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Politique

A Saintes, les gilets jaunes espèrent une rentrée chaude

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Par , France Bleu La Rochelle

On ne les voit plus beaucoup sur les ronds-points, mais à Saintes les gilets jaunes ont toujours un lieu de rendez-vous, un campement installé sur un pré en bordure de rocade. C'est là qu'ils préparent la rentrée, qu'ils espèrent revendicative.

A Saintes, les gilets jaunes ne se retrouvent plus sur les ronds-points, mais dans leur cabane installée en bord de rocade. C'est là que se prépare une rentrée que les gilets jaunes espèrent chaude.
A Saintes, les gilets jaunes ne se retrouvent plus sur les ronds-points, mais dans leur cabane installée en bord de rocade. C'est là que se prépare une rentrée que les gilets jaunes espèrent chaude. © Radio France - julien fleury

Saintes, France

Pour le 40e weekend de mobilisation des gilets jaunes, seuls quelques centaines de manifestants ont défilé samedi à travers la France, de Paris à Toulouse, en passant par La Rochelle où un rassemblement s'est tenu au rond-point de la piscine. Mais la colère est toujours là, préviennent les gilets jaunes, qui promettent un retour de la mobilisation en septembre, notamment contre la réforme des retraites. Pas d'action ce weekend à Saintes, mais dans cette ville les gilets jaunes conservent la flamme en bordure de rocade, dans un pré où ils ont installé leur quartier général.

Une cuisine dans une remorque de camion rouge, une salle de réunion sous une serre horticole, et un auvent pour se détendre. C'est là qu'est attablé Yannick, ancien chauffeur routier international : "On appelle ça Zavatta, parce que c'est le nom inscrit sur notre remorque. Donc le lieu de rendez-vous des gilets jaunes saintais, c'est là." Un rendez-vous qui continue de fonctionner cet été, essentiellement le week-end. "Il n'y a pas de raison que ça s'arrête, puisque jusqu'ici nous n'avons rien obtenu du tout" assène Yannick.

"On n'a rien obtenu du tout"

Car les 17 milliards débloqués par Emmanuel Macron, c'est de la poudre aux yeux pour les gilets jaunes saintais. Bernard est négociant en bois de chauffage: "On a des gens qui logent actuellement dans notre gîte à Saint-Bris-des-Bois, qui habitent à côté du Luxembourg. Dans ce pays, l'essence est à 1,08 euro du litre, le Smic vient d'être augmenté de 100 euros il y a deux mois, d'un seul coup. Et nous en France, c'est quelques broutilles."

Une cuisine dans une remorque, une salle de réunion sous une serre horticole, et un auvent sous lequel est attablé Yannick : "Pas de raison que ça s'arrête, nous n'avons rien obtenu." - Radio France
Une cuisine dans une remorque, une salle de réunion sous une serre horticole, et un auvent sous lequel est attablé Yannick : "Pas de raison que ça s'arrête, nous n'avons rien obtenu." © Radio France - julien fleury

Bernard en guerre contre les taxes qui étouffent son activité, et contre la CSG qui va grignoter sa future retraite. L'entrepreneur n'est pas prêt à raccrocher son gilet jaune, lui qui fait partie des plus investis (il a fourni le terrain pour le camp). De son côté, Yvan, prénom inscrit sur son gilet jaune qu'il porte toujours fièrement, reconnaît une certaine torpeur estivale: "Les gens sont en vacances, mais bon, je pense qu'en septembre ça va bouger. Parce qu'il y a une réelle colère" promet le retraité. "Et ce n'est pas spécialement la colère d'Yvan, c'est la colère de plein de gens qui sont pressurés, qui n'y arrivent plus."

Maintenir la pression sur le gouvernement

Des personnes dans la galère, Yannick l'ancien routier dit en avoir rencontré beaucoup sur son rond-point ou dans les manifestations : "Une personne retraitée m'a dit un jour qu'elle ne faisait plus qu'un repas par jour, parce qu'elle n'avait pas les moyens d'en faire deux." Des rencontres qui lui donnent envie de poursuivre le mouvement : "Je me bas pour moi un petit peu, mais surtout pour ces gens-là qui ont besoin de nous. C'est tellement injuste aujourd'hui qu'il faut que quelqu'un bouge."

Zavatta : le nom inscrit sur la remorque a donné son nom au camp des gilets jaunes saintais, où ils se retrouvent une ou deux fois par semaine. - Radio France
Zavatta : le nom inscrit sur la remorque a donné son nom au camp des gilets jaunes saintais, où ils se retrouvent une ou deux fois par semaine. © Radio France - julien fleury

Bouger pour maintenir la pression sur le gouvernement. Yannick lui ne réclame plus le départ d'Emmanuel Macron. "Cela ne changerait pas grand'chose", dit celui qui a totalement perdu confiance dans les politiques. Cet été, le combat des gilets jaunes saintais consiste à faire signer des pétitions en soutien à l'hôpital et aux pompiers. En attendant un grand rendez-vous fin septembre sur les retraites.

Et puis il y a cette association humanitaire montée par une partie des gilets jaunes de Saintes : "La parole citoyenne saintaise", destinée à aider dans l'urgence les personnes en difficulté. L'association sera présente au village des associations de Saintes, les 7 et 8 septembre.

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