Politique

Bruno Le Maire : "On ne va pas imposer aux communes de prendre des réfugiés"

Par Yves Maugue, France Bleu Gironde jeudi 29 septembre 2016 à 10:26

Bruno Le Maire (ici à Paris mardi) sera en meeting ce jeudi à Bordeaux.
Bruno Le Maire (ici à Paris mardi) sera en meeting ce jeudi à Bordeaux. - © Maxppp

Avant son meeting ce jeudi soir à Bordeaux (20h, Athénée Municipal), Bruno Le Maire, candidat à la Primaire de la droite et du centre, a défendu son projet sur France Bleu Gironde. Le député de l'Eure s'est aussi exprimé sur la crise des migrants.

France Bleu Gironde : Venir à Bordeaux, sur les terres d'Alain Juppé, c'est venir en terrain hostile ?

Bruno Le Maire : Pas du tout. Je connais Bordeaux depuis des années, j'ai une partie de ma famille au Pays Basque. Il y a de nombreux jeunes qui me soutiennent, des élus locaux qui me suivent également. C'est un département que j'adore et, de toutes façons, il ne doit y avoir aucune hostilité dans cette primaire à l'égard de quelque candidat que ce soit.

Qu'est-ce qui vous sépare avec le maire de Bordeaux ?

C'est la volonté de transformer le pays. Moi j'estime qu'il faut aller au bout de la transformation de notre pays, tourner une page avec la vie politique qui n'a pas donné les résultats espérés. Prenez la question de l'école, je pense qu'il faut supprimer le collège unique, mettre en place un collège diversifié et reconnaître les talents de tous les enfants. Prenez la question des impôts, j'estime qu'on ne peut plus les augmenter, plus aucune taxe, plus aucune cotisation. Il faut supprimer l'ISF (impôt sur la fortune, NDLR) et ne pas augmenter la TVA car ce serait une solution de facilité et la vraie bonne solution est de baisser les dépenses pour que les Français aient moins de taxes à payer. Nous sommes au pied du mur et il nous faut un nouveau modèle économique, social, éducatif pour rendre la France plus fière et plus juste.

Dans un documentaire qui sera diffusé lundi, Alain Juppé estime qu'on lui reproche d'être froid mais que vous l'êtes plus encore, c'est vrai ?

Je ne crois pas. Regardez mes réunions publiques. Je recommande de ne pas mettre de veste, de venir en chemisette d'autant qu'il va faire très chaud aujourd'hui à Bordeaux. Dans mes meetings, il y a de la chaleur, de l'enthousiasme, de la joie et de l'amitié. C'est comme cela que l'on fait une bonne campagne.

Ce n'est pas la même vision de l'avenir, le même projet politique.

C'est l'énergie de celui qui est loin derrière Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ?

Attendez de voir ce que donnera le scrutin le 20 novembre. Je crois qu'il y a une volonté de renouveau dans notre pays, la volonté de passer à autre chose. Chaque élection est une élection par défaut. On prend un candidat parce qu'on ne veut pas l'autre. Je propose une élection positive où l'on essaie de construire ensemble une France plus juste et où l'on va au bout des transformations. Laissez les électeurs faire leur choix, voir les différences profondes. Moi je propose de supprimer l'ENA (Ecole nationale de l'administration, NDLR) car je pense indispensable de recruter la fonction publique au mérite. D'autres m'accusent de populisme quand je dis cela. Ce n'est pas la même vision de l'avenir de notre pays, ce n'est pas le même projet politique.

Au moment de votre meeting ce soir, et juste à côté, il y aura une manifestation du Front National contre l'accueil en Gironde des migrants de Calais et une contre-manifestation des partis de gauche. D'après vous, faut-il accueillir tous les migrants de Calais ?

Non. Je pense que l'on n'en a pas la capacité. On ne va pas imposer aux communes de prendre des réfugiés. Il faut les loger, leur trouver un emploi, que les familles aient une école pour leurs enfants. On accueille les gens quand on peut les accueillir dignement. Ma solution est simple. D'abord déplacer la frontière de Calais en Grande-Bretagne car ce sont les Britanniques qui sont responsables de cet afflux de réfugiés, c'est en Grande-Bretagne qu'ils veulent aller. Ensuite, il faut faire le partage très clair entre les migrants économiques qui n'ont pas leur place en France et ceux qui sont persécutés, qui risquent la mort en Syrie ou ailleurs. Ceux-là on doit pouvoir les accueillir dans de bonnes conditions. Le problème aujourd'hui, c'est que les déboutés du droit d'asile ne sont jamais reconduits dans leur pays. Je propose que ceux qui font appel d'une décision d'asile politique attendent le résultat dans leur pays d'origine.

Bruno Le Maire invité de France Bleu Gironde.

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