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Un mois après les inondations dans le Beauvaisis, entre solidarité et désarroi des habitants

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Par , France Bleu Picardie

Un mois après les inondations historiques dans le Beauvaisis, les habitants nettoient encore les traces de boues et se remettent tout doucement de la catastrophe. Dans la nuit du 21 au 22 juin dernier, un orage violent et de la grêle se sont abattus. Un adolescent de 17 ans est mort noyé.

Maison à Beauvais, quartier des musiciens, un mois après les inondations. Ici l'eau est montée jusqu'à 1,10 mètre, emportant tous les meubles du rez-de-chaussée.
Maison à Beauvais, quartier des musiciens, un mois après les inondations. Ici l'eau est montée jusqu'à 1,10 mètre, emportant tous les meubles du rez-de-chaussée. © Radio France - Marine Chailloux

Un mois après les inondations historiques dans le Beauvaisis, les maisons et les rues portent encore les stigmates des vagues de boue qui ont déferlé ce soir là. Les habitants nettoient encore les traces et se remettent tout doucement de la catastrophe qu'ils ont subie. Dans la nuit du 21 eu 22 juin dernier, un orage violent et de la grêle se sont abattus sur Beauvais et les alentours. Des vagues ont submergé plusieurs quartiers et un adolescent de 17 ans a péri noyé dans le Thérain, un cours d'eau de Beauvais.  Les dégâts se montent au moins à 10 millions d'euros. Réécoutez le reportage de France Bleu Picardie, au quartier des Musiciens de Beauvais, l'un des plus touchés par les intempéries.

Réécoutez le reportage : à Beauvais, un mois après les inondations, entre solidarité et désarroi

C'était la fête de la musique, entre 22 et 23 heures, un orage très violent s'abat, et les habitants voient de véritables vagues déferler. Rapidement le Thérain déborde dans le centre ville. Eliott, un adolescent de 17 ans court pour éviter le montée des eaux, mais il se noie. Les secours mettrons deux jours à retrouver son corps. En tout 1500 pompiers sont mobilisés pour les recherches ou pour pomper l'eau. 

Chez Patrick, tout le carrelage a sauté ou doit être refait car ses murs sont encore imbibés d'eau.
Chez Patrick, tout le carrelage a sauté ou doit être refait car ses murs sont encore imbibés d'eau. © Radio France - Marine Chailloux

Pizzas, frigos, kits de nettoyage offerts et forte solidarité

Dès le lendemain matin, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin se rend sur place tout comme Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France qui suspend sa campagne des régionales. Immédiatement aussi la solidarité s'organise : une entreprise livre des kits de nettoyage aux habitants, une autre des pizzas... Une collecte de fonds et de denrées alimentaires est organisée par le CCAS, qui affrète une camionnette solidaire pour aider les habitants à faire leurs démarches auprès de leur assureur et pour leur apporter des denrées. Le Secours Populaire offre même des frigos et des machines à laver aux sinistrés. 

Voiture et camping car à la casse

Mais les dégâts sont très importants, au bas mots 10 millions d'euros, environ un millier d'habitations, de bâtiments publics et des routes sont endommagés, des entreprises à l'arrêt ou en activité partielle comme les géants Spontex ou AGCO et bien sûr, les agriculteurs, touchés, encore, après les gelées du printemps.

La baie vitrée est toujours bloquée par la boue séchée, il faut gratter les rails avec un petit couteau pour faire sortir toute la terre. Un travail méticuleux et très long.
La baie vitrée est toujours bloquée par la boue séchée, il faut gratter les rails avec un petit couteau pour faire sortir toute la terre. Un travail méticuleux et très long. © Radio France - Marine Chailloux

Dans le quartier des Musiciens, l'un des plus touchés par les intempéries, les rues sont presque nettoyées mais il reste encore de nombreux déchets sur les trottoirs. "Les quinze premiers jours, on s'est senti soutenu mais aujourd’hui plus personne, raconte Patrick, un habitant. On prend nos véhicules personnels pour aller à la déchetterie, si on a un véhicule personnel, car moi je n'en ai plus".  Les vagues de boue ont tout emporté dans sa maison au rez-de-chaussée, y compris sa voiture, son camping car et son chien, qu'il a retrouvé mort noyé 300 mètres plus loin. 

Son chien mort noyé

Chez Patrick, l'eau est montée à 1,10 mètre. Un mois après, ses murs ont encore 40% d'humidité et il doit tout refaire. "Les cloisons ont explosé, dans la salle de bain, je dois faire tomber tout le carrelage que j'avais refait il y a cinq ans se lamente-t-il. Dans le salon, nous avons acheté des chaises de camping et dans la cuisine, notre meuble ce sont deux tréteaux et une planche!" Pendant qu'il fait visiter sa maison pour constater les traces d'eau toujours visibles, Mathis, employé d'une société d'entretien est à genoux, en train de gratter les rails de la baie vitrée de sa véranda avec un petit couteau. "Ça a séché c'est dur à enlever, je fais avec ce que je trouve, au doigt c'est trop dur. Ils ne peuvent même plus fermer leur baie vitrée, constate-t-il. Ce soir en partant ce ne sera toujours pas propre". 

L'humidité persiste et les moisissures se développent au bas des murs.
L'humidité persiste et les moisissures se développent au bas des murs. © Radio France - Marine Chailloux

Patrick a touché quelques centaines d'euros d'aides pour l'instant, mais ses dégâts se chiffrent à plusieurs dizaines de milliers d'euros. Il doit payer la location d'une voiture et il conteste l'expertise de l'assureur. "L'expert n'est passé qu'une fois, regrette-t-il. Il a chiffré le changement de la cloison du garage mais dessus il y a une chaudière. L'expert ne prévoit pas le déplacement de la chaudière et des tuyaux, 300 ou 400 euros, qui va le prendre en charge? C'est un exemple mais mis bout à bout ça fait une sacrée somme!"

Etat de catastrophe naturelle pour 50 communes

Mais ce qui inquiète le plus Patrick désormais, ce sont les moisissures qui grandissent avec les fortes chaleurs et les fissures horizontales qui apparaissent sur ses murs. Il devait partir en vacances avec son camping car la semaine des intempéries. Là il hésite à aller voir sa famille pour se ressourcer, si sa maison n'est pas ventilée.

Chez Patrick c'est encore système D car tous ses meubles ont été emportés par l'eau : planche et tréteaux pour faire un meuble de cuisine et des chaises de camping en guise de fauteuil dans le salon.
Chez Patrick c'est encore système D car tous ses meubles ont été emportés par l'eau : planche et tréteaux pour faire un meuble de cuisine et des chaises de camping en guise de fauteuil dans le salon. © Radio France - Marine Chailloux

Le 30 juin dernier, l'état de catastrophe naturelle a été déclaré pour 29 communes. Et depuis mardi 20 juillet, 21 nouvelles communes ont également été recensées comme ayant été touchées par différentes inondations et coulées de boue au mois de juin, comme Allonne, Auneuil ou encore Bailleul-sur-Thérain. Les habitants ont 10 jours pour faire leurs démarches et être indemnisés sous trois mois maximum.

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