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Médias – People

Le cinéaste Jean-Pierre Mocky est mort

- Mis à jour le -
Par , France Bleu, France Bleu Paris, France Bleu Azur

Le cinéaste Jean-Pierre Mocky est mort, a annoncé sa famille ce jeudi. Il avait 86 ans.

Jean-Pierre Mocky en 2010, au Festival de Cannes.
Jean-Pierre Mocky en 2010, au Festival de Cannes. © AFP - Anne-Christine POUJOULAT

Le cinéaste Jean-Pierre Mocky est mort, a annoncé sa famille ce jeudi. Né à Nice le 6 juillet 1933, il avait 86 ans. "Jean-Pierre Mocky est mort chez lui cet après-midi à 15h", a indiqué son gendre Jerôme Pierrat à l'AFP. 

Le décès du cinéaste a été confirmé par son fils, le comédien et metteur en scène Stanislas Nordey. "Jean-Pierre Mocky est parti tourner son prochain film avec Bourvil, Michel Serrault, Michel Simon, Fernandel, Jacqueline Maillant, Jeanne Moreau, Jean Poiret, Francis Blanche, Charles Aznavour et tant d'autres", ont indiqué Stanislas Nordey et la fille du cinéaste, Olivia Mokiejewski, dans un communiqué adressé à l'AFP.

Plus de 60 films et 40 téléfilms 

Cette grande figure du cinéma a réalisé plus de soixante longs métrages et quarante téléfilms. Maître de la dérision, il est l'auteur auteur prolifique d'une oeuvre inégale, entre comédies grinçantes, satires des mœurs contemporaines, et polars. Scénariste de ses films, il avait des acteurs fétiches, tels Jean Poiret, Michel Serrault ou Michael Lonsdale. Il avait aussi dirigé des stars comme Bourvil, Philippe Noiret, Catherine Deneuve ou Jeanne Moreau.

Des films satiriques et contestataires

Il commence sa carrière à la fin des années 1940, comme figurant au théâtre et au cinéma. Il joue notamment dans Les Casse-pieds (1948) de Jean Dréville, Orphée de Jean Cocteau en 1950 ou Le Gorille vous salue bien de Bernard Borderie, en 1957.

Il écrit un premier film, La Tête contre les murs, en 1959. Il ne le réalise pas, mais réalisera son premier film, Les Dragueurs, avec Charles Aznavour, quelques mois plus tard. Dans les années 60, il devient populaire auprès du grand public avec ses films déjantés, et s'affirme avec des œuvres cyniques et pleines d'humour noir.

Sur le tournage des "Dragueurs", en 1959, avec Charles Aznavour. - AFP
Sur le tournage des "Dragueurs", en 1959, avec Charles Aznavour. © AFP -

Il réalise notamment Un drôle de paroissien avec Bourvil en 1963, La grande lessive, sur la télévision abêtissante également avec Bourvil en 1968, L'Albatros (1971), A mort l'arbitre, avec Michel Serrault et Eddy Mitchell,qui dénonce les dérives de certains supporters de football en 1984 ou encore Le miraculé, qui pointe l'hypocrisie autour des pèlerinages de Lourdes, en 1987. Ses films s'inspirent souvent de sujets de société. 

La Grande lessive, en 1968. - AFP
La Grande lessive, en 1968. © AFP

"Économiquement incorrect"

Dans les années 1990 et 2000, ses productions rencontrent moins de succès, mais Jean-Pierre Mocky tourne toujours de nombreux films. Infatigable, il "bricole" à toute vitesse des séries B, parfois, jusqu'à trois par an, et des comédies burlesques aux budgets misérables. Se qualifiant alors de cinéaste "underground", il dénonce "la mafia (ndlr, du 7e art) comme-il-faut qui court Paris, Cannes, Venise, Berlin".

"Je n'ai été d'aucune chapelle, d'aucun club et pas plus de telle ou telle vague", disait cet anar fort en gueule, ennemi de la demi-mesure, qui a connu le succès et le déclin, sévère avec le milieu du cinéma. "La vérité, c'est que je fais peur aux décideurs. Je suis économiquement incorrect", estimait-il, persuadé qu'on lui en voulait de tourner de bons films à bas coût. 

Des coups de gueule mémorables

Il était aussi connu pour ses coups de gueule mémorables, comme sur le tournage de La Candide Madame Duff, en 2000 (à la 7e minute de la vidéo). 

"L'effet des hommages sur moi est à peu près aussi durable qu'un pet sur une toile cirée" - Jean-Pierre Mocky 

En dépit de sa marginalité, il avait reçu depuis 2010 plusieurs hommages et distinctions de la profession. "Leur effet sur moi est à peu près aussi durable qu'un pet sur une toile cirée", pestait ce "fauteur de troubles pour les uns, fouteur de merde pour les autres".

Une vie privée mouvementée, "17 enfants connus"

Marié trois fois, Jean-Pierre Mocky a renoncé à compter sa progéniture. "J'ai 17 enfants connus. Voire davantage, les femmes que j'ai croisées le temps d'un fugace corps-à-corps se comptant par centaines", a-t-il écrit dans un livre amer de souvenirs, "Mocky soit qui mal y pense", publié en 2016. Parmi ses enfants, le metteur en scène Stanislas Nordey que son père, à la vieillesse solitaire, n'avait pas vu depuis des décennies.