Politique

Après le second tour de la primaire, le Parti Socialiste saura-t-il se rassembler ?

Par Etienne Escuer, France Bleu Orléans dimanche 29 janvier 2017 à 7:30

Benoît Hamon et Manuel Valls s'affrontent dimanche 29 janvier au second tour de la primaire de gauche.
Benoît Hamon et Manuel Valls s'affrontent dimanche 29 janvier au second tour de la primaire de gauche. © AFP - Joël Saget

Le Parti Socialiste aborde très divisé le second tour de sa primaire. Le vainqueur aura fort à faire pour rassembler le PS autour de lui.

Dimanche dernier, au niveau national, Benoît Hamon (36,63% des voix) est arrivé en tête devant Manuel Valls (31,90%). Dans le Loiret, l'ancien Premier ministre a toutefois devancé Benoit Hamon de 64 voix. Aujourd'hui, le second tour se résume en un duel entre deux gauches que presque tout oppose. D'un côté, l'aile gauche du PS et les frondeurs ; de l'autre, les sociaux-démocrates et les soutiens des différents gouvernements du quinquennat de François Hollande. Peu importe le vainqueur, il devra réussir à unifier un parti encore divisé.

Au mouvement des jeunes socialistes (MJS), certains ont quelques doutes sur le rassemblement au lendemain du second tour. Des militants et élus socialistes qui lâcheraient Benoit Hamon pour aller soutenir Emmanuel Macron, cela agace Claire Louis. Conseillère municipale à Blois, elle est aussi adhérente du MJS du Loir-et-Cher (pro-Hamon). Elle fait le parallèle avec la situation des Frondeurs.

Je trouve ça amusant toutes ces personnes qui nous ont fait des leçons sur la discipline de groupe, sur le comportement collectif à avoir. Eux, le jour où ils peuvent potentiellement être mis en minorité, ils ne semblent pas capables de respecter ce que nous nous avons respecté pendant des années." - Claire Louis, adhérente MJS du Loir-et-Cher

Le MJS loirétain, pro-Valls, assure qu'il soutiendra Benoît Hamon si celui-ci s'impose

Si le MJS, au niveau national, soutient plutôt Benoît Hamon (il en a été le premier président), dans le Loiret, le choix s'est porté sur Manuel Valls. En cas de défaite de leur champion, les militants assurent pour l'instant qu'ils feront bien la campagne pour Benoît Hamon. Charlotte Martinon-Uro insiste, le PS a déjà connu des divisions bien pires.

Dans l'histoire, ça a toujours été comme ça. On a beau se disputer, se crêper le chignon à n'en plus finir, on arrive toujours à se retrouver. Si certains veulent quitter le PS pour aller ailleurs, ils sont libres de le faire. Au moment de la SFIO (ancêtre du PS, NDLR) et du Congrès de Tours en 1920, les 3/4 du parti ont rejoint le Parti Communiste, mais le PS est toujours là aujourd'hui." - Charlotte Martinon-Uro, adhérente MJS Loiret

Reste que s'il impose ce dimanche, Benoît Hamon aura du mal à rassembler son camp. Plusieurs députés proches de Manuel Valls envisagent déjà, dans ce cas, de se mettre en retrait de la campagne du Parti Socialiste.