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Politique

Affaire Fillon : les parlementaires de Haute-Garonne qui emploient un proche fatigués de cette "chasse aux sorcières"

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Par , , France Bleu Occitanie

Depuis le début de cette affaire Fillon, les questions se succèdent autour de celles et ceux qui travaillent pour leur père, mère, mari, femme député(e) ou sénateur(trice). Deux députées toulousaines et leurs collaborateurs, époux et fille, ont accepté de nous répondre.

Assemblée nationale
Assemblée nationale © Radio France - maxppp

Toulouse, France

C'est parfaitement légal et les parlementaires ne s'en privent pas : l'Assemblée nationale a rémunéré 52 épouses, 28 fils et 32 filles de députés en 2014 selon Mediapart. Et on estime, en comptant les sénateurs, que 10 à 15% des 900 parlementaires ont un collaborateur issu de leur famille. Ce n'est d'ailleurs un secret ou un scoop pour personne, il suffit, pour connaître l'identité des collaborateurs, de consulter le site de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.

Les parlementaires déclarent le nom de leurs collaborateurs. Ici l'exemple du député PS du Volvestre, Patrick Lemasle. - Aucun(e)
Les parlementaires déclarent le nom de leurs collaborateurs. Ici l'exemple du député PS du Volvestre, Patrick Lemasle. - Capture écran HAPTVP

En Haute-Garonne, deux députées emploient ainsi ouvertement un membre de leur famille et ont accepté d'être interrogées... encore une fois. Monique Iborra, députée macroniste de la 6ème circonscription travaille, entre autres, avec sa fille. Et Martine Martinel, députée PS de la 4ème circonscription emploie son mari.

REPORTAGE EN UN CLIC (1'11'') - Ces collaborateurs "fille de" ou "mari de" qui en ont marre d'être montrés du doigt, Bénédicte Dupont

Le mari de Martine Martinel, chauffeur pour... 420 euros par mois

La députée socialiste Martine Martinel a trois collaborateurs à Toulouse, un à Paris. Et parce qu'elle n'a pas le permis, son mari Michel lui sert de chauffeur depuis qu'il est à la retraite, quarante heures par mois pour 420 euros. C'est écrit dans sa déclaration à la Haute Autorité. Depuis quinze jours, comme d'autres, elle est sollicitée par des médias nationaux pour expliquer pourquoi son époux travaille pour elle combien il gagne, combien d'heures, et pour quelles raisons. Un forme "d’obscénité", mais elle accepte de se justifier, une dernière fois. Ça n'est pas le plus désagréable, le plus pénible dit-elle c'est que la classe politique soit salie par cette affaire.

On est pourchassé, c'est dérangeant, on a l'impression d'être coupable alors qu'on applique la loi. — Martine Martinel

Martine Martinel : "C'est injuste que la classe politique soit salie dans son intégralité, y compris, les plus nombreux, les vertueux"

Son mari Michel, ancien directeur de cabinet à Balma et au Conseil Général de Haute-Garonne, ne décolère pas : "Je fais un vrai travail que personne ne voudrait faire. Qui voudrait travailler 40 heures par mois, n'importe quand, les soirs, les week-ends, à l'improviste et gagner 400 euros ? ".

Je culpabilise parce que les gens estiment que tout le monde est dans le même sac. Emploi fictif ou réel. 7.000 euros ou 400 euros. C'est délétère et dévastateur pour tout le milieu politique. On en oublie le débat, les idées, le fond. — Michel Martinel, époux et "chauffeur" à Toulouse de la députée Martine Martinel

La députée PS Martine Martinel emploie son maire Michel comme chauffeur 40 heures par mois, car elle ne peut pas conduire. - Radio France
La députée PS Martine Martinel emploie son maire Michel comme chauffeur 40 heures par mois, car elle ne peut pas conduire. © Radio France - Bénédicte Dupont

La fille de Monique Iborra, un mi-temps de communication pour 1.500 euros

La députée pro-Macron Monique Iborra dispose quant à elle de quatre personnes dans son équipe proche : une attachée à temps plein à Toulouse accompagnée d'une secrétaire, une attachée à mi-temps (partagée avec un député du Tarn) à Paris et sa fille Sophie, à mi-temps à Toulouse. "J'ai la plus grosse circonscription du département, 138.000 habitants, quatre personnes ou l'équivalent de trois temps-plein, ce n'est pas de trop", se justifie l'ancienne socialiste.

Monique Iborra "S'il faut interdire un proche d'êrte collaborateur politique, cela va être compliqué"

On n'arrêtera pas des dysfonctionnements même si on légifère sur cette question. Il y a aussi des conjoint(e)s de parlementaires qui travaillent pour d'autres parlementaires — Monique Iborra

Monique Iborra (EnMarche, ex-PS) dans sa permanence à Tournefeuille. - Radio France
Monique Iborra (EnMarche, ex-PS) dans sa permanence à Tournefeuille. © Radio France - Stéphanie Mora

Sophie Iborra travaille pour sa mère trois jours par semaine. Professionnelle de la communication après avoir dirigé sa propre agence, elle s'occupe depuis cinq ans des réseaux sociaux et des outils graphiques de communication pour la députée. Pour ce mi-temps, elle est payée 1.500 euros par mois. L'autre mi-temps, elle la consacre à ses activités privées.

Je ne me cache pas, je porte le même nom que ma mère. Et à partir du moment où vous faîtes votre boulot, la question ne se pose même plus. Mais il faut toujours que les parlementaires soient montrés du doigt, c'est pénible. — Sophie Iborra, fille de Monique Iborra et collaboratrice communication.

D'autres parlementaires haut-garonnais font travailler un proche, nous dit-on, mais ils ne portent pas le même nom. Ou, alors, ils ont "oublié" de réactualiser leur déclaration, en laissant le nom de leur ancien collaborateur.

► ECOUTER ci-dessous le reportage auprès des militants LR de Haute-Garonne

Qui, sinon Fillon ? Reportage auprès des milItants les Républicains 31, Bénédicte Dupont

ECOUTER AUSSI l'émission "Secrets d'Info" sur France Inter ce samedi 4 février à 13h20 consacrée aux attachés parlementaires

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