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Médias – People

Ni complot, ni attentat, la mort de Diana reste un "tragique accident" pour les enquêteurs

jeudi 31 août 2017 à 4:30 - Mis à jour le jeudi 31 août 2017 à 7:52 Par Géraldine Houdayer, France Bleu

Le 31 août 1997, Lady Di mourait dans un accident de la route à Paris. Deux enquêtes ont conclu à un accident de voiture, malgré les thèses conspirationnistes et les récentes révélations sur la Mercedes qui conduisait Diana ce soir-là. La voiture était une épave, révélait un livre en mai dernier.

Le 31 août, la voiture qui transporte Lady Di percute un pilier du pont de l'Alma, entraînant la mort de la princesse.
Le 31 août, la voiture qui transporte Lady Di percute un pilier du pont de l'Alma, entraînant la mort de la princesse. © AFP - Pierre Boussel

Complot, attentat, ou encore flash de paparazzi : des dizaines d'hypothèses ont été avancées pour expliquer la mort de Diana, il y a 20 ans, le 31 août 1997, à Paris. Depuis, deux enquêtes ont conclu à un banal et tragique accident de voiture, une thèse qui n'a pas été remise en cause après les récentes révélations sur la Mercedes qui transportait la princesse.

Les photographes mis en cause dans un premier temps

Le 31 août 1997, à 0h26, la berline qui transporte Lady Di percute de plein fouet le treizième pilier du tunnel de l'Alma, dans le VIIIe arrondissement de Paris. Son compagnon Dodi Al-Fayed et le chauffeur Henri Paul meurent sur le coup. Diana décède quelques heures plus tard. Son garde du corps, Trevor Rees-Jones, est le seul survivant. Une première enquête est immédiatement ouverte par la justice française. Les photographes, qui suivaient le couple depuis son arrivée à Paris, sont mis en cause : leur comportement aurait poussé le chauffeur à rouler trop vite. Neuf sont mis en examen, ainsi qu'un motard de presse. Après deux ans d'investigations, ils bénéficient d'un non-lieu, confirmé par la Cour de cassation en 2002.

Les paparazzis qui suivaient Diana et Dodi Al-Fayed ce soir-là ont longtemps été accusés d'avoir entraîné la mort de la princesse. - AFP
Les paparazzis qui suivaient Diana et Dodi Al-Fayed ce soir-là ont longtemps été accusés d'avoir entraîné la mort de la princesse. © AFP - Pierre Boussel

Cette première enquête, menée sous les projecteurs des médias du monde entier, conclut à un accident : le comportement d'Henri Paul, qui était sous l'emprise de l'alcool et d'antidépresseurs, ainsi que la vitesse de la limousine - entre 126 et 155km/h à son entrée dans le tunnel - expliquent la perte de contrôle du véhicule. Une deuxième enquête, conduite de 2004 à 2008 en Grande-Bretagne, conclut également à un "tragique accident".

La mystérieuse Fiat blanche

Les investigations ont révélé que la Mercedes est entrée en collision avec un véhicule juste avant l'accident. Des traces de peinture ont été retrouvées sur la berline et contre un mur du tunnel. Un couple de Français, Georges et Sabine Dauzonne, qui s'engageait sur une voie rapide à proximité, raconte avoir dû ralentir pour éviter une Fiat Uno blanche, immatriculée dans les Hauts-de-Seine ou les Yvelines, avec un gros chien à l'arrière. Quelque 3.000 propriétaires ont été entendus, mais les recherches sont restées vaines, alimentant les thèses conspirationnistes. Parmi les témoins auditionnés, Le Van Thanh, propriétaire d'un rottweiler et d'une Fiat Uno rouge repeinte à l'époque de l'accident, sans qu'il soit établi si c'était avant ou après. À l'époque, l'homme présente un alibi et est relâché. En 2007, devant les enquêteurs britanniques, les Dauzonne l'ont identifié comme le conducteur du véhicule. "La Fiat n'était pas responsable de l'accident, mais victime de l'accrochage", relève une source proche du dossier.

