Politique

Primaire de la gauche : Benoît Hamon s'impose aussi en Vaucluse

Par Aurélie Lagain et Daniel Morin, France Bleu Vaucluse lundi 23 janvier 2017 à 5:55

Benoît Hamon
Benoît Hamon © Maxppp - Jérémy Lempin

Comme les autres sympathisants de gauche en France, les électeurs de la primaire citoyenne de Vaucluse ont plébiscité Benoît Hamon pour être le candidat de la gauche à l'élection présidentielle.

Benoît Hamon survole la primaire de la gauche : 36% des voix en France ! Il devance Manuel Valls (31%) de cinq points et largement Arnaud Montebourg (17%), le troisième.

En Vaucluse, la tendance est la même dans cette primaire citoyenne. Le trio de tête ne bouge pas, à quelques dixièmes de points près : 35% pour Benoît Hamon, 32% pour l'ex-Premier ministre Manuel Valls et Arnaud Montebourg reste à 17 % dans le département.

Plus de 12.000 Vauclusiens sont allés voter au premier tour de la primaire dimanche, plus d'1,6 millions d'électeurs, selon Christophe Borgel, du comité d'organisation de cette primaire.

Reportage de Jean-Michel Le Ray

"Il y a un choix clair qui doit s'opérer" - Yannig Joubrel, patron du PS en Vaucluse

"Je ne suis pas très étonné, on a vu Benoît Hamon remonter ces derniers temps et la cote de Manuel Valls se tasser", réagit Yannig Joubrel dans France Bleu Vaucluse matin. Le patron du PS en Vaucluse, partisan de Manuel Valls se satisfait de "la façon dont cette primaire s'est déroulée".

Yannig Joubrel

12.000 électeurs en Vaucluse ? "On voit bien qu'un certain nombre d'électeurs ne s'est pas déplacé, il y a encore de l'espace pour s'exprimer." Et Yannig Joubrel de militer pour son candidat, l'ex-premier ministre :"C'est important, si on a envie que la gauche soit représentée au second tour de la présidentielle, il faut choisir le bon candidat, et il y a un choix clair qui doit s'opérer entre deux candidats qui présentent un certain nombre de différences. Ce ne sont pas deux projets complètement différents, il faudra qu'à un moment on rassemble. Mais on a deux visions différentes entre un projet plus idéaliste et une gauche plus réaliste."

"Un programme travaillé, réalisable et finançable" - Alexandre Houpert, partisan de Benoît Hamon

Chez les partisans de Benoît Hamon, on est heureux, mais surpris, comme Alexandre Houpert, son mandataire en Vaucluse. Surpris pas de l'engouement, mais de l'importance de cet engouement :"En militant, en allant sur le terrain, on sentait bien tous qu'il y avait une dynamique en marche. Mais, savoir si on était au deuxième tour, c'était pas évident." Mais tout n'est pas joué : "Je suis heureux pour Benoît, mais il va falloir travailler cette semaine encore pour confirmer."

Alexandre Houpert

Dans sa déclaration, dimanche soir, Manuel Valls a commenté : "Il y a un choix très clair entre la défaite assurée et la victoire possible", il évoque des mesures qui ne sont pas réalisables, pas finançables chez son concurrent du deuxième tour. Déclaration aussitôt fustigée par Benoît Hamon. Ses soutiens en Vaucluse préfèrent en sourire :"On a des amis!".

Mais le but de cette semaine, c'est bien de convaincre que face à l'ex-premier ministre, Benoît Hamon n'est pas inexpérimenté, que c'est un candidat sérieux, et que son programme est réfléchi :"C'est l'enjeu de cette semaine, c'est montrer qu'il y a deux choix de société !", ajoute Alexandre Houpert, "C'est ce qui a fait la force de Benoît Hamon, c'est de présenter un programme qu'il a travaillé, qui est réalisable et finançable. Il est parti d'un point de départ important, la raréfaction du travail : on n'est plus dans le cadre de mesurettes qui ne marchent pas depuis trente ans. Le monde évolue, qu'est-ce qu'on fait derrière ? C'est le seul à avoir réfléchi à cette question de façon aussi approfondie. Bien sûr que ça surprend, le revenu universel d'existence, c'est un vrai changement, c'est pour ça que cela soulève autant de questions !"

"La démarche la plus cohérente est celle d'Emmanuel Macron" - Jean-François Césarini, partisan d'Emmanuel Macron

Du côté du camp Macron, le mouvement En marche ! continue de recruter des adhérents. Et, comme l'ancien ministre de l'Economie a décidé de ne pas passer par la primaire citoyenne, on regarde attentivement ce qui se passe dans les urnes, avec satisfaction : "On est obligé d'élire des gens qui font des synthèses entre les deux parties de la gauche, donc des François Hollande qui font des synthèses molles, qui essaient de garder des socio-démocrates d'un côté, de dire qu'on est anti-finance de l'autre !", réagit Jean-François Césarini, référent d'Emmanuel Macron en Vaucluse. "Finalement, ça explose et ensuite on essaie de mettre tout le monde autour de la table et de faire une farandole. Idéologiquement, ça ne marche pas. La démarche la plus cohérente est celle d'Emmanuel Macron."

Jean-François Césarini