu des moqueries plus apparente sur un autre groupe plus ouvert "et aussi en réel" témoigne une jeune femme qui dit avoir fait "pas mal de crise d'angoisse" et décrit "des soirées en larmes".  "C'était des piques en permanence sur l'apparence, t'es grosse, t'es moche etc... Des remarques sur nos qualités même en tant que journaliste en devenir et c'était aussi des remarques sexistes sur nos qualités ou non sexuelles...."

L'école condamne des comportements haineux et discriminants

Si les membres de ce groupe fermé, contactés par France Bleu Isère, n'ont pas souhaité réagir, il n'en a pas été de même pour l'EJDG. Dès que l'affaire a été rendue publique, ce lundi, l'école de journalisme s'est fendue d'un communiqué sur Twitter affirmant que "l'équipe pédagogique condamne fermement et déplore les comportements haineux et discriminants exprimés sur un groupe Facebook d'ancien.ne .s étudiant.e.s". La co-directrice de l'école, Roselyne Ringoot, se dit  "sous le choc". " C'est la consternation, la stupéfaction et là maintenant c'est plutôt sur la prévention qu'il faut agir".

En parlant publiquement, Céline Argento a, dit-elle, décidé d'attaquer à son tour. Pour elle, de tels comportements ne sont pas dignes de journalistes. Elle conclut "en mettant cela sur la place publique, j'ai voulu leur faire honte" dit-elle. Pari réussi.

L'école de journalisme de Grenoble est située sur le site d'Échirolles - Aucun(e)
L'école de journalisme de Grenoble est située sur le site d'Échirolles - Google
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