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Politique

Affaire Benalla - "Watergate", "affaire d'État", "crise majeure" : l’exécutif dans la tourmente

samedi 21 juillet 2018 à 16:54 - Mis à jour le dimanche 22 juillet 2018 à 10:20 Par Géraldine Houdayer, France Bleu Paris et France Bleu

Les révélations liées à Alexandre Benalla, ce chargé de mission de l'Elysée filmé en train de violenter des manifestants le 1er mai, empoisonnent l’exécutif, critiqué par tous les groupes d’opposition, de droite et de gauche. Jean-Luc Mélenchon dénonce, samedi, un scandale "du niveau du Watergate".

Alexandre Benalla, le 16 juillet 2018.
Alexandre Benalla, le 16 juillet 2018. © AFP - Thomas SAMSON

L'affaire Benalla peut-elle faire vaciller le pouvoir ? Les révélations concernant Alexandre Benalla, ce chargé de mission de l'Élysée filmé en train de frapper des manifestants le 1er-mai se multiplient, alors que la garde à vue de ce proche d'Emmanuel Macron a été levée samedi soir, dans l'attente de l'ouverture d'une information judiciaire.  Tous les groupes d'opposition, droite et gauche confondus, jugent très sévèrement l’exécutif, qui avait été informé des violences dès le 2 mai et n'avait pas saisi la justice, préférant une mise à pied de quinze jours à l'époque. Depuis la révélation des images par le Monde, l'Elysée a engagé une procédure de licenciement et saisi la justice.

Trois enquêtes sont en cours, et Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur, sera auditionné lundi matin  à l’Assemblée nationale. L'indignation ne s'est jamais aussi vivement exprimée dans la classe politique depuis l'élection de mai 2017, jusqu'à paralyser les débats à l'Assemblée sur la réforme constitutionnelle.

Un scandale "du niveau du Watergate" pour Mélenchon

Ce samedi, Jean-Luc Mélenchon estime dans Le Monde que l'affaire Benalla est "du niveau du Watergate" et qu'Emmanuel Macron doit "assumer" ses responsabilités. "Le ministre de l'Intérieur est déjà disqualifié. Il a menti et beaucoup ! Plus aucun policier ne peut croire en sa parole. Bien sûr qu'il va démissionner et il ne sera pas le seul", pronostique le leader de La France insoumise. Il accuse aussi Emmanuel Macron de "s'organise(r) une milice personnelle".

"Une crise politique est ouverte. L'Assemblée est paralysée. La hiérarchie de la police aussi", poursuit Mélenchon. Vendredi, les députés de la France insoumise ont proposé une motion de censure du gouvernement.

La fin de la "République exemplaire" pour Laurent Wauquiez 

Le chef de file des Républicains, Laurent Wauquiez, a pour sa part estimé que cette affaire scellait la fin de la République exemplaire voulue par le Président Macron. Il dénonce "de sombres coulisses derrière le décor de théâtre de la Macronie".

Eric Ciotti s'interroge sur une "police parallèle"

"Est-ce qu'il y a une police parallèle dans ce pays, organisée par La République en marche?", a demandé Eric Ciotti, député Les Républicains, à l'Assemblée nationale vendredi. Eric Ciotti veut savoir pourquoi la justice n'a pas été saisie plus tôt des agissements commis par Alexandre Benalla.

Marine Le Pen dénonce "une affaire d'État" 

"Si Macron ne s'explique pas, l'affaire Benalla deviendra l'affaire Macron", a prévenu la présidente du Rassemblement national (ex-FN) Marine Le Pen, dans un tweet. Elle dénonce, dans une vidéo, une "affaire d'État". Pour la présidente du Rassemblement national, cette affaire met également "en lumière la tentation de polices parallèles agissant en dehors de tout cadre légal".

Marine Le Pen et Christophe Castaner s'écharpent dans les couloirs de l'Assemblée 

Le ton est monté, samedi, dans les couloirs de l'Assemblée nationale, entre Marine Le Pen et Christophe Castaner, dans une scène inédite devant la presse et quelques députés sidérés. La première a reproché au second son absence dans l'hémicycle, déplorant que ses "amis de LREM refusent" de le convoquer devant la commission d'enquête parlementaire. "Si je suis convoqué par la commission d'enquête, je viendrai. Et j'apprécierais que vous en fassiez autant si un juge vous convoque", a rétorqué le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement et délégué général de LREM.

Une "affaire d'État" également pour le Parti socialiste

Le Parti socialiste est tout aussi sévère. "J’attends que le président de la République s’exprime. Il ne peut pas faire la leçon à la terre entière et ne pas dire comment il gouverne dans sa maison", a réagi le premier secrétaire du PS Olivier Faure jeudi sur franceinfo. "Je trouve cette affaire dramatique. Nous parlons de l’idée même que nous nous faisons de la justice dans ce pays. On apprend par la bouche du porte-parole de l’Elysée qu’il y a une justice pour le commun et puis une justice pour les collaborateurs du chef de l’État ", s'est indigné le chef de file des socialistes.

Benoît Hamon demande la démission de Gérard Collomb 

Benoît Hamon, du mouvement Générations a demandé vendredi la démission de Gérard Collomb. L'ancien candidat du Parti socialiste à la Présidentielle estime que le ministre de l'Intérieur a dissimulé délibérément des informations, et s'est montré indigne de sa fonction.

Une "crise majeure" pour Jean-Christophe Lagarde 

Jean-Christophe Lagarde, député de Seine-Saint-Denis et président du groupe UDI, Agir et Indépendants à l'Assemblée, a estimé ce samedi sur franceinfo que "C'est le droit des Français d'avoir toute la lumière, toute la vérité, et d'entendre ce que chacun des responsables que nous allons auditionner a à dire". Il fait référence à l'audition de Gérard Collomb prévue lundi matin à l'Assemblée nationale, qui sera publique. "Il y a manifestement une crise majeure au sein du pouvoir exécutif, et quand il y a crise, ce sont les institutions qui doivent permettre d'en sortir. Chaque Français a le droit de pouvoir manifester sans risquer d'être atteint par les violences de quelqu'un qui fait semblant d'être policier et qui s'abrite au sein du pouvoir", a-t-il taclé. 

Emmanuel Macron reste silencieux 

Au cœur de la tourmente, le chef de l'Etat est resté jusqu'ici silencieux. Il doit travailler ce week-end à la Lanterne près de Versailles "comme d'habitude", selon l'Elysée.

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