Société

Accueil des réfugiés : "la solidarité doit se jouer au quotidien, y compris au niveau des communes rurales"

Par Nathalie Col, France Bleu Limousin vendredi 23 septembre 2016 à 10:10

Stéphane Cambou, maire de Peyrat-le-Château
Stéphane Cambou, maire de Peyrat-le-Château © Maxppp - Jean-Luc Simon

Alors que la Nouvelle-Aquitaine se prépare à accueillir 900 migrants après le démantèlement de la jungle de Calais, Stéphane Cambou, maire de Peyrat-le-Château, fait le point sur son expérience. Cette commune de 900 habitants abrite le plus grand centre d'accueil de réfugiés de notre Grande Région

Depuis novembre 2015, plus d'une centaine de réfugiés sont passés par le centre d'accueil installé dans un village vacance de Peyrat-le-Château. Depuis, certains sont partis en CADA (centres d'accueil de demandeurs d'asile), d'autres attendent encore des documents administratifs. Et "globalement ça se passe bien, alors arrêtons les rumeurs et arrêtons de stigmatiser" plaide le maire, Stéphane Cambou.

"On rentabilise cette opération"

Mieux, grâce au petit pécule octroyé par l'Etat, les migrants consomment un peu dans les commerces locaux et "dans une commune rurale comme la notre, c'est un plus" ajoute l'édile.  Leur accueil a aussi généré des emplois puisque trois jeunes ont été recrutés pour l'encadrement et il y a aussi des emplois induits selon le maire qui rappelle aussi que l'Etat a tenu ses engagements en louant les hébergement et en prenant en charge les frais de nourriture et de couverture sanitaire et sociale. Une véritable aubaine pour la petite commune pour qui, jusque là, l'entretien d'un centre de vacances vide une bonne partie de l'année représentait une charge supplémentaire.

Chaque collectivité doit faire des efforts

Peyrat-le-Château va continuer à accueillir des migrants sur ce site, mais la capacité actuelle de 50 places ne pourra pas être augmentée, compte tenu de la taille de commune explique Stéphane Cambou. En revanche, le maire estime qu'il doit y avoir de la place ailleurs et que "la solidarité doit se jouer au quotidien, y compris au niveau des communes rurales." Il suggère aussi des pistes à deux collectivités. "Le Conseil Régional, en tant qu'autorité organisatrice des transports, elle pourrait peut-être travailler sur des possibilités de transports pour les réfugiés" pour leur permettre par exemple de prendre le TER entre Peyrat-le-Château et Limoges. Et les départements pourraient élargir leur dispsositifs d'accompagnement scolaire "en intégrant la problématique des réfugiés."