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Politique

Affaire Zocchetto : "On sort d'une très longue période d'omerta sur ces questions dans l'univers politique"

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Par , France Bleu Mayenne

Christian Le Bart, professeur à Sciences Pô Rennes, spécialiste de la communication politique et de la sociologie politique, analyse la communication du maire de Laval, François Zocchetto, accusé de violences sexistes et sexuelles.

Image d'illustration
Image d'illustration © Maxppp - MAXPPP

Laval, France

La République en Marche, les Républicains et l'UDI vont-il réussir à se mettre d'accord ? Les trois partis n'ont plus de tête de liste pour les élections municipales à Laval. François Zocchetto renonce à se représenter. Le maire de Laval est empêtré dans une affaire de violences sexistes et sexuelles. Une femme de 33 ans l'accuse de gestes déplacés, lors d'un déplacement à Rome en compagnie de l'ancien secrétaire d'Etat Jean-Vincent Placé, le soir des attentats de Nice le 14 juillet 2016. Jean-Vincent Placé l'aurait forcée à danser un slow avec François Zocchetto. 

L'affaire a été dévoilée il y a plus d'un an, en juillet 2018. À l'époque le maire de Laval semblait minimiser les faits, "j'ai pris congé de Jean-Vincent Placé. Je n'ai jamais rien demandé, je n'ai jamais rien sollicité", avait-il assuré. 

Mais après la diffusion sur France Bleu Mayenne du témoignage de la jeune femme il y a trois semaines, François Zocchetto a reconnu "volontiers n’avoir pas osé résister à l’injonction du ministre que j’accompagnais. J’ai eu tort sur ce point et ne vois pas d'excuses dans le fait qu’elle non plus n’a pas osé dire non à son ministre, malgré leur évidente proximité. Je la prie de m’excuser pour ce que j’analyse, après coup, comme un manque de retenue de ma part. Je démens en revanche tout comportement répréhensible à son égard, tout en comprenant qu’elle ait pu mal interpréter cette situation qui nous a été imposée à tous les deux" écrivait François Zocchetto dans un communiqué.

Christian Le Bart est Mayennais et professeur depuis quinze à Sciences Pô Rennes, spécialiste de la communication politique et de la sociologie politique. Il rappelle qu'il faut respecter la présomption d’innocence, mais il livre malgré tout son analyse de la communication du maire de Laval.

Christian Le Bart, professeur à Sciences Pô Rennes, spécialiste de la communication politique.

"Dans le contexte actuel, tout ce qui serait un geste déplacé, un contre-sens, une espèce de zone grise, ce sont des choses qui ne s'entendent plus. On sort d'une très longue période d'omerta sur ces questions, dans l'univers politique, dans l'univers du cinéma, des univers où le pouvoir appartient aux hommes, où les femmes tentent de se faire une place mais sont encore actuellement en position dominées, et souvent plus jeunes. Des univers aussi qui fabriquent des sentiments d'impunité parce que des hommes qui sont en position très élevée, peuvent avoir le sentiment que tout leur est possible. S'agissant de l'univers politique, il y a évidemment une sensibilité toute particulière, liée au devoir d'exemplarité des élus de la République. Cette tolérance zéro va être appliquée de façon particulièrement implacable dans cet univers là", explique le professeur.

Christian Le Bart, professeur à Sciences Pô Rennes, spécialiste de la communication politique.

Le maire de Laval parle d'une campagne de calomnies orchestrée par ses adversaires politiques, pour Christian Le Bart, la communication de François Zocchetto est catastrophique.

"C'est renvoyer à l'univers politique, aux coups qui sont échangés, qui peuvent être effectivement des mauvais coups, mais il n'empêche que l'on est là sur un autre terrain, qui est celui de l'agression sexuelle. Le recours a une analyse strictement politique, on veut me nuire, apparaît en décalage par rapport à la nature des faits reprochés. Et le système de défense qui consiste à dire, je ne suis pas entièrement responsable parce que j'étais avec un ministre auquel je n'ai pas osé dire non, apparaît quand même assez surprenant pour ne pas dire complètement incroyable. L'autorité d'un ministre sur un sénateur, quand bien même elle le serait, c'est quelque chose qui n'a rien à voir avec la nature des faits reprochés, donc on tombe un peu des nues" ajoute Christian Le Bart.

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