Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Politique

800 réfugiés mineurs isolés sont arrivés en Gironde depuis le début de l'année

lundi 20 novembre 2017 à 21:46 Par Seina Baalouche et Thomas Coignac, France Bleu Gironde

Ce lundi, une centaine de personnes se sont rassemblés sur la place Pey Berland à Bordeaux pour défendre leurs droits. En théorie, les mineurs réfugiés doivent être hébergés et scolarisés par les collectivités et l'Etat mais leur âge est régulièrement remis en question.

Une centaine de personnes se sont rassemblées autour d'une tente ce lundi.
Une centaine de personnes se sont rassemblées autour d'une tente ce lundi. © Radio France - Thomas Coignac

Bordeaux, France

Depuis le 1er janvier, 800 réfugiés se déclarant mineurs et isolés sont arrivés en Gironde. La plupart sont venus d'Afrique par la Méditerrannée. Ce lundi sur la place Pey Berland à Bordeaux, une centaine de personnes se sont rassemblées pour défendre leurs droits. En théorie les mineurs réfugiés doivent être hébergés et scolarisés par les collectivités locales ou l'Etat mais en fait, leur âge est régulièrement remis en question. A leur arrivée, ils passent par un centre d'évaluation, le SAEMNA (Service d'Accueil et d'Evaluation des Mineurs Non-Accompagnés) qui doit statuer sur leur minorité.

"L'Etat français est hors la loi sur un certain nombre de questions concernant les mineurs isolés étranger"

Les centres d'évaluation SAEMNA, parfois complet, ne sont pas toujours ouverts. Un mineur arrivant le vendredi soir trouvera par exemple porte close jusqu’au lundi. Et parfois il devra attendre plus longtemps encore. Pour Françoise Astruc, la présidente de l'Atsi Bordeaux, l'Association Solidarité avec tous les immigrés, "l'Etat français est hors la loi sur un certain nombre de questions concernant les mineurs isolés étranger":

Lorsqu'ils arrivent à Bordeaux ils sont complètement laissés à l'abandon dans l'attente d'une place qui pourrait se libérer dans le service d'évaluation qui est complet. Des jeunes restent donc à la rue. C'est une situation très préoccupante. - François Astruc

Emmanuelle Ajon, adjointe au conseil départemental chargée de la protection de l'enfance, explique que si les centres sont complets, c'est à cause des "faux mineurs"." Sur les 800 à 900 jeunes qui se disent mineurs en Gironde cette année entre 10 à 15% seulement sont déclarés mineurs" explique-t-elle :

Il manque des places parce qu’aujourd’hui c'est un lieu qui accueille tous les jeunes se déclarant mineurs. Par contre il manque des places pour accueillir tous les jeunes migrants. C'est une réelle problématique qui aujourd'hui repose sur le département. On espère que bientôt l'Etat va prendre sa part dans l'accueil de la jeunesse migrante.

"Un toit, un lycée, des papiers", l'un des slogans des manifestants. - Radio France
"Un toit, un lycée, des papiers", l'un des slogans des manifestants. © Radio France - Thomas Coignac

Des possibles mineurs isolés à la rue car jugés "trop matures"

Idrissou est un jeune camerounais qui dit avoir 15 ans, mais n'a aucun papier pour prouver son âge. Après un entretien il a été déclaré majeur par ce service, car ils l'ont jugé "trop mature". Il aurait été à la rue s'il n'avait pas poussé la porte d'une association qui l'a envoyé vers Camille, 28 ans, et son compagnon. En attendant le résultat du recours déposé auprès du juge des enfants, elle héberge maintenant Idrissou, en alternance avec deux autres familles. Au fil des mois elle a développé des "liens forts" avec Idrissou :

On lui a demandé récemment s'il regrettait d'être parti. Malgré la difficulté du parcours, de l'intégration et de l'arrivée en France, il nous as dit qu'il ne regrettait rien et que malgré tout sa vie est meilleure ici que dans son pays d'origine.