La centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire va-t-elle fermer à cause de la sécheresse ?

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À cause de la chaleur et de la sécheresse généralisée en cet été 2022, certaines centrales nucléaires sont obligées d'abaisser leur production d'électricité. La région Centre-Val de Loire n'est pas concernée pour l'instant.

La centrale nucléaire de Belleville n'est pas contrainte de réduire sa production d'électricité, malgré les fortes chaleurs
La centrale nucléaire de Belleville n'est pas contrainte de réduire sa production d'électricité, malgré les fortes chaleurs © Radio France - Michel Benoit

La Loire est sous haute surveillance en raison de la sécheresse, le fleuve est scruté à la loupe et son niveau historiquement bas soulève de nombreuses questions. La Loire est bordée par quatre centrales nucléaires sur son parcours : Belleville-sur-Loire dans le Cher, Dampierre-en-Burly dans le Loiret, Saint-Laurent-des-Eaux dans le Loir-et-Cher et Chinon en Indre-et-Loire. 

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Contrairement aux réacteurs des centrales nucléaires situées aux bords de la Garonne ou du Rhône qui ont dû abaisser leur production, les nôtres ne sont pas concernées pas ces contraintes. Même si le fleuve est bas et le débit réduit, elles peuvent continuer à puiser de l'eau.

La centrale de Belleville-sur-Loire consomme huit fois moins d'eau 

Les deux réacteurs de la centrale de Belleville-sur-Loire fonctionnent toujours à pleine puissance ce jeudi 11 août. Elle n'est pas contrainte d'abaisser sa production. La raison tient à sa conception, elle fonctionne différemment des centrales nucléaires du sud de la France. "Il existe deux types de centrales. Si toutes les centrales puisent de l'eau dans la mer ou dans un fleuve pour refroidir leurs réacteurs, certaines rejettent ensuite cette eau chaude directement dans le fleuve", explique Arthur Neveu, chef de division de l'Autorité de sûreté nucléaire à Orléans. 

À l'inverse, la centrale de Belleville-sur-Loire fonctionne "avec de grandes tours qu'on appelle les tours aéroréfrigérantes, précise-t-il. Elle va seulement puiser un peu d'eau dans La Loire". La centrale de Belleville-sur-Loire consomme huit fois moins d'eau que d'autres centrales nucléaire pour refroidir ses réacteurs. Quand certaines pompent 17 m3 d'eau par seconde, celle de Belleville-sur-Loire n'en a besoin que de deux. 

"La moitié de l'eau puisée va ensuite s'évaporer, c'est pour ça qu'on voit de la fumée blanche sortir des tours, c'est simplement de la vapeur d'eau", poursuit Arthur Neveu. L'autre moitié, elle, est rejetée dans la Loire. "Avec ce système, on ne rejette pas beaucoup de chaleur dans la Loire. Il n'y a pas de risque d'échauffer le fleuve en aval de la centrale". Dans le sud de la France, les centrales sont obligées d'abaisser leur production en raison d'un risque trop important d'élever la température du fleuve, ce qui n'est pas le cas dans notre région.

"De l'eau qui s'évapore, c'est problématique"

En période de sécheresse, "de l'eau qui s'évapore, c'est problématique", estime de son côté Sortir du Nucléaire 18. "L'eau que consomme la centrale de Belleville n'est pas entièrement restituée, à peine 50 % est rendu à la Loire, le reste s'évapore, dénonce Françoise Pouzet, la présidente de l'association. C'est une centrale très gourmande en eau".

"L'eau va devenir une denrée rare, on ne peut pas continuer comme ça, il faut se tourner vers les énergies renouvelables", insiste-t-elle. L'association Sortir du Nucléaire 18 exige que la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire baisse sa production d'électricité pour réduire sa consommation d'eau. Ce à quoi l'Autorité de sûreté nucléaire répond qu'"il faut bien produire de l'électricité". En Centre-Val de Loire, 100% des besoins en électricité sont produits par la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire.

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