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Budget de la CTC: l'adoption sans trop d'accrocs

Par Hélène Battini, France Bleu RCFM vendredi 28 octobre 2016 à 10:28

L'assemblée de Corse
L'assemblée de Corse © Radio France

Comme le budget primitif en avril dernier, le budget supplémentaire 2016 de la CTC a été adopté ce jeudi avec une majorité plus confortable encore.

Le budget supplémentaire 2016 de la collectivité territoriale de Corse a été voté ce jeudi par l’assemblée de Corse après quatre heures de débats: trente voix pour, celles des nationalistes, des quatre élus du front national et deux voix de gauche, Antoine Ottavy et Delphine Orsoni. Dix-huit élus se sont abstenus, la droite et le groupe Prima a Corsica. Enfin trois élus se sont exprimés contre, les communistes. Ce budget supplémentaire s'élève à 140 millions d'euro, dont un emprunt de 44 millions. La majorité territoriale s'est engagée chaque mois à rendre compte de l'exécution de ce budget. Gilles Simeoni, le président du conseil exécutif de Corse s'est félicité de ce vote plus confortable que celui du budget primitif en avril dernier.

«Nous avons eu à faire face à une situation extrêmement difficile, caractérisée par la nécessité de rembourser 100 millions d’euros d’arriérés de paiements auxquels ne correspondaient aucune recette… on est dans un exercice budgétaire à la fois atypique et extrêmement difficile à mener à bien. Nous avions tracé une direction au moment du budget primitif, nous avons commencé à redresser la barre, ça s’est confirmé au moment du budget supplémentaire...Nous savons que beaucoup reste à faire, nous avons encore des moments difficiles qui nous attendent. Je crois qu’il nous a été donné acte, y compris par l’ensemble de l’opposition que nous avions respecté les engagements pris et fait ce qu’il fallait faire. »

Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse

Les explications de vote

Seul groupe à s'être opposé finalement donc à ce budget, les communistes. Pour Dominique Bucchini, c'est une question de cohérence, ils avaient déjà voté contre lors du budget prévisionnel, qu'il qualifie de budget d'austérité.

« Tenant compte de l’accord qui avait été signé par écrit entre les différentes forces d’oppositions sauf nous, je trouve normal et cohérent que ces forces-là puissent continuer à voter comme elles ont voté un BP, un BS…Pour notre part, pour des raisons éminemment politiques nous avons voté contre le BP, nous votons contre le BS, parce que ce BS s’inscrit dans une politique d’austérité, de crédits d’état, de crédits européens, il est nécessaire de prendre en compte les problèmes sociaux de l’île…ce que nous ne faisons pas, malheureusement, malgré les déclarations verbales…Un BS avec un emprunt important de 44 millions d’euro, c’est un peu ce qui était prévu et prévisible, l’ancien exécutif aurait dû faire des emprunts en 2014, 2015 et 2016 pour avoir une situation où il n’y aurait pas eu d’arriérés. »

Dominique Bucchini, président du groupe communiste à l'assemblée de Corse

Parmi les abstentions l'ensemble du groupe de droite, