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Augmentation de la taxe foncière : "Personne ne peut l'exclure", selon la maire de Colomiers

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Dans ce contexte de forte de hausse des prix de l'énergie, les communes cherchent à dégager de nouvelles marges financières. La question est abordée par les élus dans les allées du 104e congrès des maires de France qui a lieu à Paris. Karine Traval-Michelet, la maire de Colomiers, y participe.

Karine Traval-Michelet, maire de Colomiers, lors de l'inauguration du cinéma "Le Grand Central" Karine Traval-Michelet, maire de Colomiers, lors de l'inauguration du cinéma "Le Grand Central"
Karine Traval-Michelet, maire de Colomiers, lors de l'inauguration du cinéma "Le Grand Central" © Maxppp - PHOTOPQR/La Dépêche du Midi

C'est une réunion annuelle qui permet de prendre la température du moral des maires de notre pays. Le 104e congrès des maires de France s'est ouvert mardi à Paris dans un contexte assez morose, entre la hausse des prix de l'énergie et l'inflation. Des sujets qui sont au cœur de bon nombre de conversations entre élus. Karine Traval-Michelet, la maire de Colomiers, participe à ce congrès. Elle a répondu aux questions de France Bleu Occitanie.

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Emmanuel Macron est attendu aujourd'hui au congrès des Maires de France, il ne fera pas de discours, mais une déambulation dans les allées pour avoir un contact "direct et fort" avec des élus, ce que regrettent certains élus. C'est également votre cas ?

Oui un peu. Il rompt avec la tradition de ce congrès des maires. C'est un moment souvent attendu par les élus qui apprécient cette tradition d'entendre le chef de l'État. D’habitude, il vient aussi faire des annonces.

Sur quoi attendez-vous des réponses du président de la République ?  

Le thème du salon du Congrès des maires cette année est "Le pouvoir d'agir". Mais avons-nous encore, nous, maires de collectivités territoriales petites, moyennes ou grandes, le pouvoir d'agir ? Ce pouvoir d'agir est aujourd'hui extrêmement contraint.  Nous avons des contraintes fiscales et financières, nous avons des dépenses qui augmentent de façon exponentielle liée à la situation actuelle sur les prix de l’énergie. 

À propos de facture énergétique, quel est le surcoût pour votre commune de Colomiers, deuxième commune de Haute-Garonne ? 

Pour rentrer dans le concret, sur le compte administratif 2021 nous avons payé 2,2 millions d'euros. Pour 2022, ce sera 3,8 millions, c'est à dire 1,5 million d’euros supplémentaires. Soit 71 % d'augmentation, électricité et gaz confondus. Et encore, nous faisons certainement partie des communes qui sont encore un peu protégées par des contrats en cours, avec des prix plus régulés. 

Connaissez-vous désormais les détails de l'amortisseur électricité annoncé il y a quelques jours par Elisabeth Borne ?

Pas encore, les discussions ne sont pas terminées. Le président de l'Association des maires de France nous a confirmé hier que ces discussions n'avaient pas encore abouti. Mais il y aura des critères : ce n’est pas un bouclier énergie comme on l'attendait pour toutes les communes. 

Ces critères vont être liés notamment à l'augmentation ou au pourcentage d’augmentation du prix de l'énergie. Bref, on a un peu le sentiment qu'encore une fois, ça ne va pas concerner tout le monde.

Allez-vous répercuter la hausse des prix d'électricité sur les impôts locaux, à savoir sur la taxe foncière à Colomiers ?

Au moment où je vous parle, je ne le pense pas. Nous cherchons bien sûr, comme tous les autres collègues, à faire des économies. 

Mais vous n’excluez pas d’augmenter la taxe foncière ?

Aujourd’hui, personne ne peut l'exclure. J’ai discuté avec de nombreux maires hier encore dans les travées du Congrès. Et je ne connais pas de maires qui aujourd'hui, de façon certaine, peut dire "je n’augmenterai pas la taxe foncière dans ma commune".  En revanche, ils disent tous que ce n'était pas prévu dans les plans stratégiques de nos communes. Certains l'ont fait en tout début de mandat : c'est assez classique et traditionnel parce que nous finançons l'investissement grâce cette taxe. Et l'investissement nous permet de construire des écoles, des crèches, etc.

Allez-vous renoncer à certains projets?

On va certainement prendre d’autres orientations. On va faire des dépenses d'investissement qui permettent de générer des ressources de fonctionnement. C'est un peu technique mais par exemple à Colomiers, si je décide d'entamer un vaste programme de rénovation énergétique des bâtiments publics qui n'étaient pas forcément prévus à ce rythme-là, ça va générer des ressources puisque je ferai des économies en matière de dépenses de fonctionnement. Du coup, nous allons réorienter davantage nos dépenses d'investissement.

Le 104e congrès des maires de France s'achèvera ce jeudi avec le discours de clôture de la Première ministre, Elisabeth Borne.

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