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Politique

Bernard Thibault dans les Landes : "les grandes mobilisations reposent sur les syndicats... et les salariés"

mardi 1 mai 2018 à 5:46 Par Lisa Melia, France Bleu Gascogne

Pour l'ancien secrétaire général de la CGT de passage dans les Landes, il ne faut pas parler trop vite : si la convergence des luttes n'est pas encore à l'ordre du jour, elle pourrait finir par émerger. Comme en 1968, où les manifestations sont le résultat d'années de mécontentement.

Bernard Thibault
Bernard Thibault © Maxppp - Aurelien Morissard

Tarnos

À l'occasion du cinquantième anniversaire des manifestations et des grèves de Mai 68, Bernard Thibault, ancien secrétaire général de la CGT, était dans les Landes hier soir. À l'espace Maurice Thorez de Tarnos, il a participé à une conférence-début sur le thème "Mai 68 - Mai 2018 : sous les pavés, l'avenir".

France Bleu : Peut-on vraiment rapprocher ces deux mois de mai, alors que l'on n'observe pas de convergence des luttes pour l'instant, en 2018 ?

Bernard Thibault : Oui, mais si on prends les évènements de 1968, on peut quantifier à deux ans... Janvier 1966, c'est l'accord d'unité d'action passé entre la CGT et la CFDT. Jusqu'en mai 68, avec entre temps une multitude d'actions, par branches professionnelles, qui font monter la pression. Progressivement, les choses vont se déclencher. 

Donc ne considérons pas que ça ne va pas assez vite pour certains, que c'est trop dispersé pour d'autres, qu'il n'y aura jamais un moment où tout cela pourra converger en direction d'un pouvoir qui est très critiqué. De multiples acteurs constatent aujourd'hui que, bien qu'ils aient de nombreuses interrogations, il n'en est jamais question à la table des négociations. Seuls sont à l'ordre du jour les programmes et les décisions du président de la République et ça, ça a forcément ses limites.

Est-ce que la grève fonctionne encore ? Depuis 1995, les mouvements sociaux permettent généralement d'obtenir des concessions, mais pas de faire reculer les gouvernement et les réformes.

Sans doute faut-il réfléchir au niveau du rapport de force nécessaire à réunir pour faire reculer un gouvernement. Il ne faut pas croire qu'il suffit de faire quelques manifestations, d'avoir quelques slogans. S'il n'y a pas grand monde autour des manifestations et derrière le slogan, ça ne marche pas.

Mais si, comme vous le soutenez, les Français ne sont pas satisfait de leurs dirigeants, pourquoi ne sont-ils pas dans la rue ?

Il y a plusieurs facteurs. Un des facteurs, à mon avis, qui compte aujourd'hui, c'est la faible implantation syndicale. Ce n'est pas l'envie qui manque à des salariés, mais il n'y a pas les outils, ils ne sont pas organisés. La structure de la société a aussi beaucoup changé, si on continue le parallèle avec 1968. Rien que la CGT réunissait 2,5 millions d'adhérents à cette période-là. Nous en sommes aujourd'hui très loin, objectivement. Et même tout syndicats confondus. En plus, à la différence de cette période, on a des syndicats qui apparaissent dispersés.

Ce n'est pas toujours le cas dans les secteurs professionnels. Je remarque dans la santé, chez les cheminots... lorsque tout le monde est confronté à un même problème, voire un même défi, là il y a un réflexe d'unité. Si cette démarche était plus généralisée, sans doute que ça encouragerait. 

Il faut donc que ça mature ? Nous n'aurons sans doute pas de "Mai 2018", mais peut-être un "Juin 2020" ?

Bien sûr ! Il faut se garder de tout pronostic dans le domaine climat social : soit considérer qu'il ne va rien se passer ou au contraire que la révolution va être mécaniquement au rendez-vous de telle ou telle date. Ça ne s'est jamais produit comme ça. Les grandes mobilisations, certes, reposent sur une volonté syndicale, un travail syndical et des initiatives programmées... mais il ne suffit pas de le vouloir pour que ça se produise. Encore une fois tout dépend du degré de mobilisation des concernés, principalement des salariés qu'ils soient du public ou du privé.

Bernard Thibault