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Politique

Bordeaux Métropole : le maire de Bègles demande à chaque commune d'agir pour résorber les squats

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Par , France Bleu Gironde

A Bègles, environ 500 personnes habitent des habitations illégales, selon le maire Clément Rossignol-Puech. C'est autant, sinon plus que Bordeaux et plus que les autres communes de la Métropole. Le maire demande une réaction immédiate de la part de l'Etat et des acteurs politiques locaux.

Clément Rossignol-Puech, maire écologique de Bègles dans l'agglomération de Bordeaux (deuxième à gauche), demande aux communes voisines d'accueillir elles aussi des "squatteurs".
Clément Rossignol-Puech, maire écologique de Bègles dans l'agglomération de Bordeaux (deuxième à gauche), demande aux communes voisines d'accueillir elles aussi des "squatteurs". © Radio France - Fanny Ohier

Bordeaux, France

Le maire de Bègles est en colère et il l'exprime ce jeudi 16 mai. Environ 500 personnes vivent dans des logements illicites et insalubres sur sa commune, selon lui. Si Clément Rossignol-Puech considère cet accueil comme l'accomplissement de son "devoir républicain", qu'il dit assumer volontiers, il exhorte les communes alentours à faire de même, les autorités locales à prendre des mesures

388 personnes réparties sur 24 sites vivaient dans des habitations illicites à Bègles en juillet 2018, selon le dernier rapport de la DIAHL la délégation ministérielle chargée de l'Hébergement et l'Accès au Logement. C'est plus que Bordeaux (374) et ce peloton de tête est loin devant les autres communes de la Métropole qui hébergent timidement 100 "squatteurs". Des chiffres, fluctuants et sous-évalués selon les associations concernées par la question du logement, qui ont évolué depuis. Mais la situation reste la même pour Clément Rossignol-Puech et elle ne peut plus durer selon lui.

"La ville de Bègles accueille 25% des squats [de la Métropole] alors qu'elle ne représente que 5% de la population de l'agglomération." — Clément Rossignol-Puech, maire de Bègles 

En cause, les nombreuses friches et hangars laissés vacants dans cette ancienne ville industrielle et le revers de la médaille d'une politique conciliante avec les "squatteurs". 

La Gironde quant à elle arrive quatrième dans le classement des départements accueillants le plus de squats en France, toujours selon le rapport de juillet 2018 de la DIAHL

"Nous faisons beaucoup et ça ne suffit pas !"

Le maire de Bègles demande à l'Etat, représenté sur le territoire par la préfète Mme Fabienne Buccio, d'organiser une conférence des maires de l'agglomération, en présence des présidents du département et de la région. "Pour que chacun au plus haut niveau s'investisse dans cette cause d'accueil digne de ces populations et pour résorber ces bidonvilles à ciel ouvert qui sont inacceptables !", explique-t-il. En cause, les nombreuses friches et hangars laissés vacants dans cette ancienne ville industrielle.

La prise en charge des personnes hébergées dans des squats et des bidonvilles passe par leur hébergement, un accompagnement à l'insertion notamment professionnelle pour ceux qui le souhaitent. Desquels découlent la scolarisation des enfants. 

"Nous faisons beaucoup et ça ne suffit pas !" — Clément Rossignol-Puech, maire de Bègles

Pourtant, la métropole de Bordeaux se dit favorable à la prise en considération de la question des squats. Une mission "squat" a été créée à la Métropole en début d'année pour coordonner une action à l'échelle de l'agglomération. Elle sera opérationnelle sitôt les recrutements achevés. 

Trois ETI (Etablissements Temporaires d'Insertion), des lieux d'accueil et d'accompagnement à l'insertion pour dix familles Roms sont prévus sur la Métropole à Bordeaux, Mérignac, et Bègles. Seul celui de Bègles sera cependant opérationnel d'ici 2020.   

Rue Papin, 200 personnes dans un bidonville sans électricité, ni sanitaires

200 personnes vivent rue Papin dans des caravanes et cabanes improvisées à côté d'un amoncellement de détritus en tous genre. - Radio France
200 personnes vivent rue Papin dans des caravanes et cabanes improvisées à côté d'un amoncellement de détritus en tous genre. © Radio France - Fanny Ohier

Rives d’Arcins à Bègles, de l'autre côté du périphérique, au beau milieu d'une zone commerciale, la friche de la rue Denis Papin n'est pas déserte. 200 personnes, dont 80 enfants, de nationalités bulgare, albanaise et kosovare vivent là. Une cinquantaine de familles.

Dans les deux hangars à l'entrée, un à gauche, l'autre à droite, les familles ont construit des cabanes, installé des caravanes. Au fond, un grand terrain en friche où s'amoncellent abris de fortune entre amoncellements de pierres, tuyaux rouillés et carcasse de voitures brûlées. Les draps suspendus entre les caravanes dissimulent à grand-peine les habitants les uns des autres. 

"Toutes ces familles bénéficient de la 'trêve scolaire', passée entre la mairie et la préfecture," explique Caroline Lascombe, de Médecins du Monde. Un accord qui permet aux familles avec enfants de vivre dans le squat du début à la fin des cours et qui s'achèvent avec les vacances d'été. Rue Papin, certaines familles ont été délogées à l'été 2018 avant de réinvestir les lieux en octobre. 

"C'est difficile pour les enfants d'avoir un suivi scolaire quand ils sont forcés de déménager à répétition." — Caroline Lascombe, de Médecins du Monde

Un sanitaire pour 200 personnes, pas d'électricité ni de chauffage. Les conditions de vie sont "compliquées", soupire un trentenaire bulgare qui se fait appeler Stéphane. Il remplit sa bouteille d'eau, à l'un des cinq robinets installés par l'association Dynam'eau il y a un mois.

En pleine journée, les allées du bidonville sont vides, la plupart des habitants sont partis travailler. Stéphane a perdu son travail il y a un mois et si ça dure, il envisage de rentrer en Bulgarie. "Ici, c'est sale, mais je ne pouvais plus payer mon appartement !"

L'eau courante a été installée au squat il y a un mois à la mi avril par l'association Dynam'eau.  - Radio France
L'eau courante a été installée au squat il y a un mois à la mi avril par l'association Dynam'eau. © Radio France - Fanny Ohier
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