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Alain Carignon au sujet de Grenoble : "c'est une ville qui n’est plus gérée, qui n'est plus gouvernée"

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Par , , France Bleu Isère

Alain Carignon, conseiller municipal de Grenoble et conseiller métropolitain était l'invité de France Bleu Isère ce lundi matin avant la tenue du conseil municipal dans l'après-midi. Il répondait aux question de Nicolas Crozel.

Alain Carignon dans les locaux de France Bleu Isère, Grenoble, 6 septembre 2019.
Alain Carignon dans les locaux de France Bleu Isère, Grenoble, 6 septembre 2019. © Radio France - Benjamin Bourgine

Vous allez croiser le fer ce lundi après-midi lors du Conseil municipal notamment sur le dossier de cette décharge située à l'angle de la rue Esmonin et Léon-Blum (friche Allibert). Qu'est ce que vous demandez au maire ? Si j'ai bien compris, ce n'est pas à la mairie qu'appartient les lieux...

Le terrain est un terrain municipal. Nous demandons au maire, plutôt que d'inaugurer la «Biennale des villes» en transition qui n’est qu'une opération de communication, de traiter les questions écologiques de Grenoble : le développement de décharges à ciel ouvert, comme c'est le cas chez Allibert, mais c'est aussi le cas dans le quartier Flaubert et qui est une catastrophe écologique pour le sol, pour les sous-sols. Et la municipalité, depuis des mois, n'a mené aucune action. Éric Piolle est entièrement tourné vers la communication et pas du tout vers les actes.

Ce que nous dit la municipalité, c'est que cette friche est utilisée par les services de la propreté urbaine pour vider les balayeuses et faire du tri, mais que les accès ont été vandalisés et que, du coup, des artisans viennent s'en servir comme d’une déchetterie sauvage. Et que tout cela ce sera réglé avec un nouveau portail fin avril. 

Depuis des mois, il y a une décharge à ciel ouvert dans la ville. Il y en a même deux. Ceci est interdit. C'est illégal et la municipalité laisse faire. Le maire est responsable : il n'est pas seulement responsable des discours qu'il tient à la télévision, il est aussi responsable du déroulement et des faits grenoblois. Ce fait là est grave. Si, au lieu d'aller passer deux jours en Bretagne pour expliquer aux pêcheurs bretons comment ils doivent pêcher - je ne doute pas de la compétence de Éric Piolle sur ce sujet-, il passait deux jours dans les quartiers de la ville pour regarder ce qui se passe du point de vue écologique, du point de vue de la sécurité, du point de vue de la propreté, je pense que Grenoble irait mieux.

Votre axe d'attaque permanent, c'est « Monsieur le maire, vous avez des ambitions nationales, recentrez-vous sur votre ville…

C'est le premier maire de l'histoire de Grenoble dont la ville n'est pas la priorité. 

Vous avez été maire... et ministre ! 

Ce n'est pas la même chose d'avoir des fonctions qui font des synergies, qui permettent de servir Grenoble que d'aspirer à des fonctions qui ont pour objectif de se servir de Grenoble pour sa promotion. Le problème de Grenoble, c'est que plutôt que la solution, Éric Piolle en devient le problème. Toute cette accumulation. Regardez les squats municipaux, ça ressemble à ce que nous venons de dire en matière écologique. Il y a des locaux municipaux occupés par des squats qui menacent des riverains, qui les menacent de mort, en particulier une femme [ selon le site "Grenoble le changement", proche d'Alain Carignon - ndlr].

Dans la période où on vient de fêter l'anniversaire des droits de la femme, le 8 mars dernier. Ici à Grenoble des femmes sont menacées de mort parce qu'elles ont déposé plainte pour les nuisances qu'elles subissent. C'est cela la véritable situation de la Ville. C'est une situation d’insécurité. On va parler du budget cet après midi et, évidemment, c’est une situation également très difficile financièrement. Et, pendant ce temps, on a un maire qui court les plateaux de télévision et de radio. Comment voulez vous que les Grenoblois ne soient pas exaspérés ?

Vous lui dites quoi ? Démissionnez ? Mettez-vous en retrait ? Appuyez-vous sur vos adjoints ? Il a été élu il n'y a pas si longtemps, il a la légitimité démocratique. 

Ça pose un problème d'éthique. D'abord parce qu'il n'avait pas annoncé aux Grenoblois qu'il les quitterait le lendemain de son élection. Ça pose un problème de conflit d'intérêts en matière d’emploi du temps, de déplacement, etc. Ça éloigne encore le citoyen de la vie publique parce qu’il avait toujours dit que c'était la priorité au local et donc, c'est faux. Dans le débat de la campagne municipale, je lui demandais de répondre : il refusait et donc il voulait cacher cette réalité, qu'il allait se concentrer sur autre chose que Grenoble le lendemain de son élection, ça pose donc un problème de fond. Et aujourd'hui, comme je l'avais dit dès son élection d'ailleurs, le jour de l'élection d'Éric Piolle, j'avais dit à la majorité : « choisissez un autre candidat ».

Si le maire décide de s'occuper d'autre chose que Grenoble, choisissez un autre candidat de la majorité. Ce problème là va se poser et se pose à mon avis à partir d'aujourd'hui, parce que quand on a un maire absent à peu près quinze jours dans le mois a minima de la ville, c'est une ville qui n’est plus gérée, qui n'est plus gouvernée, où les dysfonctionnements s’accumulent, où les sociétés d'économie font des choses contradictoires. Par exemple, nous votons ce soir un plan air climat qui indique qu'on ne doit plus construire en bordure des axes pollués. Or, une SEM va construire 18.000 mètres carrés en bordure de l’A480. 

Vous dites au maire de s'occuper de Grenoble. Est ce que vous allez vous occuper d'autres choses ? Il y a des élections en juin, départementales et régionales. Ça vous intéresse ou pas ? 

Moi, ma priorité, c'est Grenoble. 

C’est tout ?

C’est tout. C'est déjà pas mal.

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