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Tornade en Charente-Maritime : les sinistrés aux prises avec les assureurs

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Par , France Bleu La Rochelle

Dans les communes de Charente-Maritime traversées il y a tout juste une semaine par une tornade, les artisans s'activent pour réparer les dégâts. Mais certains sinistrés n'ont pas encore reçu la visite des experts des assurances. Ils regrettent le refus probable de l'état de catastrophe naturelle.

Marie-Claude, sinistrée du Château, entourée de ses proches. La toiture est encore bâchée, en attendant le passage de l'expert. De quoi inquiéter la retraitée alors qu'une tempête est annoncée.
Marie-Claude, sinistrée du Château, entourée de ses proches. La toiture est encore bâchée, en attendant le passage de l'expert. De quoi inquiéter la retraitée alors qu'une tempête est annoncée. © Radio France - julien fleury

C'était il y a tout juste une semaine. Une tornade traversait le sud de l'île d'Oléron, puis Port-des-Barques sur le continent, avant de s'éteindre dans les marais nord de Rochefort.  Heureusement, pas de victimes, mais des dégâts considérables, notamment au Château-d'Oléron, village traversé de part en part par la tornade. 

Une semaine plus tard, les artisans sont déjà à pied d'oeuvre, mais de nombreuses toitures restent bâchées. Et certains habitants attendent encore la visite des experts. Une prise en charge plus lente, car la préfecture explique ne pas pouvoir classer les communes touchées en état de catastrophe naturelle.

Sur le couloir de la tornade au Château-d'Oléron. Ce phénomène très localisé n'incite pas la préfecture à déclarer l'état de catastrophe naturelle.
Sur le couloir de la tornade au Château-d'Oléron. Ce phénomène très localisé n'incite pas la préfecture à déclarer l'état de catastrophe naturelle. © Radio France - julien fleury

"C'était infernal, je n'avais jamais vu une chose pareille"

Dix secondes, à peine plus : c'est le temps passé par la tornade sur la maison de Marie-Claude, au Château-d'Oléron. Dix secondes que cette retraitée n'est pas près d'oublier : "C'était comme un hélicoptère qui s'écrase dans le jardin... c'était infernal, je n'avais jamais vu une chose pareille !"

Phénomène soudain, violent, et très localisé : "Ce voisin-là n'a rien eu.  L'autre voisin, là, rien ! Mais ce n'est pas possible, elle nous en voulait cette saloperie, peste Marie-Claude. Moi je dis que c'est un monstre qui nous est passé dessus." De quoi traumatiser cette retraitée. "Je suis sous le choc, reconnaît Marie-Claude. Je prends des calmants, mais là je vais arrêter car je suis un zombie. Moi qui suis d'un naturel riant, je n'arrive plus à rire !"

Une semaine après le passage de la tornade, les artisans sont au travail dans l'île d'Oléron. Mais l'état de catastrophe naturelle n'est pas reconnu, ce qui complique l'indemnisation des sinistrés.
Une semaine après le passage de la tornade, les artisans sont au travail dans l'île d'Oléron. Mais l'état de catastrophe naturelle n'est pas reconnu, ce qui complique l'indemnisation des sinistrés. © Radio France - julien fleury

Une nouvelle tempête annoncée

Quant aux dégâts causés sur sa propriété, ils commencent à s'effacer. Très vite, voisins et amis sont venus débarrasser les débris de la tornade, et notamment les tuiles tombées à terre. Marie-Claude a pris la suite : "Les murs étaient pleins de terre. Les fenêtres étaient pleines de terre. Alors enfin, hier je me suis mise à nettoyer mes fenêtres."

Reste une grande bâche sur la toiture, en attendant le passage de l'expert prévu pour ce jeudi : "Ce que je voudrais c'est que tout soit réparé très vite. Parce que voilà-t-y pas qu'ils nous annoncent une tempête pour vendredi" s'inquiète la retraitée, native de l'île d'Oléron.

