Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Culture – Loisirs

Le cascadeur Rémy Julienne confie ses archives personnelles à la Cinémathèque de Toulouse

jeudi 28 septembre 2017 à 17:11 Par Bénédicte Dupont, France Bleu Occitanie et France Bleu

Rémy Julienne a décidé de confier une partie de ses archives personnelles à la Cinémathèque de Toulouse. Ce trésor, surtout constitué d'essais filmés de mise en scène de cascades, a rejoint les collections de l'institution toulousaine, dans son centre de documentation et de recherches à Balma.

Rémy Julienne a donné des centaines de bobines et de K7, ainsi que des archives papier.
Rémy Julienne a donné des centaines de bobines et de K7, ainsi que des archives papier. © Radio France - Bénédicte Dupont

Toulouse, France

Rémy Julienne, 87 ans, a réglé notamment les scènes de six James Bond et de quatorze films de Jean-Paul Belmondo : en tout 1.400 productions à son actif dont 400 films de cinéma. L'ancien cascadeur, qui vit dans le sud de Paris, amène avec lui en Haute-Garonne, des centaines et des centaines de bobines et de cassettes de vidéos qu'il a lui-même tournées entre les années 1950 et 1990, avec de petites caméras. Des archives qui vont permettre de constituer une sorte d'encyclopédie, presque scientifique des cascades du maître en la matière.

REPORTAGE au centre de documentation et de recherches de la Cinémathèque de Toulouse, à Bama (1'17'')

Il s'agit surtout d'essais de cascades tournés par les équipes de R. Julienne, en dehors des tournages. - Radio France
Il s'agit surtout d'essais de cascades tournés par les équipes de R. Julienne, en dehors des tournages. © Radio France - Bénédicte Dupont

Il aurait pu les donner à l'INA qui l'a sollicité, ou à d'autres centres de numérisation ou d'autres cinméathèques, mais il a choisi celle de Toulouse. Accueillir un personnage comme Rémy Julienne est une richesse pour nous au regarde de son importance pour l'histoire du cinéma populaire français. — Francesca Bozzano, directrice adjointe des collections

À 87 ans, Rémy Julienne a trop de projets pour se mettre à la retraite et puis il le dit; "avec les progrès de la médecine, je peux pousser jusqu'à 150 ans!". Ces archives, qu'il vient de confier, il va d'abord les regarder car certaines n'ont jamais été visionnées. Puis elles seront triées, toutes ne sont pas exploitables puis conservées. Avec les meilleures d'entre elles, il compte monter une sorte de one-man-show dont la première représentation aura lieu dans le cadre du festival Histoires de cinéma, nouvel événement de la Cinémathèque de Toulouse, du 3 au 11 novembre prochain.

En fait, dans ces films il fallait surtout que je trouve ce qu'il ne fallait pas faire. — Rémy Julienne

Celui que Claude Lelouch appelait le "fou furieux raisonnable" est intarissable sur l'intérêt des cascades au-delà du milieu cinématographique, à la justice par exemple ou à la sécurité routière. Il rappelle qu'il a été sollicité par les experts juridiques pour une reconstitution de crimes dans l'affaire Rezala, un tueur dans les trains, il y a une douzaine d'années. Rémy Julienne a surtout un rêve : ouvrir une sorte de parc à thème autour des cascades, mais il ne veut surtout pas que cela devienne "une machine à fric" comme Disney.

Les archives doivent être "dérushées", certaines seront numérisées, d'autres ne sont pas exploitables. - Radio France
Les archives doivent être "dérushées", certaines seront numérisées, d'autres ne sont pas exploitables. © Radio France - Bénédicte Dupont

Ces vidéos ne sont pas conçues pour être vues du grand public, mais les spécialistes apprécieront les recettes du maître : Rémy Julienne a aussi confié des archives papier, dessins, annotations et story-boards, scénarios de ses cascades avec mesures et calculs. Ils serviront aux cascadeurs eux-mêmes en quête de savoir-faire, aux chercheurs en cinéma et techniques de cinéma surtout. Car le centre de documentation et de recherches de Balma est ouvert à tous, mais pour rentrer il faut démontrer un intérêt, expliquer sa démarche. Mais pour l'instant, le grand public ne profitera pas du trésor Julienne. "On ne montre pas des archives comme on diffuse un film de 007 dans la salle de la rue du Taur", précise la directrice des collections Francesca Bozzano.

Franck Loiret le directeur délégué de la Cinémathèque, Rémy Julienne et Francesca Bozzano la directrice des collections. - Radio France
Franck Loiret le directeur délégué de la Cinémathèque, Rémy Julienne et Francesca Bozzano la directrice des collections. © Radio France - Bénédicte Dupont

Le dépôt de la Cinémathèque au bord de la saturation

La présence des œuvres de Rémy Julienne dans les murs du centre de conservation n'est que le dernier des "coups" réalisés dernièrement par l’institution toulousaine. En mars, les archives personnelles du Mime Marceau ont été confiées par sa famille. Et très bientôt, c'est un fonds Jacques Tati pour lequel qu'il va falloir de l'espace. La Cinémathèque prévoit une extension, avec la construction d'un deuxième bâtiment, de 700 m² à Balma. Cela permettra de couvrir les besoins pour les quinze prochaines années.

Il serait dommage de se renoncer à certains dépôts parce qu'on manque de place ! — Franck Loiret, directeur délégué de la Cinémathèque

Inauguré en 2004, le Centre de Conservation, à Balma réunit les collections film (près de 50.000 copies inventoriées) et non-film (environ 80.000 affiches, plus de 550.000 photos, des press books, des documents originaux sur l’histoire du cinéma…) de la Cinémathèque de Toulouse.

Les archives de la Cinémathèque, à Balma, manquent d'espace. Un second bâtiment devrait être construit. - Radio France
Les archives de la Cinémathèque, à Balma, manquent d'espace. Un second bâtiment devrait être construit. © Radio France - Bénédicte Dupont

L'institution de la rue du Taur, elle aussi devient trop petite. Fondée en 1964 par des cinéphiles passionnés, la Cinémathèque de Toulouse est l’une des trois principales archives cinématographiques françaises. Les négociations sont en cours avec la mairie, propriétaire des lieux, car en cas de travaux, la note risque d'être salée. Les bâtiments que la Cinémathèque investit sont ceux d'une ancienne chapelle du XVIe siècle.