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Politique DOSSIER : Attentat de Nice

Attentat de Nice : les Dijonnais entre recueillement et agacement face à la réaction politique

lundi 18 juillet 2016 à 18:04 Par Arnaud Racapé, France Bleu Bourgogne

Le temps s'est (encore) arrêté ce lundi midi. Partout en France, une minute de silence a été observée à la mémoire des 84 victimes de l'attentat de Nice. Une minute d'émotion respectée par 42.000 personnes sur la Promenade des Anglais. Ils étaient environ un millier place de la République à Dijon.

Un millier de Dijonnais se sont rassemblés place de la République pour observer une minute de silence en hommage aux victimes de l'attentat de Nice
Un millier de Dijonnais se sont rassemblés place de la République pour observer une minute de silence en hommage aux victimes de l'attentat de Nice © Radio France - Arnaud Racapé

Des Dijonnais malgré tout très affectés par ces nouveaux événements, à l'image de Jean-Lou et de sa femme Noëlle, qui n'auraient manqué cette minute de silence pour rien au monde.

Il faut être solidaires, debout. On doit bien cela à ceux qui ont perdu la vie

Jean-Lou estime qu'il en va de l'unité du pays. "Il ne faut pas laisser passer ces événements sans réagir, c'est de la haine gratuite, il faut être solidaire, debout, ne pas monter les personnes les unes contre les autres, on doit bien cela à ceux qui ont perdu la vie ou un proche." Il faut lutter "coûte que coûte contre ces fous", poursuit Noëlle.

Un autel de fortune accueille les messages, bougies et autres fleurs apportées par les badauds - Radio France
Un autel de fortune accueille les messages, bougies et autres fleurs apportées par les badauds © Radio France - Arnaud Racapé

Un peu plus loin, de l'autre côté de la fontaine, Lola assiste elle aussi à la cérémonie, avec sa grand-mère Jacqueline. Elle évoque ce climat perpétuel dans lequel son pays, sa génération, sont désormais plongés : "C'est bizarre de se dire que l'on vit avec cette menace permanente mais malheureusement je ne pense pas qu'on ait le choix, il faut s'adapter." Et Régine d'acquiescer : "ça peut toucher n'importe qui n'importe où ! On se promène dans un endroit où il y a du monde, on passe des moments agréables, et puis il y a un fou qui vient faire tout et n'importe quoi ! C'est aberrant, c'est dément." 

La classe politique française commence à écœurer 

Un moment de deuil et de solidarité nationale quelque peu écorné par les différentes réactions politiques ces derniers jours. Notamment celles d'Alain Juppé et de Nicolas Sarkozy, tous deux candidats à la primaire Les Républicains pour l'investiture en 2017. Ils estiment pour le premier que l'horreur aurait dû être évitée, et pour le second qu'il faut accepter d'emprisonner préventivement les personnes "susceptibles" de se radicaliser. Leurs propos ont largement été critiqués par les responsables de gauche, offrant un triste spectacle politique selon le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis. Un spectacle qui commence à écœurer les citoyens, à l'image de cette scène vécue en marge de la minute de silence à Dijon :

Ce n'est pas le moment, monsieur !

Alain, un Dijonnais, interpelle avec véhémence François-Xavier Dugourd, le 1er vice-président Les Républicains du conseil départemental : "Votre famille politique insulte les familles, insultes les blessés, c'est inadmissible, vous récupérez les événements à des fins purement politiciennes !" Réponse de l'élu : "pas du tout, on ne récupère rien, il faut simplement que le pays prenne des mesures, vous voyez bien que cela fait deux ans que nous vivons sous la menace !" Et Alain de conclure d'une phrase sans détour : "ce n'est pas le moment, monsieur !"

Un échange musclé qui n'empêche pas François-Xavier Dugourd de reprendre à son compte les propos de Nicolas Sarkozy tenu dimanche soir sur TF1 et critiquant l'inaction de la gauche au pouvoir. "Il faut que derrière cette union nationale, il puisse y avoir un véritable suivi de ceux qui sont en position de terrorisme, des radicaux. On n'a jamais dit que c'était facile, mais il y a un certains de mesures très fortes à mettre en place."

Unité, rassemblement

Un discours en forme de programme pour la présidentielle de 2017 qui a le don d'agacer le maire socialiste de Dijon, François Rebsamen : _"En période de deuil c'est troublant de voir des politiciens essayer de tirer quelque profit de cela, j'ai vu que Jean-Pierre Chevènement appelait au rassemblement, modestement je le fais aussi : unité, rassemblement, il faut qu'on le fasse ensemble !" _Pas sûr que cet appel soit entendu tant les esprits semblent tournés déjà vers la prochaine élection.

Dans le même temps, l'enquête sur l'auteur de la tuerie de Nice se poursuit. L'analyse du contenu de son ordinateur a permis selon le procureur de la République de Paris François Molins de déterminer "l'intérêt récent" mais "certain" de Mohamed Lahouaiej Bouhlel pour Daesh, notamment ses recherches d'images de cadavres en lien avec l'islam radical.