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Brexit : un accord commercial trouvé pour la sortie du Royaume-Uni du marché unique européen

- Mis à jour le -
Par , France Bleu, France Bleu Nord, France Bleu Breizh Izel

Le Royaume-Uni et l'Union européenne sont arrivés ce jeudi, à l'issue d'âpres négociations, à un accord de libre-échange post-Brexit, permettant in extremis d'éviter un "no deal" potentiellement dévastateur, près d'un an après le Brexit et quatre ans et demi après le référendum au Royaume-Uni.

Un accord commercial a été trouvé entre Londres et Bruxelles.
Un accord commercial a été trouvé entre Londres et Bruxelles. © Maxppp - Sadak Souici

Voilà, c'est fini. "The clock is no longer ticking", a déclaré Michel Barnier, négociateur en chef de l'Union européenne. Après 48 ans de vie communautaire entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, les négociations post-Brexit ont finalement abouti, après de nombreux rebondissements, à un accord commercial d'environ 500 pages, ce jeudi. Le Royaume-Uni va donc quitter le marché unique européen avec un accord de libre-échange. 

"Ce moment marque l'aboutissement d'un long voyage", a annoncé Ursula von der Leyen dans une conférence de presse. "Je ressent de la satisfaction et du soulagement", confesse la présidente de la Commission européenne. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a confirmé la nouvelle sur Twitter.

Formellement, le Royaume-Uni a quitté l'Union Européenne le 31 janvier dernier mais depuis, une période de transition durant laquelle il reste soumis aux règles européennes (et donc aux accords commerciaux) a commencé. Cette période transitoire court jusqu'au 31 décembre 23h00 GMT, date à laquelle le Royaume-Uni aura définitivement abandonné le marché unique. Il était donc urgent de trouver un accord, à sept jours de la rupture définitive.

Faute d'accord, les échanges entre l'UE et Londres se seraient fait selon les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane, de quotas, ainsi que de formalités administratives susceptibles d'entraîner des embouteillages monstres et des retards de livraison. Un scénario que voulait à tout prix éviter le Royaume-Uni, déjà malmené par une variante plus virulente du coronavirus qui l'a isolé du reste du monde.

Un accord "juste" et "équilibré"

"Je pense que nous sommes parvenus à un bon accord", "équilibré" et "juste" a affirmé Ursula von der Leyen. "Avec de tels enjeux pour tant de monde, c'était un accord pour lequel il fallait se battre" et qui "protégera les intérêts européens", mais selon elle cet accord est aussi "dans l'intérêt du Royaume-Uni", "un ami de longue date". La coopération avec le Royaume-Uni se poursuivra dans tous les domaines, insiste-t-elle. 

"Je pense que c'est un bon accord" a également dit le Premier ministre britannique Boris Johson, un accord commercial "bon pour toute l'Europe", dit-il, se félicitant que la Grande-Bretagne ait repris le contrôle de ses frontières, de sa législation et de ses zones de pêche."Nous avons repris le contrôle de notre destin". Le Royaume-Uni restera l'"ami", "l'allié" et "le premier marché" de l'Union européenne malgré le Brexit, a assuré le Premier ministre.

"De vrais changements"

"Aujourd'hui c'est un jour de soulagement, néanmoins c'est un jour de tristesse. Le Royaume-Uni a choisi de quitter l'Union Européenne (...) Il y aura malgré cet accord de vrais changements pour beaucoup de citoyens et beaucoup d'entreprises, c'est la conséquence du Brexit", a prévenu Michel Barnier.

L’accord conclu entre l'Union européenne et le Royaume-Uni est "essentiel pour protéger les   citoyens, les pêcheurs et les producteurs français", a insisté Emmanuel Macron sur son compte twitter. "Nous nous assurerons que c’est bien le cas", ajoute le président français, soulignant que "l’unité et la fermeté européennes ont payé".

Boris Johson évoque "le plus grand accord commercial à ce jour, représentant 660 milliards de livres par an, un accord global de libre-échange sur le modèle canadien entre le Royaume-Uni et   l'UE", a dit le Premier ministre britannique.

Au cœur des négociations : la pêche

L'accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques restait l'ultime point d'achoppement des discussions entre Londres et Bruxelles. Malgré son faible poids économique, la pêche revêt une importance politique et sociale pour plusieurs Etat membres, dont la France, les Pays-Bas, le Danemark ou l'Irlande. Mais le Royaume-Uni en a fait le symbole de sa souveraineté retrouvée après le divorce. 

