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Privés d'Américains depuis un an, les professionnels du tourisme du débarquement tentent de résister

Depuis presque un an maintenant, les touristes étrangers ont quasiment disparu des côtes normandes. Et notamment les Américains, qui font habituellement largement tourner les activités autour du débarquement dans le Calvados. Guides, entreprises et associations spécialisées sont à l'arrêt.

Dans le hangar de la DDay Academy, les camions et autres Jeep attendent de pied ferme le retour des Américains.
Dans le hangar de la DDay Academy, les camions et autres Jeep attendent de pied ferme le retour des Américains. © Radio France - Benjamin Recouvreur

Alain, le régisseur de la DDay Academy, plonge ses mains expertes sous le capot d'un GMC américain. "C'est la bête de somme américaine du débarquement !" dit-il fièrement. Habituellement, cette association de passionnés installée à Rots proposent des circuits autour des lieux emblématiques du DDay, en embarquant les touristes dans ces véhicules d'époque. "Ça fait un an qu'ils n'ont pas servi", constate tristement Alain. 

Ici, la clientèle américaine représente plus de 80% des entrées d'argent. "Tous les revenus essentiels à l'association proviennent de grands 'tour operator' américains à qui nous proposons des prestations sur une journée", détaille Steve, l'un des guides. Des groupes d'une centaine de personnes qui ont complètement disparu. 

Dans le grand hangar, l'impressionnante collection de véhicules et d'accessoires du débarquement commence à prendre la poussière. Des draps recouvrent les uniformes de soldat que plus personne ne peut essayer. "C'est très triste car les gens que nous accueillons viennent toujours pour une bonne raison, parfois parce que des membres de leur famille ont débarqué. Ce lieu est unique pour eux", ajoute Steve. 

ECOUTEZ - Le reportage de France Bleu Normandie à la DDay Academy

La partie musée de la DDay Academy est figée, en attendant le retour des touristes.
La partie musée de la DDay Academy est figée, en attendant le retour des touristes. © Radio France - Benjamin Recouvreur

Des difficultés financières 

La plupart des guides sont bénévoles mais l'entretien des véhicules et de la collection demande des investissements constants. L'association doit notamment rémunérer le mécanicien, seule personne à travailler régulièrement. "Les aides de l'Etat nous aident un peu mais ça ne suffit pas", précise Alain. 

La clientèle française ne compense pas du tout. On a aucune réservation de groupes, quelques familles isolées qui viennent mais c'est anecdotique. - Alain, régisseur de la DDay Academy 

Alors le président de l'association met de sa poche pour combler les trous. La situation s'annonce aussi compliquée en 2021. Les voyagistes américains ont annulé toutes leurs réservations jusqu'à l'été, et la venue des quelques groupes prévue entre août et septembre est largement compromise. "On ne voit pas vraiment de portes de sortie, peut-être avec la vaccination", espère Steve. 

S'adapter pour ne pas s'arrêter

Les guides indépendants de la région sont aussi directement touchés par l'absence des touristes étrangers. Karine Poullard s'est mise à son compte en 2019. "Ce n'était peut-être pas le meilleur timing", concède-t-elle. Habituellement, la saison est très bien remplie entre le printemps et la fin novembre. Certains de ses collègues ont décidé d'arrêter leur activité, mais elle a voulu s'adapter. 

"D'habitude, je vends des prestations pour des visites groupées, maintenant j'ai mis en place des petites visites privées, à dix euros par personne", explique-t-elle. Et la demande est au rendez-vous. "Pendant les vacances de février, tous mes créneaux étaient pleins !" Des visites de deux heures, avec cinq personnes maximum en raison de la jauge, pas de quoi gagner beaucoup d'argent. 

"Je suis très contente de l'avoir fait, mon salaire c'est aussi les sourires et l'énergie positive de ces visites. On espère que ça ira mieux pour les vacances de Pâques et cet été", explique Karine. Tous sur la côte l'espèrent. Les Américains n'ont jamais autant manqué au Calvados. 

ECOUTEZ - Karine Poullard, guide indépendante spécialiste du débarquement

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