Travaux en cours à la crèche parentale du Château, dont la toiture a été soulevée par la tornade. Les enfants ne pourront pas regagner les lieux avant encore trois semaines.
Travaux en cours à la crèche parentale du Château, dont la toiture a été soulevée par la tornade. Les enfants ne pourront pas regagner les lieux avant encore trois semaines. © Radio France - julien fleury

"La franchise, elle saute"

Anne, la belle-fille de Marie-Claude, habite juste à côté. Sinistrée elle aussi, elle a vu passer l'assurance. Avec une bonne nouvelle à la clé : "L'expert m'a dit qu'il n'était pas là pour nous enfoncer, qu'il n'y a pas de petit sinistre... et donc l'assureur était là, et il a dit : la franchise, elle saute."

Pour les voitures de la famille, ça s'annonce plus compliqué. Car les services de la préfecture rechignent à déclarer l'état de catastrophe naturelle. En effet, une clause obligatoire, prévue dans les contrats d'assurances, est là pour indemniser les dégâts liés aux tempêtes, à la neige et à la grêle. Ce sont donc ces contrats qui s'appliquent, avec la franchise associée. 1.500 euros à débourser pour le fils d'Anne, Théo, s'il veut faire réparer ses deux voitures endommagées par des tuiles.

Sur les toits du Chateau-d'Oléron, les artisans sont à pied d'oeuvre. Mais l'absence de reconnaissance de catastrophe naturelle complique l'indemnisation des sinistrés.
Sur les toits du Chateau-d'Oléron, les artisans sont à pied d'oeuvre. Mais l'absence de reconnaissance de catastrophe naturelle complique l'indemnisation des sinistrés. © Radio France - julien fleury

Pas d'état de catastrophe naturelle

"Cela me fait mal au cœur, peste Théo. J'en suis à un stade où je me demande pourquoi je paie une assurance. Je paie 133 euros par mois pour les deux véhicules, et je me retrouve avec plus de 1.500 euros de franchise. Donc je me dis que je vais arrêter de souscrire à une assurance, ça ne sert à rien parce qu'au final, c'est moi qui dois payer les dégâts. En fait c'est plus d'un mois de travail qui part en cinq minutes !"

Bien sûr Théo sait que les assurances auto sont obligatoires, et que les assureurs doivent gagner leur vie. "Mais il faut comprendre que nous aussi, et ce n'est pas nous qui avons appelé la tornade, pour qu'elle passe sur nous !"

Les 16 enfants de la crèche parentale du Château ont été répartis dans deux autres crèches de l'île d'Oléron, ainsi que chez des assistantes maternelles.
Les 16 enfants de la crèche parentale du Château ont été répartis dans deux autres crèches de l'île d'Oléron, ainsi que chez des assistantes maternelles. © Radio France - julien fleury

"J'ai encore espoir"

Une difficulté que confirme Micheline Humbert, adjointe au maire du Château-d'Oléron. Et ce n'est pas faute d'avoir alerté les services de l'Etat, témoigne l'adjointe au maire du Château, Micheline Humbert : "Dès le lendemain matin de la tornade, j'ai appelé le sous-préfet de Rochefort. Et il m'a dit que c'était couvert par les assurances." Sauf que le délai de prise en charge n'est pas le même, beaucoup plus rapide avec une déclaration d'état de catastrophe naturelle.

"J'ai encore espoir" assure Micheline Humbert. Au Château-d'Oléron uniquement, une cinquantaine de maisons ont été endommagées, plus ou moins fortement, par la tornade. Certaines habitations sont inhabitables: six familles ont été relogées.

Quant à la crèche parentale, située sur le trajet de la tornade, et dont la toiture a été soulevée par le vent, elle reste fermée pour encore trois semaines. Les travaux ont débuté. Les 16 enfants ont été répartis dans d'autres crèches de l'île, ainsi que chez des assistantes maternelles.

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