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International

Algérie : nouvelle manifestation contre Bouteflika

lundi 25 février 2019 à 10:46 Par Kevin Boderau, France Bleu

Plusieurs centaines de personnes se sont mobilisées à Alger ce dimanche après-midi pour s'opposer à un 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika. Les rassemblements se multiplient dans le pays et à l'étranger.

Des centaines d'Algériens sont de nouveau descendus dans la rue pour s'opposer à un 5e mandat du président Bouteflika
Des centaines d'Algériens sont de nouveau descendus dans la rue pour s'opposer à un 5e mandat du président Bouteflika © AFP - RYAD KRAMDI

Paris, France

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté dimanche, malgré un important dispositif policier, dans le centre d'Alger pour s'opposer à un 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika. Ils répondaient à l'appel du collectif d'opposition Mouwatana

Pour ce dimanche, la mobilisation a été bien plus faible que lors des manifestations massives de vendredi, qui ont surpris par leur ampleur et ont marqué les esprits. Des dizaines de milliers de personnes, répondant à des appels lancés par des anonymes sur les réseaux sociaux, étaient alors descendues dans la rue, notamment dans la capitale, où les manifestations sont pourtant strictement interdites et où la police, débordée par le nombre, n'avait pu les en empêcher.

Des opposants interpellés

Dimanche midi, le petit groupe de protestataires d'une cinquantaine de personnes n'a cessé de gonfler jusqu'à atteindre plusieurs centaines, et cela malgré les jets de gaz lacrymogènes de la police pour les disperser et des arrestations. Soufiane Djilali, coordinateur de Mouwatana, a affirmé que "quinze cadres" de ce mouvement citoyen ainsi que des "dizaines d'autres personnes avaient été interpellés". Ce chiffre n'a pu être vérifié.

"Vendredi, c'était une mobilisation populaire. Mouwatana, c'est un peu plus élitiste" - Nacer Djabi, sociologue algérien

Soufiane Djilali, qui est aussi chef du parti d'opposition Jil Jadid, a lui confié ne pas s'attendre "à une grande foule". "Mais le but est de maintenir la pression contre ce pouvoir", a expliqué ce responsable, qui s'est déjà opposé à un 4e mandat de Abdelaziz Bouteflika en 2014.

Des journalistes de la radio publique algérienne dénonce un silence imposé

Des journalistes de la radio nationale algérienne ont dénoncé dimanche, dans une lettre à leur directeur, le silence imposé par leur hiérarchie sur les récentes manifestations en Algérie, dénonçant le "traitement exceptionnel" réservé selon eux au camp du président Abdelaziz Bouteflika.
Les antennes et chaînes de la radio et télévision publiques algériennes ont totalement passé sous silence les manifestations ayant rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes à travers le pays contre la candidature du président Bouteflika à un 5e mandat.
Les auteurs de la lettre, qui n'ont pas signé mais qui affirment appartenir aux différentes antennes de la radio publique, dénoncent le "non-respect de la neutralité dans le traitement de l'information au sein" des rédactions de la radio.

"La radio algérienne appartient à tous les Algériens (...) Notre devoir est de tous les informer" - lettre ouverte de journalistes de la radio publique

Des centaines de personnes rassemblées aussi à Paris 

En France, des centaines de personnes ont également manifesté à Paris, arborant des drapeaux algériens et brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Pouvoir assassin" ou "Système, dégage".

Une photo géante du président Bouteflika, barrée d'un "non au 5e mandat", avait été accrochée au pied de la statue célébrant la République.
"On a besoin d'un président valide" a déclaré Ahmed Ouaguemouni, 60 ans, ancien membre de l'opposition algérienne qui vit dorénavant en France. "Bouteflika, il est toujours à l'hôpital", a-t-il ajouté, tandis qu'un manifestant brandissait un cadre doré vide, symbole de l'absence du président octogénaire à la santé précaire, paralysé et quasiment muet.

"Il y a plein de jeunes qui peuvent le remplacer. Pourquoi garder un vieux malade" - Hocine Aït Ahmed, ancien élu régional d'opposition

Bouteflika en Suisse pour des "examens médicaux"

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, 81 ans et candidat à la présidentielle du 18 avril en Algérie, s'est rendu dimanche à Genève, en Suisse, pour y "effectuer ses contrôles médicaux périodiques", selon la version officielle fournie par la présidence. Victime d'un AVC en 2013, il avait séjourné près de trois mois à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris où il avait été hospitalisé une première fois fin 2005 après une hémorragie intestinale.

Abdelaziz Bouteflika, élu sans interruption depuis 1999, a annoncé le 10 février dernier qu'il briguerait un cinquième mandat en Algérie.