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Dossier : Mouvement des "gilets jaunes"

Ardennes : Fabrice Marchand, élu maire pour six ans, gilet jaune pour toujours

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Par , France Bleu Champagne-Ardenne, France Bleu

Il serait le seul gilet jaune élu maire en 2020. Fabrice Marchand, maire d'Ardeuil-et-Montfauxelles, un village ardennais de 71 habitants, au sud de Vouziers, revient sur son engagement, ses premiers mois de mandat et ses objectifs.

Fabrice Marchand, gilet jaune élu maire d'Ardeuil-et-Montfauxelles, dans les Ardennes
Fabrice Marchand, gilet jaune élu maire d'Ardeuil-et-Montfauxelles, dans les Ardennes © Radio France - Alexandre Blanc

Il y a deux ans, le 17 novembre 2018, débutait le mouvement des gilets jaunes avec de premières manifestations un peu partout en France. Depuis les élections municipales sont passées par là, au printemps dernier, et il semble bien qu'un seul gilet jaune ait été élu maire en France : Fabrice Marchand, le maire d'Ardeuil-et-Montfauxelles, un village de 71 habitants dans les Ardennes, entre Vouziers et Valmy. 

L'engagement avec les Gilets jaunes

En novembre 2018, lorsque les Gilets jaunes débutent leurs rassemblements, Fabrice Marchand n'est pas engagé politiquement. Aux élections, il vote Front national. "Mais aujourd’hui, je m’aperçois qu’en fait, ils bouffent tous dans la même gamelle. J’ai l’impression qu’ils se passent tous un papier où c’est écrit « Marine Le Pen tu dois dire ça, Mélenchon tu dois dire ça, Macron tu dois dire ça » C’est un joli théâtre !"

Bûcheron de métier, il travaille en indépendant. 

J’entretiens les rivières pour éviter que Compiègne ou Paris ne soit inondés. Je travaille pour éviter que ces gens-là soient sous l’eau" - Fabrice Marchand, gilet jaune et maire d'Ardeuil-et-Montfauxelles

Son ras-le-bol, c'est la justice à deux vitesses, la précarité, le chômage, l'impossibilité de vivre dignement de son travail pour de nombreux Français : "Je me suis reconnu dans les Gilets jaunes".

La révolte inaboutie

Mais très vite, Fabrice Marchand a le sentiment  que le mouvement populaire ne débouchera pas sur des avancées concrètes.

On est gilet jaune, on râle. Mais j’avais l’impression que ça n’avancerait pas de la façon dont on s’y prenait." - Fabrice Marchand, gilet jaune et maire d'Ardeuil-et-Montfauxelles

Pour Fabrice Marchand, les manifestations du samedi sont insuffisantes et les Gilets jaunes ne maintiennent pas suffisamment la pression en semaine. Et puis, il constate certaines dissensions au sein du mouvement qu'il attribue à des indicateurs infiltrés pour semer la discorde en échange de faveurs judiciaires. 

Le cortège dans le centre-ville de Rethel.
Le cortège dans le centre-ville de Rethel. © Radio France - Thomas Coignac

Le 5 décembre 2019, à Reims, Fabrice Marchand participe à sa dernière manifestation. Ce soir-là, après avoir défilé contre la réforme des retraites, il reprend la voiture avec deux autres manifestants. "17 policiers de la BRI (NDLR : la Brigade de recherche et d’intervention, surnommée l’Antigang) _nous ont sauté dessus, armes aux poings_, comme si on était des grands terroristes... c'était impressionnant", raconte Fabrice Marchand. 

Après une fouille et un contrôle, les trois hommes peuvent repartir librement mais l'épisode marquera notre bûcheron : "Ça, ça m’a calmé".

L'entrée en campagne 

C'est suite à ce retrait que Fabrice Marchand mûrit la réflexion de se présenter aux municipales. À Ardeuil-Montfauxelles, le maire sortant ne brigue pas de nouveau mandat et personne n'a affiché son intention de se présenter. Fabrice Marchand se lance "pour éviter que la commune ne soit mise sous tutelle". 

Fabrice Marchand va à la rencontre de chacun des 71 habitants de la commune. Il ne constitue pas de liste "parce qu'en créant des listes, on crée des groupes qui vont s’attaquer par la suite". 

Sept candidatures individuelles sont déposées, pour sept sièges à pourvoir. Au premier comme au deuxième tour, Fabrice Marchand est celui qui recueille le moins de voix

Le conseil municipal doit élire son maire. "J’avais dit que je prendrai la place de maire si personne ne la veut". Fabrice Marchand, dont c'est le premier mandat électif, est conscient qu'il a tout à apprendre. "Je ne suis pas le meilleur, c'est certain. Je n’y connais rien, je suis tout nouveau mais on apprendra sur le tas et on avancera comme ça..."

Les premiers mois de mandat

Parmi les premiers dossiers du nouveau maire : la rénovation de la mairie, la dératisation du village, le fleurissement, des haies à tailler, la création d'une piste de motocross sur un terrain privé. "Ça, ce n'est pas de la gestion « gilet jaune », c'est de la gestion courante".

Après 4 mois et demi de mandat, Fabrice Marchand constate que sa marge d'action est très limitée : "Par exemple, le village est traversé par la route qui va de Chalons-en-Champagne à Sedan et les camions roulent vite. Je me suis renseigné pour installer des dos d’âne. Rien que pour ça, il faut demander l’autorisation au département, il y a des gens qui doivent descendre pour dire ce qu’on peut installer et où. En fait, on a pas le droit de regard sur ce qu’on veut mettre dans notre village et où on veut l’installer. Par contre, on a le droit de se faire taper sur les doigts quand ça ne va pas".

Au final, Fabrice Marchand se demande encore si le fait d'avoir un maire gilet jaune change quelque chose. Pour le moment, en tout cas, car son but ultime est d’inciter les habitants à venir assister aux séances du conseil municipal afin de les faire voter sur chaque décision. "Là, ce serait une démocratie totale !"

L'engagement partisan et la présidentielle

Fabrice Marchand veut démontrer que si cette démocratie directe "est faisable, sur une petite commune, ça l’est sur une grande commune". Et c'est d'ailleurs à plus grande échelle que l'on peut changer les choses, estime Fabrice Marchand. 

Le maire s'est engagé au sein du groupe politique "Evolution citoyenne". "Un parti politique du peuple, pour le peuple" auquel participe une autre figure des Gilets Jaunes , Christophe Chalençon. En mai dernier, ce Vauclusien avait été interpellé, puis relâché, pour avoir diffusé une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle il annonçait : "nous allons assiéger Paris avec d'anciens généraux".

"Evolution Citoyenne" compte intervenir dans la campagne présidentielle, prévient Fabrice Marchand : "Si quelqu’un a l’étoffe de pouvoir se présenter, on ira porter son nom. Par exemple, si le général de Villiers, se présente à la présidentielle, nous, Evolution citoyenne, on fera tout pour lui apporter notre soutien".  

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