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À Saint-Ouen, l'avenir de la patinoire fait débat

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Paris
Saint-Ouen

La patinoire de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), fermée depuis octobre dernier, à cause d'infiltrations pourrait ne jamais rouvrir vu le prix des travaux de rénovation. La mairie lance une consultation pour demander l'avis des habitants sur l'avenir de cet équipement.

La patinoire construite par Paul Chemetov en 1979 à Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis
La patinoire construite par Paul Chemetov en 1979 à Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis © Radio France - Hajera Mohammad

Pétition en ligne, rassemblement prévu devant la mairie ou groupe facebook spécialement créé : à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, la mobilisation contre la fermeture de la patinoire prend de l'ampleur. Pourtant, officiellement, rien n'est tranché.

Une consultation lancée auprès des habitants

Cette patinoire, construite par l'architecte Paul Chemetov en 1979, juste à côté de la mairie, est fermée depuis le mois d'octobre, suite à des infiltrations. Mais ce n'est pas le seul problème apparemment. D'après un audit commandé par la ville et rendu public, les défaillances sont nombreuses au niveau de la ventilation, de l'étanchéité de la fosse à glace ou encore des verrières. Le résultat d'un manque d'entretien durant plusieurs années. Les travaux d'urgence pour sécuriser les lieux coûteraient 250.000 euros à la ville. Si on parle d'une réhabilitation complète, la facture s'élèverait à 7 millions d'euros. Dans tous les cas, la patinoire ne rouvrirait pas avant deux voire trois ans.

Autant d'explications fournies par le maire en personne dans une vidéo publiée sur la page Facebook de la ville, il y a quelques jours. Karim Bouamrane s'adresse directement aux habitants de Saint-Ouen pour leur proposer de donner leur avis. "Aujourd'hui, il s'agit de protéger les Audoniennes et les Audoniens car il y a un véritable problème de sécurité... Dans notre programme, il n'y avait pas écrit qu'il y aurait une rénovation de 7 millions d'euros, par conséquent nous allons lancer une consultation auprès de la population", explique l'élu socialiste. 

L'inquiétude des habitués de la patinoire

Une manière de faire et des arguments qui ne passent pas chez certains défenseurs de la patinoire. "Évidemment, s'il dit simplement que ça coûte cher et que c'est dangereux, les gens vont forcément dire qu'il faut la raser", déplore Éric, joueur et bénévole au club de hockey sur glace. Comme beaucoup, l'idée d'une fermeture définitive l'inquiète et il s'interroge sur les chiffres avancés par la mairie. "La seule urgence c'est de refaire le toit du Franprix situé au rez-de-chaussée et qui subit les infiltrations, ça ne coûte pas 250.000 euros et pourquoi le Franprix ne paierait pas une partie ?", "On se demande, si la mairie n'a pas un projet en tête déjà...", ajoute-t-il. 

Raser la patinoire pour faire place à un nouveau projet immobilier ? C'est une idée qui commence à circuler parmi les opposants à la fermeture. Un message publié il y a quelques jours sur le groupe facebook "Non à la fermeture de la patinoire de Saint-Ouen", interpelle le maire : "La patinoire est-elle déjà vendue ? Les accords avec le futur acheteur sont-ils déjà signés ? Les Audoniens ont droit à la vérité", peut-on lire. Dans ce message, dont le signataire reste anonyme, le maire est accusé de faire de la "propagande" et de mener une "communication trompeuse" sur ce dossier.

"Aucun projet immobilier en discussion"

Un post qui a provoqué la colère du maire. Contacté par France Bleu Paris, Karim Bouamrane rejette en bloc ces accusations, aucun projet immobilier n'est sur la table, dit-il. "Ce sont des propos diffamatoires, mensongers, voire complotistes". Quant aux "experts en tout", le maire assure que sa porte leur est grande ouverte et qu'ils n'ont qu'à lui ramener une contre-expertise. Sur la consultation lancée auprès des habitants, il assume : "Si j'avais pris une décision sans consulter la population, ils auraient dit 'regardez, il prend des décisions de façon autocratique, sans nous consulter'... excusez moi d'être démocratique !"

Mais de son côté, Éric déplore également le manque de créneaux débloqués pour les clubs, malgré les promesses de la ville. Celle-ci a débloqué 10.000 euros pour réserver des horaires dans d'autres patinoires de la région. "Au final, depuis octobre, on a seulement pu jouer quatre heures à la patinoire de Garges-lès-Gonesse", déplore le hockeyeur. La patinoire manque aussi beaucoup à son fils, qui joue également au club de Saint-Ouen.

Les clubs reçus par le maire

Les clubs de sport de glace ont été reçus en mairie, mardi dernier. Dans un communiqué commun publié, ce jeudi soir, la ville et ces clubs affirment que des réunions de travail seront régulièrement organisées entre eux pour étudier "les différents axes de travail pour l'avenir de cet équipement". Pour Agnès Oliviero, présidente du club de patinage artistique et de ballet, la priorité est de garder à tout prix une patinoire dans la ville. Quitte à ce qu'elle se fasse ailleurs. "C'est la survie des clubs qui en jeu", rappelle-t-elle. Il faut dire que les patinoires sont peu nombreuses en Île-de-France et en Seine-Saint-Denis, il n'y en a que deux, celle de Saint-Ouen et l'autre à Neuilly-sur-Marne. 

Rassemblement prévu ce samedi

Quant au financement, "on sait qu'on peut aller chercher du côté de la Fédération des sports de glace ou celle du hockey, on peut voir aussi avec l'Agence nationale du sport, la région et pourquoi pas un mécène ?" La présidente du club propose également que la ville de Paris s'engage financièrement puisque beaucoup de Parisiens profitent aussi de cette patinoire. "Toutes les options sont ouvertes", assure de son côté, Karim Bouamrane.

En attendant d'en savoir un peu plus sur l'avenir de la patinoire, ses défenseurs ont prévu de se rassembler devant l'édifice, ce samedi 30 janvier à 14 heures. Une pétition en ligne pour demander son maintien a également été lancée.

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