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Mardi, les radios privées vont boycotter les quotas de chansons françaises

Par Julien Baldacchino, France Bleu lundi 28 septembre 2015 à 15:32

Un studio de radio (illustration)
Un studio de radio (illustration) © Max PPP

Ce mardi, les principales radios privées boycotteront la règle qui les oblige à diffuser 40% de chansons françaises. Elles veulent protester contre un projet d'amendement qui vise à s'assurer que les radios diffusent des titres plus variés.

"Ne laissez personne vous dicter la musique que vous aimez" : c'est le message que l'on peut entendre diffusé depuis plusieurs jours sur de nombreuses radios privées. La mobilisation de ces grands groupes vient de monter d'un cran : mardi, les radios des groupes Lagardère (Virgin Radio, Europe 1, RFM), RTL (avec RTL2 et Fun Radio), NRJ (avec Nostalgie, Chérie FM et Rire et Chansons), et de très nombreuses radios indépendantes n'appliqueront pas la règle qui les oblige depuis 1996 à diffuser au moins 40% de chansons francophones.

Objectif : ne plus avoir dix chansons françaises en boucle

La raison de cette mobilisation ? Un amendement qui arrive ce lundi en examen à l'Assemblée nationale, inclus au projet de loi sur la liberté de création, l'architecture et le patrimoine. Adopté dans la nuit du 16 au 17 septembre par la Commission des affaires culturelles de l'Assemblée.

Que prévoit cet amendement ?  Il stipule que lorsque "plus de la moitié des diffusions musicales d'expression française (...) se concentre sur les dix oeuvres les plus programmées par un service, les diffusions intervenant au-delà de ce seuil ne sont pas prises en compte pour le respect des proportions fixées"

En clair, cela signifie que si une radio diffuse dix chansons françaises en boucle  pour remplir 75% de ses quotas, par exemple, ces diffusions-là ne seront considérées que comme 50%, et il faudra diffuser d'autres chansons pour respecter les quotas. Sachant qu'un artiste français qui s'exprime en anglais (Daft Punk, David Guetta, etc.) n'est pas comptabilisé dans ces quotas. 

"Liberticide"

Conséquence : dans un communiqué commun diffusé ce lundi, les groupes Lagardères, NRJ, RTL et le Sirti (le syndicat des radios indépendantes) annonce qu'ils "suspendent leur participation au dispositif des quotas francophones pour 24 heures" mardi. Elles ne diffuseront "que les morceaux français que les auditeurs souhaitent entendre, pas ceux imposés par les quotas", explique le communiqué. 

Cette mesure est qualifiée de "liberticides" par les radios privées, qui diffusent souvent beaucoup plus de titres en anglais (y compris ceux interprétés par des Français). "Ce n'est pas aux parlementaires de nous dire ce que nous devons diffuser", explique Emmanuel Rials, de la radio Ouï FM. Pour protester contre le soutien du gouvernement à cet amendement, les radios ont diffusé des messages appelant à appeler le standard de Matignon. Certaines l'ont même fait en direct à l'antenne :

Fleur Pellerin défend l'amendement

Ce lundi, Fleur Pellerin a une nouvelle fois confirmé son soutien à cette proposition : 

"Les quotas sont respectés, mais en passant les dix titres qui forment le top 10 du classement des chansons. Les gens écoutent toute la journée les mêmes titres donc ce n'est pas exactement ce qu'on entend par diversité culturelle (...). Sur un mois, il faudra passer deux ou trois titres supplémentaires. Ce n'est pas liberticide".

– Fleur Pellerin, ministre de la Culture, sur France Inter