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Biarritz : c'est au futur conseil municipal de décider pour le projet Aguiléra

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Par , France Bleu Pays Basque

Deux des principales candidates aux élections municipales à Biarritz réagissent après les révélations de France Bleu Pays Basque sur le lancement des premiers actes administratifs concernant le projet Aguiléra. Elles sont d'accord sur un point : ce n'est pas à l'actuelle municipalité de décider.

La salle du conseil municipal de Biarritz
La salle du conseil municipal de Biarritz © Radio France - Jacques Pons

France Bleu Pays Basque révélait ce lundi que le premier acte administratif concernant l'aménagement de la plaine des sports d'Aguiléra, voté le 12 février lors du dernier conseil municipal, avait été produit le 28 février. Il s'agit d'un concours de maîtrise d'oeuvre pour le choix de l'architecte. Deux conseillères municipales également candidates lors du 1er tour des élections municipales, aux positions opposés sur le projet, se rejoignent pour dire que c'est à la prochaine municipalité élue de décider des suites.

"On ne pose pas la première pierre"

Pour Maïder Arostéguy, conseillère d'opposition mais qui a voté pour le projet Aguiléra, ce concours "reste un acte administratif, on ne pose pas la première pierre de quoi que ce soit." Et l'élue Les Républicains de se positionner : _"on permet à ce processus décidé avant avant les élections de se mettre en place_, après ce que l'on fera, le résultat, appartient à la prochaine majorité et pas à celle-ci."

Nathalie Motsch, qui elle a voté contre le projet, n'est pas sur la même longueur d'onde. La candidate arrivée 3e au 1er tour des élections municipales et en position de se maintenir (14%) affirme que l'acte administratif"engage les finances de la Ville puisque les candidats (au concours, ndlr) seront dédommagés. Il y a une enveloppe qui oscillera entre 144.000 et 240.000€ (hors taxes, ndlr) donc ce n'est pas neutre."

"Poursuivre ce projet c'est irresponsable"

Pour la conseillère, "dans le contexte actuel de crise sanitaire et de crise économique majeures, avec une économie touristique pour Biarritz qui est en péril, poursuivre ce projet et engager des sommes pareilles pour un appel d'offres d'une maîtrise d'oeuvre, c'est irresponsable !" Et l'opposante va même plus loin en appelant "tous les élus à prendre conscience qu'on doit changer notre logiciel et que ce qui a pu être voté à un instant "t" doit être remis en cause aujourd'hui aux vues de ce que nous traversons."

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Gérer mes choix

Sans aller aussi loin, Maïder Arostéguy pense également que le projet Aguiléra n'est pas aujourd'hui une priorité face aux défis qui attendent la ville biarrote qui doit "essayer de faire face à la crise" et accompagner les acteurs locaux, notamment les écoles censées rouvrir à partir du 11 mai tout en respectant la distanciation et les gestes barrières ce qui pourrait nécessiter un investissement important pour la municipalité.

"Gérer les affaires courantes" pas les investissements

"L'équipe actuelle a vocation à gérer les affaires courantes puisqu'on est dans une situation inédite. On est entre-deux tours et on ne connait pas la date du deuxième tour", poursuit la candidate arrivée en tête du 1er tour de scrutin (31%). "Pour aucun dossier d'investissement qui concerne l'avenir de la ville, l'équipe actuelle n'est en devoir de prendre des décisions." Pas plus pour celui d'Aguiléra qui "dépendra aussi de la bonne santé économique ou de la volonté des actionnaires (du BOPB, en l'occurence le fonds Gavekal, ndlr) de rester ou de ne pas rester propriétaires du club, dans la mesure où l'on passe tous dans une lessiveuse."

Le maire, Michel Veunac, qui a décliné l'interview de France Bleu Pays Basque en expliquant que ce sujet n'était pas sa priorité en ce moment et qu'il avait plus urgent à traiter, et qui n'a pas non plus répondu aux questions écrites qu'il nous avait suggéré de lui adresser, a tout de même tenté de calmer le jeu dans les colonnes de nos confrères de Sud Ouest : "le Conseil municipal, celui-ci ou le prochain, sera évidemment consulté sur ce sujet. Cet appel d’offres est la suite logique de la délibération adoptée le 12 février".

"Ce projet doit être suspendu"

Pas suffisant pour calmer Nathalie Motsch qui affirme que les élus, malgré une réunion par semaine en visio-conférence avec le maire, n'ont jamais été informés de la procédure. Pour elle, "la décence commande, eu égard à la crise sanitaire que nous traversons, eu égard au score qu'a fait le maire qui a finit 5e(du 1er tour des élections municipales), que l'on soit sous un mandat de gestion, d'entretient courant de la ville et de _s'interdire toute dépense._"

Pour la conseillère, la somme que coûtera quoi qu'il en soit le concours de maîtrise d'oeuvre "vu ce que nous vivons, c'est une dépense somptuaire. Ce genre de projet doit être aussitôt suspendu." Et d'enfoncer le clou en martelant que le maire _"doit renoncer à son appel d'offre_s, le retirer et dire "aujourd'hui je suis là pour assurer un intérim, je laisserai à la prochaine équipe élue par les Biarrots le soin de reprendre ou pas ce dossier."

"Les finances de la Ville gravement impactées par le Covid-19"

Maïder Arostéguy n'est pas aussi tranchée, mais elle laisse planer le doute sur le devenir du projet actuel face à la situation exceptionnelle et imprévue que traverse Biarritz. "Je crains qu'il y ait beaucoup de dépenses engagées(qui) auront certainement une incidence sur les finances de la ville." D'autant que l'élue veut des mesures fortes à destination des entreprises locales "par le biais de suspensions de charges communales et intercommunales et d'exonération des droits d'occupation du domaine public." 

Pour l'élue, "la priorité est d'abord là : soutien économique, réouverture des écoles de façon protégée". Des mesures qui auront "un coût" et vont impacter également les recettes pour la station balnéaire qui risque de souffrir de ce côté là. "Les finances de la Ville vont être très gravement impactées par le Covid-19, explique Nathalie Motsch. On est une ville qui vit par une économie touristique. Cela représente environ 2,5 millions d'euros par trimestre avec les taxes de séjour, les droits de terrasse, les jeux du Casino... Avec ce que l'on traverse et ce que l'on vit, l'impact financier pour la Ville va être catastrophique." 

Et la candidate aux municipales de conclure : "Dans cette situation là, le bon sens commande dire stand-by." Dans ce maelström d'interrogations, notamment sur la situation économique dans les prochains mois, la capacité de financement, mais aussi les échéances et modalités des élections municipales : une chose semble certaine, si le premier acte préparatoire aux travaux dans l'enceinte d'Aguiléra a été lancé, la première pierre est très loin d'être posée.

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