Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Politique

VIDÉOS - Assemblée nationale : ce qu'il faut retenir du discours de politique générale d'Édouard Philippe

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Édouard Philippe a prononcé ce mercredi sa deuxième déclaration de politique générale à l'Assemblée nationale. Environnement, fiscalité, société : voici ce qu'il faut retenir de ce discours, après lequel les députés ont sans surprise accordé leur confiance au Premier ministre.

Édouard Philippe lors de son discours de politique générale, le 12 juin 2019.
Édouard Philippe lors de son discours de politique générale, le 12 juin 2019. © Maxppp -

Après plus de sept mois de césure entre "gilets jaunes", grand débat national et élections européennes, Édouard Philippe a prononcé ce mercredi sa deuxième déclaration de politique générale à l'Assemblée nationale. "Il y a toujours urgence", a commencé le Premier ministre, "les Français n'attendent pas un bilan, encore moins un exercice d'autosatisfaction". Une urgence qui ne signifie pas pour autant qu'il y aura un changement de cap, même si Édouard Philippe a promis "un profond changement de méthode" qui doit "davantage associer les Français à la fabrique de nos décisions".

Le Premier ministre a ensuite détaillé la feuille de route pour la suite du quinquennat, notamment construite autour de deux grands axes : la transition écologique et la "justice sociale". Voici ce qu'il faut retenir de ce discours, qui mêle annonces, rappels de mesures déjà annoncées et déclarations d'intentions.

Environnement : "Les douze mois de l'accélération écologique"

Édouard Philippe a expliqué vouloir placer l'écologie "au cœur" de "l'acte II" du quinquennat. "Les douze prochains mois seront ceux de l'accélération écologique", a-t-il ajouté, prônant "un nouveau modèle économique qui produise des richesses sans salir, sans contaminer, sans détruire, sans condamner ceux qui viendront après nous ou qui vivent loin de nous"

Concrètement, le chef du gouvernement a souhaité que les projets de loi sur la mobilité et l'énergie-climat soient adoptés "avant l'été" et que "les aides existantes à la rénovation énergétique" soient remises "totalement à  plat". Le Premier ministre a indiqué par ailleurs que les propositions "les plus puissantes" de la convention citoyenne pour la transition écologique, dont l'organisation a été décidée à l'issue du grand débat, pourraient être soumises "à référendum".

Il a aussi expliqué que "tous les produits en plastique jetables seraient bannis" de l'administration à compter de 2020.

Fiscalité : 27 milliards d'euros de baisses d'impôts

Sur le thème de la "justice sociale", le Premier ministre a donné le détail des baisses d'impôts promises après le grand débat national. "Sur l'ensemble du quinquennat, les impôts des ménages baisseront de près de 27 milliards d'euros", a-t-il rappelé.

"Le taux d'imposition de la première tranche de l'impôt sur le revenu, qui regroupe 12 millions de foyers, sera abaissé de 3 points", a précisé Édouard Philippe. "Cela représente un gain moyen par foyer de 350€ par an". La baisse pour la tranche suivante sera de 180 euros par an, applicable à 5 millions de foyers. Ces baisses d'impôts seront notamment financées par des suppressions de niches fiscales.

Édouard Philippe a confirmé qu'en 2013, l'ensemble des Français n'aura plus à payer de taxe d'habitation.

Emploi : malus contre le recours excessif aux contrats courts

Dans le domaine de l'emploi, le Premier ministre a annoncé que la réforme de l'assurance-chômage sera présentée le 18 juin prochain. Cette dernière comprendra bien un système de bonus/malus sur les cotisations qui s'appliquera aux entreprises "dans les cinq à dix secteurs" d'activité utilisant le plus de contrats courts.

L'accès à l'assurance-chômage sera bien ouvert "aux démissionnaires et travailleurs indépendants". Comme annoncé en février, les indemnisations "pour les salariés qui perçoivent les salaires les plus élevés" deviendront dégressives.

