Politique

Abattoirs : les députés votent en faveur de l'installation de caméras de surveillance

Par Marina Cabiten, France Bleu vendredi 13 janvier 2017 à 11:06

Les députés ont voté en faveur de l'installation de caméras de surveillance dans les abattoirs dès l'année prochaine - illustration
Les députés ont voté en faveur de l'installation de caméras de surveillance dans les abattoirs dès l'année prochaine - illustration © Maxppp - Guy DROLLET La Voix du Nord

L'Assemblée nationale a voté jeudi soir l'obligation d'installer des caméras de surveillance dans les abattoirs à partir de 2018, mesure souhaitée par les radicaux de gauche et les associations de protection animale suite à la diffusion d'images violentes.

"Des caméras dans tous les lieux d'acheminement, d'hébergement, d'immobilisation, d'étourdissement, d'abattage et de mise à mort des animaux", et dès le 1er janvier 2018 : c'est ce que prévoit la proposition de loi adoptée jeudi soir à l'Assemblée nationale. Un texte rédigé suite à plusieurs vidéos diffusées début 2016 par l'association de protection animale L214, montrant des bêtes en souffrance, mal étourdies ou accrochées vivantes.

Une mesure encore loin d'être appliquée

Ces images avaient déjà déclenché une commission d'enquête et un plan du gouvernement "en faveur du bien-être animal", certains abattoirs avaient été sanctionnés. La proposition de loi votée jeudi est portée par Olivier Falorni et son groupe des radicaux de gauche.

Même si l'échéance du 1er janvier 2018 semble toute proche, la route est longue avant une éventuelle application. D'abord, il n'est pas dit que le texte soit définitivement adopté avant la fin de la législature, dans six semaines. Et même si c'était le cas, le texte prévoit une phase d'expérimentation avant la généralisation des caméras.

Des caméras, mesure efficace ou gadget ?

"Il n'y a pas obligation des caméras en 2018 puisque ça doit faire suite à une expérimentation. Il y a encore des conditions avant que ce soit fait", a regretté jeudi sur Franceinfo Brigitte Gothière, une des porte-parole de L214. Par ailleurs, Brigitte Gothière, déplore "que ce contrôle vidéo soit uniquement destiné aux services vétérinaires et reste en interne à l’abattoir". Ce n’est pas un gage d’efficacité semble penser la porte-parole de L214 qui précise "que grâce aux audits qui ont été réalisés au mois d’avril , on a vu que 80% des chaînes d’abattage présentaient des non-conformités, alors qu’on était déjà sous la surveillance des services vétérinaires. S’il y a contrôle vidéo", poursuit-elle, "nous souhaiterions qu’il soit accessible à tous".

On a l’impression que cette mesure est destinée à rassurer le consommateur, à soutenir la consommation de viande et donc les filières, et elle ne viendra concrètement en aide aux animaux que sur des cas marginaux, mais pas dans le cas général" - Brigitte Gothière

Les directions des abattoirs ne pourront en effet pas avoir accès aux images enregistrées, à la différence des responsables de protection animale désignés dans les établissements ainsi que des services de l'Etat de contrôle vétérinaire. Le syndicat des abatteurs et découpeurs industriels, Culture viande (70 adhérents, 35.000 salariés), avait objecté en vain que "la protection animale à l'abattoir n'est pas une affaire de caméras", mais "avant tout une question d'hommes, de formation et de bon sens".