Politique

Arnaud Montebourg sur France Bleu Toulouse : "Le Made in France, c'est dans la tête"

Par Bénédicte Dupont, France Bleu Toulouse vendredi 7 octobre 2016 à 8:59

Arnaud Montebourg, invité de France Bleu Toulouse ce 7 octobre
Arnaud Montebourg, invité de France Bleu Toulouse ce 7 octobre © Radio France - Stéphanie Mora

L'ancien ministre du Redressement productif, candidat à la primaire de la gauche, Arnaud Montebourg passe sa journée en Haute-Garonne ce vendredi 7 octobre, aux côtés de ses soutiens locaux. Et il l'a commencée, cette journée, dans le studio de France Bleu Toulouse. Entretien.

Arnaud Montebourg, candidat à la primaire de la gauche en janvier prochain est à Toulouse ce 7 octobre. Il a prévu de participer à un débat sur le numérique avec les start-ups de la Cantine, quartier Saint-Aubin, il visite ensuite le FabLab d'Artilect aux Arènes. Le chantre du Made in France est attendu également sur le marché Victor Hugo, et dans l'après-midi chez le spécialiste des drones, à Toulouse DelairTech. Point d'orgue de son passage en Haute-Garonne : un meeting ce soir, à Portet-sur-Garonne, au sud de Toulouse.

►►► Avant sa journée-marathon, Arnaud Montebourg s'est arrêté dans le studio de France Bleu Toulouse. Il était l'invité ce vendredi de Bénédicte Dupont.

L'INVITÉ EN UN CLIC - Arnaud Montebourg, interrogé par Bénédicte Dupont

Bénédicte Dupont : Arnaud Montebourg, vous avez annoncé dimanche dernier que finalement vous participeriez à cette primaire de la gauche, un peu moins de deux mois après avoir annoncé votre candidature à la présidentielle. Vous rentrez dans le rang ?

Arnaud Montebourg : Non, les primaires sont un outil d'expression démocratique. Et c'est l'outil qui va permettre au peuple de gauche de s'emparer de la situation dire ce qu'ils pensent. Je lance d'ailleurs un message aux Toulousains, et aux habitants d'Occitanie : "vous êtes déçus de la politique menée, emparez-vous de ces primaires, elles sont les vôtres". Nous avons bataillé pour les obtenir.

Mais nous n'en vouliez pas au départ, de ces primaires. Vous pensiez passer outre....

Je suis l'inventeur des primaires en 2011. J'y ai participé. Je suis favorable à un processus de rassemblement car nous devons lutter contre l'émiettement de la politique, particulièrement de notre famille politique.

Vous êtes le sixième* candidat officiel de cette primaire à gauche...

C'est moins que la droite (NDLR : sept candidats à droite et au centre, six à gauche pour le moment )! Puisque la droite a réussi à organiser des primaires semblables aux nôtres. Le fait historique, c'est que c'est la première fois qu'un Président de la République sortant se présente aux primaires. OU pas d'ailleurs, il nous le dira. Il a accepté d'y participer dans son principe.

* avec Benoît Hamon, Marie-Noëlle Lienemann, Gérard Filoche, Jean-Luc Benhamias et François de Rugy

Vous n'êtes pas défavorable d'ailleurs à ce que François Hollande se présente aux primaires...

Oui, pour une raison simple : regardez les Américains qui ont inventé les primaires il y a 50 ans. Ils ont déjà vu des présidents sortants se plier aux primaires à cause de la faiblesse politique et du rejet de la population. Il est normal de vouloir récupérer, ou pas, une légitimité perdue auprès des Français. Je dis aux Français : venez aux primaires nous dire ce que vous pensez ! Et j'ai des propositions à faire car nous sommes dans une situation de chômage de masse, même dans les régions qui vont bien, il y a des chômeurs. Le succès de l'aéronautique dans la région toulousaine n'a pas empêché la désindustrialisation de notre pays.

Justement, quand on pense à Arnaud Montebourg, on pense au "Made in France". Airbus, notre fleuron ici à Toulouse, c'est plutôt le "made in Europe" voire le made in Monde" !

Le "made in France", ça n'est pas le rejet du reste du monde ou le refus de l'Europe, c'est le soutien à la France. Au lieu que l'assemblage se fasse à Hambourg, on se bat pour que ce soit à Toulouse. On est content que le siège social et les dirigeants d'Airbus soient à Toulouse. C'est un rapport de force, c'est une guerre économique. Nous essayons d'éviter la guerre économique entre Européens, car l'union fait la force et nous devons nous placer face au reste du monde. Pour autant, il faut que l'Union Européenne nous laisse soutenir le "'made in France". Les Allemands donnent 50% de leur argent public aux PME, nous, à peine 25% de nos impôts servent aux PME. Je veux 80% des marchés publics pour les PME. Regardez les hôpitaux français : les trois quarts du matériel sont américains. Alors que nous avons des entreprises qui en produisent en France, on pourrait les soutenir.

Vous en pouvez pas aller à l'encontre des règles de la concurrence, des marchés publics...

Je ne crois pas que ces règles soient un problème. les Allemands y réussissent parfaitement avec le même contexte juridique. Il s'agit de pratiques, une bataille culturelle. Le "Made in France", c'est dans la tête !

Vous venez en Haute-Garonne, bastion socialiste avec une fédération puissante. Puissante et ouvertement hostile à la loi Travail et à la déchéance de la nationalité, comme vous. C'est un département acquis à votre cause ?

Je ne me situe pas dans ce type de préoccupations. Mon but est de convaincre les Français, leur faire des propositions pour écarter ce qu'il s'est passé en 2012, "on prend les mêmes et on recommence".

Vous avez des soutiens affichés ici en Haute-Garonne**, c'est important d'avoir des soutiens locaux ?

Oui j'en suis heureux, que mon amie Catherine Lemorton, présidente de la commission des affaires sociales soit à mes côtés. Elle joue d'ailleurs un rôle important dans ma campagne pour établir le programme de santé qui sera plus innovant que ce qui a été fait ces dernières années. La véritable urgence, c'est la remise en marche économique, le plein-emploi.

** notamment la députée Catherine Lemorton, le maire de Portet Thierry Suaud, la vice-présidente du Conseil Régional d'Occitanie pourtant proche de B. Hamon, Nadia Pellefigue

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