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Politique

Affaire Benalla : "c'est la dérive d'un homme", estime le député de Vendée Philippe Latombe

mardi 24 juillet 2018 à 10:34 Par Antoine Denéchère, France Bleu Loire Océan

Philippe Latombe est membre de la commission d'enquête qui a commencé lundi ses travaux dans l'affaire Alexandre Benalla. Après ces premières auditions, le député Modem de Vendée estime que "c'est la dérive d'un homme qui a réussi à s'octroyer les faveurs d'un certain nombre de policiers".

Le député de Vendée Philippe Latombe (en décembre 2017)
Le député de Vendée Philippe Latombe (en décembre 2017) © Maxppp -

La Roche-sur-Yon, France

Philippe Latombe est député de la première circonscription de Vendée. Élu avec l'étiquette Modem en juin 2017, il est membre de la commission des lois de l'Assemblée nationale qui a commencé à mener des auditions dans le cadre de la commission d'enquête sur l'affaire Benalla, du nom de ce conseiller de l'Elysée filmé en train de frapper un manifestant à terre le 1er mai à Paris. Philippe Latombe a donc participé à l'audition du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb et à celle du préfet de police de Paris Michel Delpuech. Il explique à France Bleu Loire Océan ce qu'il en retient. INTERVIEW

C'est la dérive d'un homme", estime Philippe Latombe

"Mon intime conviction est qu'il s'agit de copinages malsains, comme l'a dit le préfet de police qui est un fonctionnaire de très grande valeur. C'est la dérive d'un homme qui a réussi à s'octroyer les faveurs d'un certain nombre de fonctionnaires de police et qui en a profité. L'enquête aura à déterminer comment et dans quelle mesure, mais je pense qu'on est dans cet ordre-là, c'est ce que je retiens des deux premières auditions."

Je pense qu'il y a des informations sur Benalla qui ne sont pas allées jusqu'au Président"

Pour vous c'est une affaire individuelle et le Président de la République n'est pas en cause ? "On est sur un homme qui a entraîné autour de lui un certain nombre de personnes, la question est de savoir comment il a pu le faire et jusqu'où le niveau d'information est allé. En l'état actuel des choses, je pense qu'il y a des informations qui ne sont pas allées jusqu'au Président de la République. Il y a un blocage qui s'est fait à un moment parce que cet homme, Benalla, a réussi à convaincre un certain nombre de personnes qu'il fallait lui confier des responsabilités. (...) On est malheureusement dans la dérive d'un homme qui doit avoir un certain charisme parce qu'il a réussi à entraîner d'autres personnes avec lui."

Pourquoi les victimes de Benalla le 1er mai n'ont-elles pas porté plainte immédiatement ?"

C'est un homme qui n'est pas arrivé là par hasard : Alexandre Benalla faisait déjà partie de la sécurité de la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron, il y a forcément des gens qui l'ont fait venir, non ? "Il faisait partie, avant, du service d'ordre du PS, il a été chauffeur d'Arnaud Montebourg, il appartenait donc à "un groupe" dans ce domaine de la protection et de l'organisation de la sécurité. Donc quand on fait preuve de compétences à un certain moment, on est mis dans le système, peut-être à un niveau où il n'aurait pas dû aller, on verra bien ce qu'en dira l'enquête. Mais attention, on a dit [ndlr. dans la presse] que Benalla avait été récemment proposé au grade de sous-préfet : rien ne permet de le dire aujourd'hui. Tout n'est pas tout à fait clair, il y a des parts d'ombres qu'il va falloir éclairer, notamment pourquoi cette vidéo n'a pas été transmise à la justice par la personne qu'il l'a prise, pourquoi les victimes [les deux jeunes pris à partie par Benalla, place de la Contrescarpe à Paris le 1er mai] n'ont pas immédiatement porté plainte ?"

On aura la vérité sur cette affaire, c'est une certitude"

Globalement, que pensez-vous de cette affaire ? Une affaire d'Etat ou un faits divers instrumentalisé par les oppositions comme le disent certains députés de la majorité ? "Je suis très circonspect sur l'ampleur de l'affaire, je n'ai aucune idée. Je ne sais pas jusqu’où vont les responsabilités, il faudra le déterminer mais il est sûr que cette affaire est utilisée comme élément de blocage du processus parlementaire : on a vécu un week-end surréaliste avec un rappel au règlement toutes les trois minutes de la part de l'opposition, pour bloquer la réforme constitutionnelle. Pourtant, on a réuni très vite la commission d’enquête, on ne pouvait pas aller plus vite ! Donc le travail n'est pas fini, on veut la vérité sur l'affaire et on l'aura, c'est une certitude."