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Politique

Agression d'un manifestant par un collaborateur de l'Elysée : ce que l'on sait de l'affaire Benalla

jeudi 19 juillet 2018 à 20:31 - Mis à jour le jeudi 19 juillet 2018 à 9:31 Par Marine Laugénie et Viviane Le Guen, France Bleu Paris et France Bleu

Le journal Le Monde a dévoilé mercredi une vidéo sur laquelle on peut voir un collaborateur d'Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, frapper un manifestant le 1er-Mai à Paris. francebleu.fr fait le point sur ce qu'on sait de cette affaire.

Alexandre Benalla, devant le président Emmanuel Macron, le 1er mars 2017 à Paris.
Alexandre Benalla, devant le président Emmanuel Macron, le 1er mars 2017 à Paris. © AFP - Lionel BONAVENTURE

Le gouvernement est sous le feu des critiques depuis la diffusion mercredi soir, par Le Monde, d'une vidéo sur laquelle on distingue un collaborateur d'Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, frapper à plusieurs reprises un homme à terre lors de la manifestation du 1er-Mai à Paris. Une enquête préliminaire, notamment pour "violences par personne chargée d'une mission de service public" et "usurpation de fonctions" a été ouverte. L'IGPN, la police des polices, a été saisie. francebleu.fr fait le point sur ce qu'on sait de cette affaire.

  - Visactu
© Visactu

Que s'est-il passé le 1er-Mai?

Le 1er-Mai, une centaine de personnes s’étaient rassemblées pour manifester place de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement de Paris, en marge des rassemblements traditionnels.

Dans une vidéo mise en ligne par Le Monde mercredi soir et filmée par un manifestant, on voit un homme identifié comme Alexandre Benalla, adjoint au chef de cabinet du président de la République, s'en prendre à un jeune homme à terre. Sur ces images, relayées sur les réseaux sociaux, Alexandre Benalla est coiffé d'un casque à visière des forces de l'ordre et entouré de CRS.

Selon la préfecture de police de Paris contactée par France Bleu Paris, ce dernier avait bien été autorisé à assister aux opérations de maintien de l'ordre pour le 1er-Mai et comme c'est l'usage dans ces cas-là, il avait le droit de porter un casque. En revanche, il devait se cantonner à un rôle d'observateur. Des informations confirmées parle porte-parole de l'Elysée, Bruno Roger-Petit, qui a précisé ce jeudi qu'en participant "physiquement" aux opérations de police, "il a largement outrepassé cette autorisation", et a été "immédiatement convoqué" par sa hiérarchie.

Un autre "collaborateur" de l’Elysée apparaît également sur la vidéo. Il s'agit de Vincent Crase. Gendarme réserviste et employé de La République en marche, cet officier est basé dans l’Eure où il possède une société officiellement spécialisée dans le conseil en affaires qui s'est occupée de la sécurisation de certains meetings de campagne d'Emmanuel Macron en 2017.

Qui est Alexandre Benalla ?

Formé au service d'ordre du PS, réserviste de la gendarmerie, Alexandre Benalla a été renvoyé par l'ex-ministre Arnaud Montebourg pour "faute professionnelle" avant de devenir le responsable de la sécurité d'Emmanuel Macron durant sa campagne présidentielle. D'après Le Monde, il a par la suite été recruté à l’Elysée en tant que chargé de mission, adjoint au chef de cabinet du président, François-Xavier Lauch.

L'ancien responsable national du service d'ordre du PS, Eric Plumer, a affirmé jeudi avoir "formé" M. Benalla à compter de 2010 et n'avoir "rien à lui reprocher". "Je ne peux en dire que du bien, c'est un super professionnel" a-t-il affirmé à France Bleu Loire Océan. Alexandre Benalla a notamment été affecté à la sécurité de Martine Aubry lors des primaires du PS en 2011. L'ancienne Première secrétaire du PS (2008-2012) "n'a pas de souvenir particulier" de lui, mais évoque un homme "très jeune, plutôt discret", selon son entourage. Alexandre Benalla a aussi été membre du service d'ordre de François Hollande durant la campagne de 2012.

Quelles sanctions ont été prises ?

Selon le porte-parole de l'Elysée, Alexandre Benalla a été suspendu 15 jours, du 4 au 19 mai, par le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron "avec suspension de salaire" puis muté à des fonctions administratives à l'Elysée. Il s'agit de "la sanction la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission travaillant à l'Elysée" a fait valoir Bruno Roger-Petit. 

Vincent Crase a quant à lui écopé d'une "mise à pied de quinze jours avec suspension de salaire", et "il a été mis également fin à toute collaboration entre lui et la présidence de la République".

Jeudi, le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire pour "violences par personne chargée d'une mission de service public", ce qui serait passible de trois ans de prison et 45.000 euros d'amende, voire plus s'il y a eu incapacité de travail. Les chefs d'"usurpation de fonctions" et "usurpation de signes réservés à l'autorité publique" (article 433-14 du Code pénal), pour lesquels l'enquête est également ouverte, sont passibles respectivement de 3 ans et 1 an de prison, et 45.000 et 15.000 euros d'amende.

"Nous serons déterminés à faire en sorte que cette enquête préliminaire puisse permettre de faire toute la lumière" a assuré le Premier ministre Edouard Philippe jeudi après-midi. De son côté, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a annoncé avoir saisi l’IGPN pour préciser les "règles d'encadrement des obervateurs" lors des questions au gouvernement au Sénat ce jeudi. 

Indignation dans la classe politique et plainte d'un syndicat de police

Ces images ont déclenché l'indignation à gauche comme à droite. En déplacement en Dordogne, Emmanuel Macron a refusé de répondre aux questions. Interpellé par un journaliste lui demandant si la République était "entachée" par cette affaire, il a laconiquement répondu : "Non, non, la République elle est inaltérable !"

A l'Assemblée nationale, Nicole Belloubet, ministre de la Justice, a dénoncé des "gestes absolument inadaptés". "Personne n'est protégé dans ce pays, quel que soit son statut" a pour sa part commenté Christophe Castaner, délégué général de LREM. 

Ces réactions n'ont pas suffi à apaiser l'opposition, s'étonnant du maintien de M. Benalla à l'Elysée -il se trouvait encore lundi dans le bus menant les Bleus à l'Elysée- et du fait que la justice n'ait pas été saisie plus tôt. Les députés Insoumis, communistes et socialistes, mais aussi de LR, ont tousdemandé la création d'une commission d'enquête sur les incidents du 1er-Mai, d'abord refusée par LREM.

Après une série d'incidents de séance, la présidence de l'Assemblée a fini par annoncer que la commission des lois de l'Assemblée demanderait les "prérogatives d'une commission d'enquête". La commission des lois du Sénat entendra pour sa part le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb en début de semaine.

Dans l’opposition, le président des Républicains (LR) Laurent Wauquiez a sommé jeudi Emmanuel Macron de "s'exprimer" et "faire la lumière" sur cette affaire. A gauche, le député de la France Insoumise (LFI), Alexis Corbière, a dénoncé un "délit pénal qui mérite de la prison, au moins avec sursis et des sanctions très importantes". Dans la soirée, Jean-Luc Mélenchon a proposé une "motion de censure" contre le gouvernement.

Le syndicat de police Vigi a déposé une plainte contre Alexandre Benalla pour "usurpation de fonction" et "usurpation de signes réservés à l'autorité publique", et contre X pour complicité de ces faits, évoquant des membres du cabinet du président de la République.