Politique

Bruno Le Maire à Saint-Étienne : "Refuser les attaques personnelles et présenter le projet"

Par Julien Corbière, France Bleu Saint-Étienne Loire mercredi 7 septembre 2016 à 19:32

Bruno Le Maire
Bruno Le Maire © Radio France - Laure Debeaulieu

Bruno Le Maire, candidat à la primaire des Républicains avant l'élection présidentielle, est ce jeudi à Saint-Étienne. Il est soutenu par Gaël Perdriau depuis le printemps dernier, mais aura aussi des représentants d'autres candidats à son meeting.

Bruno Le Maire, candidat à la primaire de la droite et du centre, est à Saint-Étienne ce jeudi. Il sera présent dès le midi, et en meeting au Flore le soir, dans la ville de Gaël Perdriau (LR) qui le soutient depuis plusieurs mois. On se souvient que Bruno Le Maire était venu soutenir Gaël Perdriau pendant la campagne des municipales en 2014.

Bruno Le Maire pointe en troisième position derrière Alain Juppé et Nicolas Sarkozy dans les sondages, à 10-13% des intentions de vote. Il propose un "combat contre l'islam politique". Il demande l'interdiction de tous les signes de religion dans les lieux publics au-delà de l'école : hôpitaux, mairies, préfecture, tribunaux. Dans une interview accordée à France Bleu avant sa visite, le candidat revient aussi sur les différences de points de vues très fortes dans son camp à propos du non-cumul des mandats.

FBSEL : C'est important pour vous de venir à Saint-Étienne chez Gaël Perdriau ?

Bruno Le Maire : Oui c'est très important pour moi d'avoir le soutien de Gaël Perdriau, c'est un ami, j'ai pour lui beaucoup de respect et d'admiration. La campagne électorale qu'il a menée était une campagne modèle. Sa manière de faire de la politique correspond à ce que j'attends des responsables politiques : de la disponibilité, de la simplicité, de l'ouverture, de l'écoute.

FBSEL : Il vous ressemble ?

BLM : Ce serait prétentieux de dire ça. En tout cas on a la même conception de la politique : servir les gens sans se servir soi-même.

FBSEL : Vous vous rejoignez sur le non-cumul des mandats ?

BLM : Lui comme moi nous sommes totalement opposés au cumul des mandats. Voir que cet été ma propre famille politique a voulu rétablir au Sénat le cumul, je trouve ça absolument désolant (...) Les Français n'en veulent plus : ils veulent des maires, des sénateurs et des députés à temps plein. Il faut aller aussi plus loin : limiter le nombre de mandats dans le temps des députés et des sénateurs, réduire le nombre de députés, obliger tous les énarques et haut-fonctionnaires à démissionner quand ils sont élus. C'est une question d'exemplarité et de dignité.

FBSEL : Laurent Wauquiez cumule présidence des Républicains, députation et présidence du Conseil Régional ?

BLM : C'est son choix je ne suis pas là pour critiquer des membres de ma famille politique.

FBSEL : Dans une interview à Valeurs actuelles, vous dites vouloir lancer "un combat contre l'islam politique". Ca veut dire quoi ?

BLM : L'islam a toute sa place en France, du moment qu'elle respecte le principes de la République (...) Il s'est développé en France ce que j'appelle un islam politique qui veut conquérir les territoires par des coutumes vestimentaires, des comportements. Et il veut conquérir les consciences en luttant contre la laïcité, contre l'égalité entre les hommes et les femmes, contre la séparation du religieux et de l'État. Cet islam politique qui gagne du terrain en France, dans nos territoires nos quartiers nos communes, il doit être combattu avec la plus grande fermeté.

FBSEL : Cela se traduit par quelles mesures ?

BLM : En 2004, on a fait une loi sur l'interdiction des signes religieux à l'école. Ca a été complexe mais on est allé au bout. Et bien je suis favorable pour qu'on adopte une loi similaire pour les autres lieux publics : universités, hôpitaux, préfectures, caisses d'allocations familiales. On doit définir une bonne foi pour toutes ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas, ce que nous pouvons tolérer et ce qui est une provocation. Il s'agit de tous les signes religieux ostensibles.

FBSEL : A Saint-Étienne comme dans d'autres villes aujourd'hui, on voit beaucoup de voile dans les lieux publics. C'est applicable ?

BLM : Ce sera un combat difficile. Mais c'est un combat qui correspond à ce que nous sommes comme peuple, ce que nous sommes comme nation (...) Je souhaite que s'applique à l'islam les mêmes règles que celles qui s'appliquent à d'autres religion. Ni plus ni moins. Or nous sommes confrontés à la volonté déterminée de cet islam politique de gagner du terrain en France.

FBSEL : Êtes-vous rassurés quant au bon déroulement de la primaire après La Baule ?

BLM : L'enjeu est important. Celui qui gagnera aura de fortes chances d'être élu Président de la République demain. Ca nous oblige tous à garder un certain niveau, à refuser les attaques personnelles et à présenter notre projet. Il y a eu des dérapages ces derniers jours, ils ne correspondent pas à ce que veulent les Français.

FBSEL : Y compris sur le cas de Nicolas Sarkozy inquiété par la justice ?

BLM : Mais les affaires de justice regardent la justice. Je suis responsable politique, je ne suis pas là pour attaquer les uns ou les autres (...) Je veux qu'on puisse se dire qu'il y en a un qui arrive avec ses convictions, ses engagements.

FBSEL : Des élus ligériens qui soutiennent d'autres candidats, Bernard Bonne pour Alain Juppé, Jean-Pierre Taite pour Nicolas Sarkozy, seront présents à votre meeting. Qu'est-ce que ça vous inspire ?

BLM : C'est le signal que nous pouvons parfaitement débattre et rester rassemblés. Au bout du compte, notre adversaire, c'est François Hollande et les socialistes.