Retraites : des "incitations à travailler plus longtemps"

Concernant les retraites, Édouard Philippe a confirmé vouloir maintenir l'âge légal de départ à 62 ans. "Nous devons cependant travailler plus longtemps", a affirmé le chef du gouvernement. Un "âge d'équilibre" sera défini et des "incitations à travailler plus longtemps" seront mises en oeuvre pour ceux qui souhaitent partir en bénéficiant d'un taux plein. Il a par ailleurs annoncé la fin des régimes spéciaux. Les pistes de travail de Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la réforme des retraites qui prépare depuis des mois cette réforme, seront présentées en juillet, sans précision supplémentaire sur le calendrier.

Bioéthique : la PMA proposée fin septembre au Parlement

Les thèmes de société occuperont une grande place dans le calendrier parlementaire. À commencer par le projet de loi bioéthique, qui doit ouvrir la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes. Ce dernier doit être présenté en juillet au Conseil des ministres et fin septembre au Parlement.

Dépendance : un projet de loi à la fin de l'année

Édouard Philippe a annoncé également qu'un projet de loi consacré au vieillissement et à la dépendance sera présenté à la fin de l'année. Une réforme dont le gouvernement souhaite faire un "grand marqueur social du quinquennat". "Nous avons trop tardé pour nous y confronter car les budgets en jeu sont gigantesques, et par une forme de déni", a estimé le Premier ministre. Des "mesures favorisant le maintien à domicile" des personnes âgées et des "investissements" dans les maisons de retraite seront d'ores et déjà incluses dans le budget 2020 de la Sécu.

S'exprimant à propos de la crise que traverse l'hôpital public, dont le fonctionnement est perturbé par la grève des services d'urgences, le Premier ministre a rappelé qu'une refondation du système était en cours d'élaboration, appelant "pour l'heure" les soignants au "sens des responsabilités".

Pensions alimentaires : la CAF prélèvera automatique les impayés

Édouard Philippe a par ailleurs confirmé que les pensions alimentaires pourront être "automatiquement prélevées dès juin 2020" par la Caisse d'allocations familiales (CAF) pour lutter contre "le risque d'impayé". "Sur décision d'un juge, ou sur demande en cas d'incidents de paiement, les pensions seront automatiquement prélevées par la CAF pour être versées à leurs bénéficiaires et c'est la CAF qui déclenchera une procédure de recouvrement en cas d'impayé", a-t-il précisé. Il existe actuellement un mécanisme public de recouvrement des impayés de pension alimentaire : l'Aripa, un organisme créé début 2017, à la fin du précédent quinquennat. Ce dispositif restait toutefois très méconnu et sous-utilisé d'après le gouvernement.

Immigration : un débat annuel au Parlement

Enfin, un débat parlementaire sur la politique migratoire sera organisé en septembre, et se renouvellera chaque année. Édouard Philippe a défendu le principe du droit d'asile, tout en souhaitant "une harmonisation progressive" des critères au niveau européen.

Comme l'avait évoqué Emmanuel Macron en mars à la fin du grand débat national, Édouard Philippe a manifesté la volonté de "réformer l'organisation du culte musulman", soulignant le "large consensus sur une organisation départementale". "L’islam de France doit former et recruter des imams en France et qui parlent français. S’il faut des dispositions législatives pour garantir la transparence du culte musulman, le gouvernement le proposera".

Institutions : la réforme va faire son retour

Suspendue depuis l'affaire Benalla, la réforme des institutions fera son retour, a promis le Premier ministre. Si la garde des Sceaux est prête "à présenter dès ce mois-ci trois nouveaux textex", un report de l'examen de la réforme après les sénatoriales de septembre 2020 a cependant été évoqué. "Nous attendrons le moment propice et la manifestation de volonté du Sénat", a lancé Édouard Philippe, rappelant que "le Président de la République a la faculté d'interroger directement les Français (par référendum, NDLR) sur la réduction du nombre de  parlementaires".

La confiance renouvelée

Ce discours d'Édouard Philippe a été suivi d'allocutions des présidents de groupes. Comme prévu, l'Assemblée nationale a ensuite voté et a accordé sa confiance au gouvernement (363 pour, 163 contre). Un résultat en très léger recul par rapport à celui qui avait fait suite au premier discours de politique générale d'Édouard Philippe en juillet 2017 (370 pour, 67 contre).