Politique

La France annonce qu'elle accueillera 24.000 réfugiés en deux ans

Par Samanta E. Eyoum, France Bleu lundi 7 septembre 2015 à 14:41

La France accueillera 24 031 réfugiés
La France accueillera 24 031 réfugiés © Max PPP

Le Président François Hollande a annoncé ce lundi au cours de sa conférence de presse que la France était prête à agir en faveur des migrants. Parmi les 120.000 personnes ayant fui les zones de guerre la France en accueillera 24.000.

Le Président de la République, François Hollande, a annoncé ce lundi matin au cours de sa conférence de presse qu'un nouveau plan de répartition sera présenté par la Commission européenne devant le Parlement de Strasbourg, ce mercredi 9 septembre. La France accueillera donc 24.000 nouveaux réfugiés sur les deux prochaines années.

"La France est disposée à prendre sa part"

Voici les mots prononcés par le Président ce lundi matin lors de sa conférence de presse à l'Elysée. Jean-Claude Juncker, président de la Commission Européenne, attend des pays membres qu'ils se répartissent un nouveau contingent de 120.000 personnes ayant fui les zones de guerre : 54.000 arrivées en Hongrie , 14.000 en Italie et 50.400 en Grèce, ce qui représente 62% des demandeurs d'asile qui ont atteint le territoire Européen au cours des trois derniers mois, selon un document lu par Le Monde. Tandis que la France se voit attribuer quelque 24.031 réfugiés, l'Allemagne, elle, en compte 31.443. Les Etats qui avaient jusqu'ici marqué de vives réticences sont également sollicités par le projet élaboré par la Commission. Ainsi, on prévoit 14.931 réfugiés en Espagne, 9.287 en Pologne, 2.978 en République tchèque, 7.214 au Pays-Bas, 4.564 en Belgique, 4.469 en Suède, 4.646 en Roumanie, etc.

"C'est la proposition que nous avons nous-même établie (...) avec la chancelière Angela Merkel. Face à ses drames, face à cette situation il faut répartir l'effort entre tous les pays européens"

 -François Hollande, lors de sa conférence de presse

Cependant, le Royaume-Uni, l'Irlande et le Danemark, exemptés de politique commune de migration, ne feront pas partie des pays sollicités par la Commission, toutefois ils sont libres d'accueillir volontairement des migrants.  Parmi les pays qui, eux, doivent se plier à la politique commune de migration, certains se montrent réfractaires. C'est ainsi qu'à la fin de la semaine dernière, la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie avaient redit, à Prague, leur refus de tout "quota" fixé par Bruxelles.  Cette dernière compte sur le basculement d'une partie de l'opinion publique après le choc engendré par la mort du petit Aylan Kurdi, en Turquie, qui pourrait amener certains pays à moins d'intransigeance.

Les capitales les plus favorables à ce plan de répartition émettent toutefois certaines réserves et proposent certaines idées visant à faciliter l'initiative de la Commission :

  • Un équilibre entre l'effort fourni par les uns et les autres 
  •   Un enregistrement rapide et systématique des demandeurs d'asile
  •  Installation de centre de contrôle et d'enregistrement  

La mise en place d'une politique de retour rapide, pour ceux qui ne peuvent prétendre à l'asile en Europe, est également envisagée dans ce projet. À l'heure actuelle, seulement 40% d'entre eux quittent le sol européen. Bruxelles compte négocier de nouveaux accords avec les pays d'origine.  Ceux-ci se verraient promettre, en échange de leur collaboration, des aides financières, des échanges commerciaux, plus de facilités pour leurs étudiants, etc.