Les tractations se concentraient donc sur le partage des quelque 650 millions d'euros de produits pêchés chaque année par l'UE dans les eaux britanniques et la durée de la période d'adaptation pour les pêcheurs européens. L'UE "sera au côté des pêcheurs européens pour les accompagner" a assuré Michel Barnier ce jeudi. L'accord assure "une base d'accès réciproque aux eaux et ressources, avec une nouvelle répartition des quotas et opportunités de pêche (...) Cet accord demandera des efforts, je le sais, mais l'UE sera présente aux côtés des pêcheurs européens pour les accompagner, c'est notre engagement", a-t-il promis lors d'une conférence de presse.

Boris Johnson a annoncé que la part de la pêche britannique dans ses eaux passera d'environ la moitié à deux tiers. L'UE va renoncer à 25% de sa valeur de pêche dans les eaux britanniques, selon un haut responsable européen. La transition durera cinq ans et demi (jusqu'en juin 2026). Le détail des espèces et zones concernées par ce pourcentage n'est pas encore déterminé. 

Toujours selon ce haut responsable européen, après cette période de cinq ans et demi, cet accès sera renégocié annuellement. Par ailleurs, les pêcheurs de l'UE conserveront jusqu'en 2026 l'accès garanti aux zones situées dans les 6-12 milles marins au large des côtes britanniques (eaux territoriales) où ils se rendaient traditionnellement.

L'Union européenne avait déjà rejeté cette semaine une offre jugée inacceptable de Londres, lui proposant de renoncer à 35% des espèces pêchées en haute mer, mais à 60% de ses prises en incluant les espèces pélagiques, le tout sur une période de transition de trois ans. Bruxelles avait proposé quelques jours plus tôt de renoncer à environ 25% de ces 650 millions à l'issue d'une période de six ans.

Et maintenant ?

Les Etats membres de l'UE devraient maintenant approuver une procédure d'application provisoire de cet accord commercial, afin qu'il soit mis en place à partir du 1er janvier, car le Parlement européen ne devrait pas avoir le temps de le ratifier d'ici là. Les Etats membres ont d'ailleurs commencé dès mercredi après-midi à lancer le processus lors de "discussions informelles", ont indiqué des sources européennes. L'approbation définitive sera décidée par le Parlement européen "ou non", l'année prochaine", a indiqué la présidence.

Les ambassadeurs des 27 pays de l'Union européenne se réuniront ce vendredi à 10h30 pour  commencer à examiner l'accord, a déclaré un porte-parole de la présidence du Conseil européen (assumée en ce moment par l'Allemagne). Le négociateur européen Michel Barnier informera les ambassadeurs du contenu de cet accord. Quant au Royaume-Uni, l'accord sera soumis à un vote du Parlement britannique le 30 décembre, a indiqué Boris Johnson. L'opposition britannique votera l'accord post-Brexit, a annonce le chef de l'opposition ce jeudi soir.

L'Ecosse veut l'indépendance, l'Irlande se félicite

"Il est temps pour l'Ecosse de devenir une 'nation européenne indépendante'" a déclaré dans la foulée la Première ministre écossaise, alors que Londres refuse toujours à l'Ecosse un nouveau référendum sur l'indépendance. "Il faut rappeler que le Brexit a eu lieu contre la volonté de l'Ecosse. Et aucun accord ne pourra jamais rattraper ce que le Brexit nous prend". L'Ecosse avait voté à 62% contre la sortie de l'UE.

Le Premier ministre de l'Irlande, qui fait partie de l'Union Européenne, Micheal Martin, a salué la conclusion de l'accord commercial, son chef de la diplomatie se réjouissant que soit évité le retour d'une frontière physique sur l'île d'Irlande. "Un accord de Brexit est vraiment le bienvenu après quatre longues années de négociations", a réagi M. Martin, estimant qu'il permettra de se concentrer désormais sur "notre gestion d'une bonne relation dans les années à venir".

Les négociations pour préserver la libre circulation des biens et des personnes entre Gibraltar et l'Espagne "continuent", a de son côté souligné le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez. La petite enclave britannique à l'extrême sud de l'Espagne dépend à 100% des importations pour l'alimentation de ses 34 000 habitants. Et chaque jour, environ 15 000 travailleurs frontaliers viennent d'Espagne pour y travailler. Sans accord, les échanges de biens entre Gibraltar et l'Espagne seraient soumis à des droits de douane à partir du 1er janvier.

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