Politique

Boycott de l'UMP à l'Assemblée : Claude Bartolone réclame un climat "plus apaisé"

Par Thibaut Lehut, France Bleu mercredi 26 février 2014 à 17:41 Mis à jour le mercredi 26 février 2014 à 18:01

Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale
Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale © Maxppp

VIDEO | Comme promis, les députés UMP ont boycotté ce mercredi la séance des questions au gouvernement. Un acte symbolique révélateur du climat de tension qui règne ces dernières semaines entre les élus. De quoi provoquer la colère du président de l'Assemblée nationale, qui a rappelé tout le monde à l'ordre alors que se profilent les élections municipales.

Chose promise, chose dûe : les élus de l'opposition membres de l'UMP ont boycotté la séance des questions au gouvernement, ce mercredi à l'Assemblée nationale. Un mouvement de fronde lancé pour protester contre les propos de Manuel Valls. Le ministère de l'Intérieur avait en effet pris à partie le député de Paris Claude Goasguen , mardi, en l'accusant d'avoir commencé sa carrière dans l'extrême-droite.

"Rôle essentiel pour l'image" des parlementaires

C'est donc avec un hémicycle à moitié vide que le président de l'Assemblée nationale a ouvert la séance, à 15h. Un événement rare dans la vie politique, qui a conduit un Claude Bartolone visiblement agacé à réclamer plus de tenue. "Les questions d'actualité au gouvernement sont un moment important de la vie parlementaire" , a-t-il solennellement déclaré à la tribune, "retransmis en direct sur une chaîne de télévision nationale et regardé par des Français". Evoquant les courriers de Français déplorant l'ambiance de ces séances, il a mis en garde. "Les provocations et invectives sont des comportements préjudiciables à la dignité de nos débats et contribuent à alimenter les attaques de la démocratie représentative".

Alors que l'Assemblée suspendra ses travaux ce jeudi pour cinq semaines, campagne électorale oblige, le président a espéré un climat "plus apaisé" pour la reprise.

"Plus un cirque qu'un vrai débat"

Mais pour certains élus, la tension qui parasite les débats dans l'hémicycle n'est pas qu'un élément de contexte imputable à cette période pré-électorale. C'est l'exercice même des questions au gouvernement, qui permet aux députés de la majorité et de l’opposition d’interroger les ministres sur l’actualité, qui est en cause."Je n'ai jamais vraiment été fan de ces questions d'actualité" , a confié le maire de Bordeaux Alain Juppé (UMP) à France Bleu. "Elles ressemblent plus à un cirque qu'à un vrai débat". Même son de cloche du côté du centriste Michel Piron (UDI), qui propose carrément de les supprimer. "Ces séances n'apportent rien, ce sont des agressions et des  contre-agressions ", a-t-il expliqué, déplorant le fait qu'elles donnaient "une image totalement fausse du travail parlementaire, du travail en commission ou dans l'hémicycle".