Politique

Attaques contre Taubira : le gouvernement monte au créneau contre ces "attaques inqualifiables"

Par Julie Guesdon, France Bleu mercredi 11 mars 2015 à 16:38

Christiane Taubira a de nouveau été la victime d'attaques à caractère raciste
Christiane Taubira a de nouveau été la victime d'attaques à caractère raciste © MaxPPP

François Hollande et Manuel Valls ont exprimé mercredi "indignation" et "colère", selon les termes du Premier ministre, après de nouvelles attaques racistes visant Christiane Taubira venant d'une élue municipale de Juvisy-sur-Orge (Essonne).

Le gouvernement a pris la défense de la Garde des Sceaux ce mercredi, après que Christiane Taubira a été victime de plusieurs attaques. La ministre de la Justice a ainsi été la cible de propos racistes par une élue municipale.

Le commentaire incriminé a été tenu le 8 mars sur la page personnelle d'une habitante qui avait partagé un lien contre la garde des Sceaux. En commentaire du lien - accessible en public, cette internaute écrivait : "13.000 vols, 2.000 agressions et 200 viols par jour et le vidage des prisons va commencer..."

Isabelle Guinot, la première adjointe sans étiquette au maire UMP de Juvisy-sur-Orge, dans l'Essonne, avait alors réagi en écrivant : "C'est pitoyable d'avoir une telle ministre de la Justice. Elle vient de Cayenne, là où il y avait le bagne, qu'elle reparte là-bas vu qu'elle a toujours détesté la France" . Le commentaire a depuis été retiré de la page.

"On n'est pas obligé de tomber dans l'irrespect, l'indignité"

Le Premier ministre Manuel Valls et le Président ont tous les deux vivement condamnés ces propos. Devant la presse, Manuel Valls s'est dit "indigné" et en "colère" : "Je veux dire, et nous l'avons partagée en Conseil des ministres, une nouvelle fois notre indignation, notre colère face aux propos racistes, antisémites, homophobes, sexistes qu'on voit se répandre avec une très grande facilité ; notre indignation et notre colère à l'égard des propos vis-à-vis de Christiane Taubira"

"A un moment, il faut aussi rappeler que dans le débat politique on n'est pas obligé de tomber dans l'irrespect, l'indignité" , a également indiqué Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement.

Des réactions fortes donc, du côté du PS, jusqu'à Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du parti, qui a réclamé des "sanctions" contre Mme Guinot. De son côté, Christiane Taubira a évacué le sujet.

Sur RTL, la Garde des Sceaux a déclaré mercredi matin :  "[Je ne réagis] pas à ça, parce que c'est juste lamentable. Ça n'a pas d'importance. C'est surtout fréquent... L'important n'est pas ma personne [...]. Quand je pleure, je pleure dans ma chambre".