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Météo en Isère : "En hiver, il va falloir aller chercher la neige de plus en plus haut"

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Par , , France Bleu Isère

Après un mois de février très doux, la neige fond à grande vitesse dans les Alpes. Un phénomène accentué par les récentes tempêtes de sable du Sahara. Pour en discuter, Marie Dumont, directrice du centre d’études de la neige, était l'invitée de France Bleu Isère ce jeudi matin.

Entre les températures élevées du mois de février et les deux épisodes de dépôt de sable venu du Sahara sur les massifs alpins, la neige fond très rapidement cet hiver. Un phénomène qui va devenir de plus en plus régulier selon Marie Dumont, directrice du centre d’études de la neige. Elle était l'invitée de France Bleu Isère ce jeudi matin à 7h45. 

Vous êtes aux premières loges, via votre métier, pour constater les températures un peu étranges que nous avons connues en février. Est-ce un mois anormal ?

On a effectivement vécu un mois de février très chaud avec des températures qui ont été en moyenne à trois ou quatre degrés au-dessus des normales de saison.

Dans l’histoire récente des températures relevées au mois de février, est-ce notable ?

C’est assez notable mais c’est déjà arrivé il y a quelques temps.

Quelles conséquences ces températures ont-elles sur le manteau neigeux dans les Alpes ?

La conséquence principale est qu’on est parti début février sur un manteau neigeux globalement bon, voire très excédentaire dans certains endroits, et on se retrouve début mars avec un manteau neigeux quasiment absent et très déficitaire à basse et moyenne altitude et qui reste normal voire déficitaire à haute altitude. 

Pour citer quelques exemples marquants, notamment en moyenne altitude, la neige a très vite fondu en Chartreuse…

Sur le site symbolique du Col de Porte, mi-février, l'enneigement était d’un mètre, ce qui correspond à la moyenne des 60 dernières années mais on se retrouve au 1er mars avec un peu moins de 60 centimètres de neige, ce qui correspond aux 20% des années les moins enneigées à cette date. 

Cette fonte aussi rapide est quelque chose que vous n’observez pas tout le temps ? 

À cette période de l’année, non. Cela est principalement lié aux températures qui sont très élevées. 

Cet hiver se termine plus tôt que d’habitude, c’est d'ailleurs l’impression qu’on a depuis plusieurs années. Les remontées mécaniques sont à l’arrêt cette année donc les conséquences sont moindres mais ce phénomène peut perturber les activités de ski de fond ou de ski de randonnée. Est-ce que cela veut dire qu’on va devoir aller chercher la neige de plus en plus haut ?

Dans le futur, il va sans douter falloir aller chercher la neige de plus en plus haut mais on connaîtra aussi des hivers ou il y aura de la neige même à basse altitude, ce sera juste un peu moins fréquent.

Cette année, on a aussi remarqué ce phénomène de ciel jaune, provoqué par des dépôts de sable du Sahara sur les massifs alpins. Quelles sont les conséquences sur le plan scientifique ?

Il s’agit de mon sujet de recherches et j’y travaille depuis plusieurs années donc personnellement, c'est très intéressant. Sur le point de vue du manteau neigeux, dès que la poussière est déposée à la surface et en changeant la couleur, en passant du blanc au orange, la neige se met à absorber plus d’énergie solaire et fond plus vite.

Qu’est-ce qui vous a amenée à travailler sur ce sujet ? 

C’est un phénomène assez fréquent qui se produit 3 ou 4 fois chaque hiver mais l’intensité est très variable et, souvent, la quantité de poussière sur la neige est tellement faible qu'on ne la voit pas à l’œil nu, ce qui ne veut pas dire qu’elle n’a pas d’impact sur le manteau neigeux. 

Le réchauffement climatique est-il à l’origine de ce phénomène ? 

On ne peut pas attribuer un événement au réchauffement climatique, le dépôt de poussières sahariennes a toujours eu lieu sur les massifs alpins et en particulier sur les Pyrénées. Pour l’instant, on ne voit pas de tendance en terme de fréquence ou d’intensité. On étudie le phénomène depuis 1979 mais on continue à creuser et j’aurais peut-être, bientôt, une réponse plus précise à vous apporter. 

Quelles sont les conséquences en terme de pollution ? Ce sable charrierait des résidus atomiques des essais nucléaires datant des années 1970 par exemple…

Je n’ai pas beaucoup plus d’informations que vous à ce sujet mais des études vont être menées par des spécialistes. Des échantillons ont été prélevées dans les Alpes et les Pyrénées pour être analysés et permettre, notamment, de connaître leur contenu radioactif. 

Vous êtes au cœur d’une étude scientifique qui se passe sous vos yeux…

C’est assez exceptionnel dans une vie de chercheuse. 

Vous n’êtes pas Madame Irma mais pensez-vous que le froid et la neige vont revenir ou est-ce foutu pour cette année ? 

Je ne peux pas vous répondre. Lorsqu’on regarde la climatologie des 30 dernières années, tout peut arriver, surtout à haute altitude où rien n’est joué. 

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