Politique

Après les législatives en Sarthe, quel avenir pour le parti Les Républicains ?

Par Bertrand Hochet, France Bleu Maine mardi 20 juin 2017 à 11:56

Le seul député LR sarthois Jean-Carles Grelier et la conseillère régionale Anne Beauchef s'expriment sur l'urgence de la reconstruction de la droite
Le seul député LR sarthois Jean-Carles Grelier et la conseillère régionale Anne Beauchef s'expriment sur l'urgence de la reconstruction de la droite - Conseil départemental de la Sarthe + France Bleu Maine

La droite reste majoritaire en nombre de voix dans le département mais ne dispose que d’un seul député. La défaite à présidentielle, amplifiée par celle des législatives signe le début de la reconstruction du parti Les Républicains. Regards croisés de deux élus LR sarthois.

Prendre son temps pour une remise en cause profonde. C’est l’état d’esprit des élus sarthois des Républicains qui ont accepté de se confier à France Bleu Maine. Après les élections législatives qui ont très largement conforté le mouvement « En Marche » d’Emmanuel Marcon (avec 350 sièges à l’Assemblée, ceux du MODEM compris), la droite entame « une période d’introspection », reconnaît Anne Beauchef, conseillère régionale LR. Le parti « n’est pas dans une situation aussi catastrophique que le PS », estime Jean-Carles Grelier, le seul député de droite du département. « Mais pas rassurante du tout ». Celui qui est encore maire de La Ferté Bernard pour quelques jours résume le chantier qui attend sa famille politique : « il faut qu’on remette tout sur la table et qu’on le fasse de manière honnête, franche, efficace et durable ».

"Rien ne serait pire que de se diviser"

Reste à éviter les règlements de compte personnels : « ce serait une erreur », prévient Anne Beauchef, invitée ce mardi de France Bleu Maine. « Rien ne serait pire que de se diviser. Les Français ne veulent plus de ça ! », insiste l’élue sarthoise qui considère que son parti « ne doit pas se précipiter ». « On a le temps ! », plaide la conseillère régionale qui rapporte la proposition de Bruno Retailleau, président de la Région Pays de la Loire et président du groupe Les Républicains au Sénat : « désigner un président et un exécutif en fin d’année ou en début d’année prochaine ».

Divisions entre les tenants d’une opposition claire et les « constructifs »

Pour l’heure, Les Républicains semblent tiraillés : faut-il se situer dans la majorité ou dans l’opposition ? Tous les élus ne sont pas d’accord. « A l’Assemble Nationale, j’invite la droite à ne pas être inféodée à Emmanuel Marcon. C’est prioritaire », recommande Anne Beauchef, tout en précisant qu’il ne faut pas « de repli sur soi ». De son côté, Jean-Carles Grelier souhaite assumer une « opposition intelligente qui ne soit pas systématique ». Et le député expose sa méthode : « passer chaque proposition de loi au crible et de nos convictions et de l’intérêt général ». L’élu estime que le renouvellement du groupe LR à l’Assemblée Nationale (qui sous réserve de scission compte à ce jour 131 élus), « va permettre l’émergence d’esprits nouveaux et d’envies nouvelles ». Des députés qui pourraient être les acteurs de la reconstruction de la droite, « qui pourront contribuer au renouvellement face à la ‘machine’ En Marche », espère le Sarthois.

Le silence de la présidente des Républicains en Sarthe

A l’évidence, l’échec à la présidentielle amplifié par la défaite aux législatives va laisser des traces profondes chez Les Républicains. En Sarthe, la présidente des Républicains a indiqué à France Bleu Maine qu’elle ne souhaitait pas s’exprimer. Le silence tout comme à l’époque des premières révélations de l’affaire Fillon. Béatrice Pavy-Morançais, il faut le préciser, a elle-même connu un échec dimanche au second tour des législatives, nettement battue dans la troisième circonscription (La Flèche – Château-du-Loir) par la candidate de la République En Marche Pascale Fontenel-Personne. La maire de Montval-sur-Loir est distancée y compris dans la commune qu’elle dirige. En interne, plusieurs militants LR Sarthois prédisent des mois difficiles, alors que la droite reste majoritaire en nombre de voix en Sarthe après le scrutin des 11 et 18 juin dernier.

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