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Politique

A Saint-Jean-d'Angély, l'union sacrée pour sauver la ligne ferroviaire Niort-Saintes

samedi 16 mars 2019 à 21:01 - Mis à jour le dimanche 17 mars 2019 à 9:15 Par Julien Fleury, France Bleu La Rochelle et France Bleu Poitou

Des élus de tous bords politiques, des syndicalistes de la SNCF, des gilets jaunes. 400 personnes se sont retrouvées samedi devant la gare de Saint-Jean-d'Angély pour réclamer des travaux sur cette ligne mal entretenue.

Cheminots CGT, gilets jaunes, élus de tous bords politiques : 400 personnes se sont retrouvrées à Saint-Jean-d''Angély pour sauver la ligne Niort-Saintes
Cheminots CGT, gilets jaunes, élus de tous bords politiques : 400 personnes se sont retrouvrées à Saint-Jean-d''Angély pour sauver la ligne Niort-Saintes © Radio France - Julien Fleury

Saint-Jean-d'Angély, France

Des élus de tous bords politiques, représentant les communes traversées par la ligne Niort-Saintes. Des syndicalistes de la CGT. Et des gilets jaunes venus de toutes la Charente-Maritime. Belle image d'unité samedi matin devant la gare de Saint-Jean-d'Angély. Le signe que l'heure est grave, puisqu'il s'agit de sauver cette ligne ferroviaire mal entretenue par la SNCF, ce qui menace son avenir. 400 personnes ont fait le déplacement pour cela.

C'est l'un des points noirs de cette ligne Niort-Saintes : à Beauvoir-sur-Niort, les trains ne passent plus qu'à 40 km/h, faute d'avoir réalisé les travaux promis. Son maire est donc venu manifester à Saint-Jean-d'Angély. Jean Boulais dénonce "la méthode franquiste du garot qui consiste à passer une corde autour de la gorge, puis de serrer lentement pour asphyxier cette ligne".

Des élus des Deux-Sèvres ont fait le déplacement à Saint-Jean-d'Angély. Avec la Charente-Maritime, ils espèrent décrocher des travaux d'ampleur sur cette ligne Niort-Saintes - Radio France
Des élus des Deux-Sèvres ont fait le déplacement à Saint-Jean-d'Angély. Avec la Charente-Maritime, ils espèrent décrocher des travaux d'ampleur sur cette ligne Niort-Saintes © Radio France - Julien Fleury

Les scolaires préfèrent la voiture

Jean Boulais se désole de voir les passagers fuir peu à peu le train : "Nous avions 35 à 40 enfants en gare de Beauvoir, qui allaient tous les jours au lycée à Niort par le train. Il n'en reste plus que 10 ou 12, les autres sont passés à la voiture." En cause, un temps de parcours rallongé, et des retards fréquents, liés à un défaut d'entretien de la ligne.

Le train qui périclite, de quoi inquiéter les gilets jaunes, nombreux dans la foule avec des manifestants venus de toute la Charente-Maritime. "La mobilité, c'est ce qui m'a fait enfiler ce gilet jaune, rappelle l'Angérienne Stéphanie Guiberteau. Quand le président de la République nous dit qu'il va falloir se déplacer autrement, il n'a pas tort. Mais ça veut dire qu'il faut garder nos gares, développer nos lignes de train. Ici, à Saint-Jean, je suis obligée de prendre ma voiture, mais avec le carburant qui augmente je n'y arrive plus !"

Selon la CGT, des travaux d'urgence peu coûteux permettraient déjà de gagner presque une demi-heure de trajet entre Saintes et Niort. - Radio France
Selon la CGT, des travaux d'urgence peu coûteux permettraient déjà de gagner presque une demi-heure de trajet entre Saintes et Niort. © Radio France - Julien Fleury

1 million d'euros pour rouler à 100 km/h

Pour la CGT cheminots, il ne faudrait pourtant pas grand'chose pour améliorer la situation. "D'abord, il faudrait supprimer la zone à 40 km/h à Beauvoir-sur-Niort, déroule le cheminot retraité Jean-Yves Couturier, grand spécialiste du sujet à la CGT. Cela devait être fait début mars et c'est reporté. Nous demandons que ce soit fait avant la fin de l'année 2019. Et puis il y a la section entre Saint-Jean et Saintes, où la vitesse est limitée à 60. Là aussi il suffirait de reprendre quelques zones où l'on a constaté des remontées de glaise sur les voies."

Pour la CGT, ces travaux d'urgence ne dépasseraient pas 1 million d'euros, et pourraient intervenir rapidement, pour permettre à la ligne de retrouver sa vitesse nominale de 100 km/h. "On serait à un trajet de 55 minutes entre Saintes et Niort, calcule Jean-Yves Couturier de la CGT. Ce qui permettrait d'attraper des correspondances TGV très intéressantes à Niort." Et ce serait déjà très utile pour reconquérir les passagers qui aujourd'hui mettent pratiquement une demi-heure de plus pour faire ce trajet.

Utiliser l'argent de l'électrification pour des travaux sur les voies

Du côté des élus de Niort et de Saint-Jean-d'Angély, on milite pour un projet plus ambitieux : reconstruire entièrement cette ligne Saintes-Niort, pour augmenter la vitesse des trains. Mais où trouver l'argent nécessaire ? La maire de Saint-Jean-d'Angély, Françoise Mesnard a sa petite idée : il suffit de réaffecter les investissements prévus au départ pour l'électrification. L'élue socialiste se félicite que le président du Conseil départemental, Dominique Bussereau, soit sur la même ligne.

Seuls cinq aller-retour quotidiens programmés actuellement entre Saintes et Niort. Le rétablissement d'une vitesse normale permettrait d'en récupérer un sixième. - Radio France
Seuls cinq aller-retour quotidiens programmés actuellement entre Saintes et Niort. Le rétablissement d'une vitesse normale permettrait d'en récupérer un sixième. © Radio France - Julien Fleury

"L'électrification n'est plus trop à l'ordre du jour, concède Françoise Mesnard. Il vaut mieux reprendre les choses dans le bon sens, et penser aux rails avant de penser à l'électrification. Et comme on a cette chance d'avoir 62 millions d'investissements prévus dans le contrat de plan Etat-Région, on demande à ce que cette somme soit réaffectée à ces travaux."

Le feu vert de la ministre des transports

Le contrat de plan Etat-Région doit justement être renégocié prochainement. Dans des courriers aux élus locaux, la ministre des transports Elisabeth Borne vient de se déclarer favorable à ce transfert sur les travaux des sommes prévues sur l'électrification vers des travaux sur les voies. Et cela concerne aussi d'autres lignes en attente de travaux : Saintes-Bordeaux et Saintes-Angoulême.

L'idée ne déplait pas à la CGT, mais "notre crainte, c'est que Niort-Saintes passe en dernière position" prévient Jean-Yves Couturier. En effet, la ligne Nantes-Bordeaux via La Rochelle et Saintes pourrait être confiée au secteur privé en 2022. Ce qui pourrait accélérer les travaux nécessaires sur cette ligne. Quant à Saintes-Angoulême, le projet serait d'y faire rouler des trains propulsés par l'hydrogène, ce qui pourrait là encore rendre ce projet prioritaire. Pour Niort-Saintes, c'est un autre projet qui pourrait emporter la mise : celui d'y faire passer du frêt ferroviaire.