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Les pisciculteurs de l'Indre pas épargnés par les fortes pluies de ces dernières semaines

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Les intempéries n'ont pas épargné les éleveurs de poissons : étangs qui débordent ou encore températures trop faibles pour les poissons... De quoi inquiéter les professionnels du secteur, qui ont bien réagi pour cette fois, mais qui scrutent désormais la météo en croisant les doigts.

Françoise Aubrun, piscicultrice à Migné dans l'Indre, a subi les conséquences des fortes pluies de ces dernières semaines. Françoise Aubrun, piscicultrice à Migné dans l'Indre, a subi les conséquences des fortes pluies de ces dernières semaines.
Françoise Aubrun, piscicultrice à Migné dans l'Indre, a subi les conséquences des fortes pluies de ces dernières semaines. © Radio France - Kathleen Comte

Le soleil est de retour depuis quelques jours dans la région Centre-Val-de-Loire mais il n'efface pas - pas encore - les dégâts causés par les fortes pluies de ces dernières semaines. Dans le Berry, des particuliers ont été touchés par la montée des eaux, certaines routes ont été coupées , chez les professionnels, agriculteurs et viticulteurs n'ont pas été épargnés et les pisciculteurs non plus. Heureusement, les conséquences ne sont pas catastrophiques pour ces derniers qui restent malgré tout extrêmement vigilants. France Bleu Berry est allé faire un tour à Migné dans l'Indre, près de la commune du Blanc, pour rencontrer une piscicultrice victime de la météo capricieuse.

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"On a l'impression qu'on ne maîtrise rien du tout"

Pour élever des poissons bien sûr, il faut de l'eau. Quand il pleut c'est donc souvent une bonne nouvelle pour les pisciculteurs. Le problème, c'est que trop d'eau peut aussi poser problème comme nous l'explique Françoise Aubrun, piscicultrice aux étangs-chats à Migné et présidente de la Fédération aquacole de la région Centre (Farec) : "Cette année, les étangs étaient déjà pleins quand il y a eu ces inondations puisqu'il avait plu 130 mm au mois de juin, les sols étaient donc détrempés. La semaine dernière on a tout de même eu 90 mm de pluie en une journée. Les étangs ont absorbé cette eau pour la plupart mais certains ont débordé. On a donc été obligés d'ouvrir les bondes des étangs ce qui est très embêtant à cette époque-là parce que tout le petit poisson risque de partir. C'est très paniquant parce qu'on a l'impression qu'on ne maîtrise rien du tout."

Toujours selon Françoise Aubrun, les températures assez basses de ces dernières semaines n'ont pas arrangé les choses : "Depuis trois semaines, on a des températures beaucoup trop basses alors que le poisson a besoin d'un peu de chaleur pour se nourrir. Le poisson a besoin d'une eau à 24/25/26 degrés pour bien s'alimenter. Quand les températures sont trop basses, ce n'est pas bon pour les poissons."

Un des étangs de Françoise Aubrun, piscicultrice dans l'Indre. © Radio France - Kathleen Comte

Désormais Françoise Aubrun croise les doigts. Elle espère du beau temps pour les mois d'août et de septembre : "S'il y a des bonnes températures, on devrait pouvoir rattraper. C'est très compliqué de faire de la pisciculture parce qu'on ne maîtrise pas les éléments et que c'est difficile. On a surtout eu peur de revivre les inondations de 2016 où le poisson était sorti des étangs et se retrouvait parfois sur les routes. Là, on a bien maîtrisé la situation mais il ne faudrait pas que ça recommence car ce serait catastrophique." Bonne nouvelle pour l'éleveuse de poissons, les intempéries de ces dernières semaines ne devraient pas avoir de conséquence économique pour son exploitation.

La pisciculture sans eau ce n'est pas possible mais avec trop d'eau c'est compliqué aussi - Françoise Aubrun, piscicultrice dans l'Indre

Autre problème de ces récentes intempéries, les étangs qui devaient rester secs et qui se retrouvent remplit d'eau : "Chaque année, il y a des étangs que l'on laisse à sec, qu'on ne remplit pas, pour qu'ils sèchent. Comme ça on peut les nettoyer, les curer et enlever la vase. Le problème c'est que là les étangs sont trop mouillés et on espère que ça va sécher." Et Françoise Aubrun de rajouter : "Curer les étangs, ça se fait tous les huit à 10 ans environ. Il s'agit de retirer un peu de vase pour le confort du poisson et la qualité de l'eau. Pour cet étang qu'on a voulu sécher et qui est maintenant remplit d'eau, il va falloir des jours pour le vider. Si on ne peut pas le curer, c'est une année de perdue."

Enfin, autre conséquence de ces intempéries, l'arrivée des écrevisses de Louisiane dans certaines piscicultures. Des écrevisses présentes depuis longtemps en Brenne. Problème, "il s'agit d'une espèce invasive", précise Françoise Aubrun, "une espèce qui se reproduit très vite et qui mange les œufs des poissons." Selon l'éleveuse de poissons_, "ces crues leur ont permis de s'échapper et d'aller dans d'autres étangs_." Françoise Aubrun craint donc d'en retrouver dans son exploitation à la saison prochaine, au moment de pêcher les étangs.

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