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Politique

2017 en Limousin : l'année d'un changement politique radical

jeudi 4 janvier 2018 à 7:59 Par Jérôme Edant, France Bleu Limousin

L'année 2017 a été marquée par un renouvellement politique radical en Limousin. La tradition socialiste n'a pas résisté à la vague "En marche" et le PS a perdu ses 5 députés en Haute-Vienne et en Corrèze. Mais les nouveaux élus "marcheurs" ont dû faire l'apprentissage de la politique.

Comme ailleurs en France, les électeurs limousins ont fait place nette à l'Assemblée Nationale - photo d'illustration
Comme ailleurs en France, les électeurs limousins ont fait place nette à l'Assemblée Nationale - photo d'illustration © Maxppp - Julien Mattia

Limousin, France

En 2017, les électeurs haut-viennois et corréziens ont procédé au même renouvellement politique que dans la plupart des circonscriptions françaises. Premier perdant de ce revirement : le parti socialiste. Même dans les territoires où son implantation était historique et ininterrompue depuis plusieurs dizaines d'années, la vague "En Marche" a tout chamboulé.

Une déroute jamais vue dans les terres traditionnelles du PS

Pas de successeurs socialistes, par exemple, pour Alain Rodet ni Daniel Boisserie dans les 1ère et 2ème circonscriptions de la Haute-Vienne. L'ancien maire de Limoges, détrôné lors des municipales 2014 au profit de l'union de la droite et du centre, siégeait sans interruption sur les bancs de l'Assemblée Nationale depuis 1981. Après 36 ans de mandat, Alain Rodet avait annoncé sa retraite politique et ne s'était pas représenté, mais ce qui aurait pu (dû ?) être une simple promenade électorale pour son "dauphin", Laurent Lafaye, s'est transformé en déroute politique dans la 1ère circonscription de la Haute-Vienne, symbole de l'écroulement du PS.

Le scénario est exactement le même dans la 2ème circonscription de la Haute-Vienne, où la candidate socialiste Annick Morizio n'a pas atteint le second tour des législatives alors qu'elle était suppléante lors du dernier mandat du député sortant Daniel Boisserie, lui-même systématiquement élu au 1er tour à chaque élection depuis 1997. Quant à Catherine Beaubatie, députée sortante de la 3ème circonscription de la Haute-Vienne et candidate à sa propre succession, elle n'a pas non plus été qualifiée au second tour.

En Corrèze, dans  la 1ère circonscription, le maire de Tulle Bernard Combes, intime avec François Hollande, est certes arrivé en deuxième position lors du 1er tour mais avec moins de 18 % des suffrages et a finalement été battu au second tour dans les terres de l'ancien chef de l'Etat. Et dans la 2ème circonscription, le sort du député socialiste sortant Philippe Nauche a été scellé dès le 1er tour.

A lire aussi : notre dossier sur les élections législatives 2017 en Haute-Vienne et en Corrèze

Dans la foulée de la présidentielle, l'implantation politique locale ne joue plus

En Haute-Vienne, et dans une moindre mesure en Corrèze, l'implantation politique locale du PS et des élus socialistes sortants n'a donc pas freiné la vague En Marche. Pas étonnant pour Pascal Plas, politologue à l'Université de Limoges : "c'est désormais ancré avec la réforme constitutionnelle (du quinquennat NDLR), l'électeur a une certaine logique, une adéquation entre les deux élections (présidentielle et législatives NDLR) quelque soit l'implantation locale des candidats". La victoire d'Emmanuel Macron à l'élection présidentielle, et les scores qu'il a réalisés en Haute-Vienne et en Corrèze, ne laissaient donc pas grande chance au personnel politique traditionnel... L'analyste politique ajoute qu'il y a aussi eu "une envie de renouvellement, de rajeunissement [...] malgré l'estime qu'on peut avoir d'un candidat, un système politique où le critère novation / archaïsme devient déterminant".

Les nouveaux députés doivent faire leur apprentissage

En Haute-Vienne et en Corrèze, 4 candidats La République en Marche, quasiment inconnus des électeurs sont donc élus sur leur seule étiquette macroniste, avec des scores frôlant les 55 % et dépassant même 62 % dans la 3ème circonscription de la Haute-Vienne. L'effet est un peu moins flagrant en Corrèze, où Patricia Bordas, pourtant déjà connue sur la scène politique, échoue au second tour dans la 2ème circonscription au profit de Frédérique Meunier, candidate LR, seule députée limousine affichant une autre étiquette 

A lire aussi : Qui sont les nouveaux députés En Marche ? Sophie Baudouin-Hubière, Marie-Ange Magne, Jean-Baptiste Djebbari,  Christophe Jerretie

Dès leur entrée dans la campagne électorale, et dès les lendemains de leur élection, ces néo-politiciens doivent affronter les critiques,  inconnus, inexpérimentés, sans implantation, sans propositions pour le territoire, etc..., des critiques qui émanent parfois de leur propre camp. Mais ces griefs n'ont donc pas empêché les électeurs de faire un choix massif, malgré une abstention importante. Il faut dire que dans ce type d'élections et d'enjeux, selon le politologue Pascal Plas : _"_désormais peu importe l'identité du candidat car l'électeur raisonne de plus en plus à une l'échelle territoriale de la France même si des territoires ruraux comme les nôtres sont en souffrance". 

Les nouveaux députés ont dû découvrir de nombreux codes politiques et appréhender un monde inconnu pour eux. Et ils se sont vite retrouvés face à un paradoxe. Pour le politologue, les députés ont été "élus sur un programme national très centré sur la personnalité du président, mais ils sont maintenant à une charnière de la vie politique où il faut gérer l'application d'un programme et les souffrances d'un territoire, avec les bons vieux desiderata d'une population. Il devront aussi faire l'apprentissage de cet aspect de la vie politique".

Et ce type d'apprentissage peut certainement durer tout une mandature. Voire plus...