En octobre 2007, des juges et enquêteurs britanniques se rendent sous le pont de l'Alma pour retracer le déroulement de l'accident. - Maxppp
En octobre 2007, des juges et enquêteurs britanniques se rendent sous le pont de l'Alma pour retracer le déroulement de l'accident. © Maxppp - Thomas Coex

La Mercedes qui transportait Diana était une épave

La Mercedes qui transportait Diana, la nuit de l'accident, a eu une première vie. D'après le livre "Qui a tué Lady Di", paru chez Grasset en mai dernier, elle a été achetée en 1994, par le publicitaire Eric Bousquet. Trois mois plus tard, elle est volée, puis retrouvée dans un champ près de Roissy, après avoir essuyé plusieurs tonneaux, selon cet ouvrage. Elle aurait alors été classée VGA, véhicule gravement accidenté, et remboursée comme épave par les assurances à son propriétaire. Courant 1996, la voiture, entièrement liftée, se retrouve en exposition dans une succursale de Mercedes France à Paris. "On était en confiance. On nous a dit qu'elle avait été utilisée par un des directeurs de Mercedes France", a raconté à l'AFP Jean-François Musa, patron d'Etoile Limousine, la société de location qui a loué la voiture à l'hôtel Ritz. Il dit avoir déboursé, à l'époque, 280.000 francs, soit environ 40.000 euros, pour acheter le véhicule d'occasion.

La Mercedes qui transportait Diana et Dodi Al-Fayed était une épave, d'après un livre publié en mai dernier. - Maxppp
La Mercedes qui transportait Diana et Dodi Al-Fayed était une épave, d'après un livre publié en mai dernier. © Maxppp - ATLAS PRESS

"On s'est vite rendu compte qu'il y avait un problème : la tenue de route était très mauvaise à partir de 70-80 km/h", explique-t-il. Le véhicule est renvoyé chez Mercedes qui assure que tout est normal, selon son récit. "Des pièces non conformes ont-elles été utilisées pour réparer?", s'interroge-t-il aujourd'hui, assurant n'avoir jamais été consulté sur ce point par les enquêteurs. Quatre mois avant l'accident, la voiture est à nouveau volée, abandonnée sur l'autoroute, renvoyée au garage qui fait plus de 17.000 euros de réparation avant de réintégrer le parc d'Etoile Limousine et le parking du Ritz où elle est finalement choisie pour transporter Diana. D'éventuelles responsabilités d'Etoile Limousine ou de Mercedes France n'ont jamais été évoquées au cours de l'enquête.

La société qui avait loué la voiture au Ritz, et Mercedes France n'ont jamais été mis en cause dans l'enquête sur la mort de Diana. - Maxppp
La société qui avait loué la voiture au Ritz, et Mercedes France n'ont jamais été mis en cause dans l'enquête sur la mort de Diana. © Maxppp - JCCP

La thèse du complot écartée par les deux enquêtes

La mort de Lady Di, qui a provoqué une onde de choc mondiale, a suscité toutes sortes de fantasmes et de rumeurs. La théorie d'un complot, fomenté par les services secrets britanniques avec l'aval du prince Philip, mari de la reine Elizabeth II, est la plus tenace. Cette théorie est rapidement mise en avant par le père de Dodi, le milliardaire égyptien Mohamed Al-Fayed. Selon lui, la princesse Diana a été assassinée par les services secrets britanniques sur ordre de la famille royale. Mohamed Al-Fayed affirme que son fils et sa compagne étaient placés sur écoute par le MI6, les services secrets, et que la couronne était informée de leurs moindres faits et gestes. La famille royale "ne pouvait accepter qu'un musulman égyptien devienne le beau-père du futur roi d'Angleterre", veut croire l'homme d'affaires, cité par Le Figaro. Selon lui, Diana était enceinte au moment de l'accident et d'après le père de Dodi, ce dernier venait d'acheter une bague de fiançailles chez un joaillier parisien. Cette thèse a été écartée par les deux enquêtes.

Une autre rumeur est apparue après la mort de Diana : la princesse aurait été la victime collatérale d'un attentat. L'auteur et réalisateur Francis Gillery développe l'hypothèse d'un guet-apens dans son livre "Lady Died", et le documentaire "Diana et les fantômes de l'Alma". Selon lui, Dodi Al-Fayed aurait été la victime d'un piège en lien avec un mystérieux contrat qu'il serait venu signer à Paris. Là encore, les enquêtes écartent cette thèse en concluant à un accident.

Diana et Dodi Al-Fayed en vacances à Saint-Tropez, en juillet 1997. - Maxppp
Diana et Dodi Al-Fayed en vacances à Saint-Tropez, en juillet 1997. © Maxppp - JL Macault