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40 ans après l'élection de François Mitterrand, témoignage d'un proche : Louis Mermaz

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Par , , France Bleu Isère

L'ex-compagnon de route de François Mitterrand, ancien ministre, président de l'Assemblée nationale, ancien député-maire de Vienne et président du Conseil départemental de l'Isère, revient 40 ans après sur l'élection du premier président de gauche de la Ve République. C'était le 10 mai 1981.

Louis Mermaz
Louis Mermaz © Maxppp - Christophe Morin/IP3

Louis Mermaz, ancien maire de Vienne pendant trente ans et compagnon de route de François Mitterrand est ce lundi matin, l'invité de France Bleu Isère, quarante ans jour pour jour après la première victoire de la gauche sous la Ve République, en 1981. Il est interrogé par Nicolas Crozel.

40 ans après l'élection de François Mitterrand, témoignage d'un proche : Louis Mermaz

Louis Mermaz, nous allons d'abord nous replonger un tout petit peu dans l'ambiance. Est ce que vous vous souvenez de ce 10 mai, de votre 10 mai 81 ?

Oui, j'arrive de Vienne et je suis à 18h30 chez maître Jacques Migaud et il me propose une coupe de champagne. Je lui dit "oh non, ça va nous porter malheur". C'est le père de Didier Migaud, député de l'Isère, maire de Seyssins, aujourd'hui président de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Je trouve François Mitterrand devant le Vieux Morvan et très rapidement, alors que les choses sont sur le point de se préciser -quelques secondes, quelques minutes avant que son visage apparaisse sur les chaînes de télévision- il me demande de monter dans la chambre qu'il occupe au Vieux Morvan et nous dit "Ecoutez, si je dois être élu comme il semble, il faut que vous me prépariez un texte". 

Préparer un texte à la place de Mitterrand ? C'est quelque chose d'impossible. Il revient bientôt et il dit d'un air un petit peu bougon "Ah je vois qu'il va falloir que je le fasse moi-même". Ben évidemment, bien sûr.  Après son élection, dans les jours qui ont suivis, à Château-Chinon où il possédait un étang - c'est ainsi qu'il payait une taxe foncière donc qu'il pouvait voter et être maire - eh bien les gens ont peint cet étang en rouge. Ils ont renversé des flacons de rouge, des seaux d'eau rouge, etc.  

Avec une certaine joie ou une certaine crainte ?

Non, c'était plutôt de l'hostilité. C'était plutôt des adversaires.

Donc vous Louis Mermaz, vous aviez voté à Vienne. Vous étiez allé sur place. Quand vous arrivez là-bas il vous dit "Mais qu'est ce que vous faites là ?". Finalement, il est quand même bien content de vous retrouver. Est-ce-que ce 10 mai, pour vous, c'est l'aboutissement de quelque chose - parce que ça faisait des années que vous cheminiez ensemble - et aussi le début d'une aventure exceptionnelle ? 

J'étais aux côtés de François Mitterrand, tenez vous bien, depuis mai 1955. Ça faisait déjà une très longue période et c'était vraiment l'aboutissement d'un long combat à travers le renouvellement de l'UDSR, l'Union démocratique et socialiste de la résistance qu'il présidait, à travers la Convention des institutions républicaines, à travers la Fédération de la gauche démocrate et socialiste au lendemain de la première élection présidentielle de 65, etc. Les campagnes de 74, puis finalement sa victoire en 1981, donc un très long cheminement.

C'est d'ailleurs lui qui vous avait envoyé à Vienne pour diffuser les idées du Parti socialiste dans les années 70. Il y a 40 ans, ce 10 mai, la France était coupée en deux. Le clivage gauche-droite était vraiment extrêmement marqué. Il existe depuis toujours ce clivage, mais depuis cinq ans, Emmanuel Macron a voulu le gommer. Quel regard portez vous sur la France de Macron et la France d'aujourd'hui ?

Je pense qu'il existe toujours une gauche et une droite, même si aujourd'hui elle est moins sensible. Il faut dire qu'en plus la pandémie aggrave les choses. Les gens ont d'autres préoccupations. Mais je ne pense pas qu'on puisse confondre la gauche et la droite. C'est une réalité historique qui n'est pas propre à la France d'ailleurs. Il y aura toujours un parti de progrès partout et un parti conservateur. Sans parler, maintenant dans beaucoup de pays, de la montée du populisme et de l'extrême droite, qui tient au fait qu'il y a une crise non seulement économique mais sociale, et une crise... morale en quelque sorte.

En même temps la gauche est dans un mauvais état aujourd'hui. Elle est divisée. Qui est le futur Mitterrand ? Est ce qu'il y a un Mitterrand parmi les Mélenchon, Hidalgo, Jadot ? Piolle peut-être ?

Ecoutez, on ne se rend pas compte encore. Moi, je pense que si elle pouvait avoir le soutien des écologistes, mais ce n'est pas sûr, Anne Hidalgo, la maire de Paris, pourrait être une très bonne figure. Je pense qu'il faut un accord avec les écologistes au plan national. D'ailleurs, c'est ce que Jadot, député européen, a lui même proposé puisqu'il y a eu une première rencontre avec lui, des partis de gauche. Mais enfin beaucoup, beaucoup de problèmes restent à régler. Je crois que la remontée de la gauche risque malheureusement de prendre du temps mais je suis sûr que tôt ou tard, ce que représente, ce qu'a représenté le Parti socialiste va à nouveau émerger.

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