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Politique

"Amendement panda" : le directeur du Zoo de Beauval a-t-il influencé Emmanuel Macron et les députés ?

mercredi 3 janvier 2018 à 19:44 Par Armêl Balogog, France Bleu Berry, France Bleu Orléans, France Bleu Touraine et France Bleu

L'Assemblée nationale a validé un amendement dans la loi de finances rectificative pour l'année 2017, le 19 décembre, qui prévoit la baisse de la TVA appliquée aux parcs zoologiques. Une conséquence directe de la visite du couple présidentiel au Zoo de Beauval, selon le magazine Challenges.

Le président Emmanuel Macron auprès du bébé panda du Zoo de Beauval le 16 décembre 2017
Le président Emmanuel Macron auprès du bébé panda du Zoo de Beauval le 16 décembre 2017 © Maxppp - Xinhua

Saint-Aignan-sur-Cher, France

L'"amendement panda" adopté le 19 décembre à l'Assemblée nationale dans le cadre de la loi de finances rectificative pour 2017, c'est 7,2 millions d'euros en moins dans les caisses de l'Etat chaque année : le taux de TVA applicable aux parcs zoologiques passe de 10 % à 5,5 %, s'alignant sur le taux réservé aux spectacles vivants.

Un jeu d'influence présidentiel ?

Les députés l'ont voté à main levée lors d'une séance plénière de l'Assemblée, seulement trois jours après la visite du couple présidentiel au Zoo de Beauval, en décembre. Selon le magazine Challenges, ce pourrait ne pas être une coïncidence. A cette occasion, le directeur du zoo aurait pu argumenter auprès du chef de l'Etat, sachant que Rodolphe Delord s'est déjà plaint, par le passé, des augmentations de TVA pour les parcs zoologiques.

Après cet entretien, le président de la République Emmanuel Macron aurait joué de son influence auprès d'un parlementaire. Puis l'Assemblée nationale adoptait cette baisse, in extremis, validant une décision du Sénat mais contre un premier avis de la Commission des finances de cette même assemblée, qui avait retoqué cet amendement, puis adopté un amendement pour supprimer la décision sénatoriale avant de le retirer.

Le député La République en Marche (LREM) d'Indre-et-Loire, Daniel Labaronne, membre de cette commission, estime qu'"il y a peut-être eu des recommandations" mais seulement dans "l'idée qu'il fallait que les députés prennent conscience (...) du rôle économique indispensable que jouent les zoos dans nos territoires". Selon lui, les députés ont du même geste "fait plaisir aux sénateurs" et décidé de mettre un terme à un "marronnier parlementaire" : depuis le changement de TVA en 2012, des parlementaires auraient proposé chaque année de repasser aux 5,5 %. Ce qui nous ramène au hasard du calendrier.

Les engagements des parcs zoologiques

D'ailleurs, le 19 décembre, quand Yannick Haury, député LREM de Loire-Atlantique, vante les mérites de cette baisse de TVA devant l'Assemblée nationale, il ne manque pas de rappeler la naissance, "très médiatisée", du bébé panda du Zoo de Beauval, Yuan Meng, dont Brigitte Macron est la marraine. Le zoo étant un garant selon lui de la biodiversité et de la préservation des espèces. 

Reste à savoir si ce manque à gagner de 7,2 millions d'euros pour les caisses de l'Etat se traduira en baisse du prix du ticket d'entrée à Beauval. Pour l'instant, la direction du zoo n'a pas réagi publiquement, même si Daniel Labaronne aimerait que tous les parcs aillent dans ce sens. Selon lui, en échange de ces économies, l'ensemble des parcs zoologiques français s'est engagé à créer 350 emplois en CDI et à investir cinq millions d'euros par an. Un argument que la Commission des finances n'avaient pas assez bien entendu jusque là, mais qu'elle entend aujourd'hui.