Politique

Approfondir l'Europe, la réformer ou la quitter: quelle option sera défendue à Bruxelles au lendemain du 7 mai ?

Par Anja Vogel, France Bleu jeudi 20 avril 2017 à 12:02

La France et l'Europe
La France et l'Europe © Maxppp - Thomas Padilla

A 4 jours du premier tour, l'incertitude quant à l'issue de l'élection présidentielle agite les milieux européens. Ce n'est pas seulement l'avenir de la France, mais aussi de l'Union qui est en jeu. Or les positions défendues par les candidats sont aux antipodes. Pour une marge de manoeuvre limitée.

Quoi qu'on en dise, et même si une présidentielle se gagne en principe sur des thématiques intérieures, l'Europe est très présente dans cette campagne: aimer l'Union et l'approfondir, la changer et nous confronter à nos partenaires, ou tout bonnement la quitter: c'est bien l'une de ces trois options qui sera portée à Bruxelles au lendemain du 7 mai. Et si dans les institutions européennes on se garde de toute ingérence dans les élections, on se prépare à toutes les éventualités, en rappelant toutefois que les règles sont et resteront les mêmes pour tous.

Respect des règles budgétaires... et de la liberté de circulation

Pas question de déroger à la libre circulation des biens, des capitaux, des services et des personnes, garanties par le marché intérieur et qui constituent aussi la pierre angulaire de la citoyenneté européenne. L'état d'urgence et la crise des migrants ont déjà conduit à la suspension partielle de Schengen, comme le prévoient les accords. De là à en modifier les règles en profondeur, il faudrait le feu vert, non pas de la Commission, mais des autres pays européens. Idem pour les règles budgétaires dans la zone euro, alors que, malgré ses efforts, la France n'a toujours pas ramené son déficit sous la barre des 3%.

Accepter les compromis et réorienter l'Europe en cherchant des alliés

Il s'agit donc de trouver des alliés parmi les dirigeants au sein du Conseil, afin de négocier, éventuellement de nouveau traités. Et d'accepter les compromis, y compris en matière sociale. C'est ainsi que l'Europe fonctionne. En sortir c'est ne plus rien avoir à dire.

En sachant bien sûr qu'une sortie se négocie, elle aussi. On le voit avec le Royaume-Uni, ne serait-ce qu'au niveau financier: la facture du Brexit s'élèverait actuellement à 60 milliards d’euros, selon le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. "On peut faire sans la Grande-Bretagne, mais pas sans la France", soulignent aujourd'hui nombre d'eurodéputés, notamment allemands. Ils s'inquiètent que la voix de la France puisse être absente, au moment où l'Europe traverse une de ses pires crises existentielles, où il s'agit de lui donner une nouvelle impulsion. Et peut-être précisément de la réorienter.

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