Politique

Avalanche de réactions politiques après la sortie de Manuel Valls sur le FN

France Bleu lundi 9 mars 2015 à 7:49

Manuel Valls sera à Saint-Étienne pour la fin du congrès de la FNSEA
Manuel Valls sera à Saint-Étienne pour la fin du congrès de la FNSEA © MaxPPP

"J'ai peur pour mon pays", a déclaré dimanche le Premier ministre Manuel Valls, à propos de la montée du Front national dans l'opinion publique. Une petite phrase qui n'a pas manqué de faire réagir la classe politique, et pas seulement dans le parti concerné. A droite comme à gauche, les commentateurs estiment qu'un Premier ministre ne doit pas "avoir peur" mais agir.

"Quand on est Premier ministre et quand on est au pouvoir, on n'a pas à avoir peur " : voilà, en quelques mots dits dimanche soir par Rachida Dati, ce à quoi ressemblait le climat global de la classe politique ce dimanche soir. La députée européenne UMP a réagi aux propos de Manuel Valls, qui quelques heures plus tôt a déclaré dans une interview :

"Je n'ai pas peur pour moi, j'ai peur pour mon pays, j'ai peur qu'il se fracasse contre le Front national" — Manuel Valls, Premier ministre

"Que notre pays se fracasse ? C'est pas des termes dignes d'un Premier ministre de la France ! " a répondu Rachida Dati, qui était invitée de l'émission C Politique sur France 5. Et elle n'est pas la seule à avoir réagi : le premier à avoir répondu à l'attaque est bien évidemment le principal intéressé, le Front national, par la voix de son vice-président Florian Philippot, qui a dénoncé "l'obsession " de Manuel Vall s pour le FN et appelle "tous les électeurs patriotes, même au delà du FN, à aller mettre une belle fessée électorale à Manuel Valls ".

"Ce n'est pas par la peur qu'on répond ! " (E. Cosse)

Interrogé sur la question ce lundi matin sur RTL, Brice Hortefeux a lui aussi déclaré que "le rôle d'un Premier ministre n'est pas d'avoir peur, mais d'agir ". Mais il n'y a pas qu'à droite que les propos de Manuel Valls ont fait réagir : invité sur RTL et LCI, le président du MoDem François Bayrou a jugé le vocabulaire du Premier ministre "inadapté " :

"Je trouve que le vocabulaire de la peur, de l'angoisse, ne devrait pas être le vocabulaire des gouvernants (...). C'est un débat qui n'apporte rien, sur fond de leçon de morale". — François Bayrou

Et même à gauche, la position de Manuel Valls ne satisfait pas : dans le camp écologiste, le "sentimentalisme " du chef du gouvernement ne convainc pas Emmanuelle Cosse, la secrétaire nationale d'Europe Ecologie - Les Verts : " Ces propos m'étonnent (...). Moi je n'ai pas peur, le FN n'est pas une fatalité . Ce n'est pas par la peur et par l'angoisse qu'on répond ! Il faut leur répondre sur le terrain politique ".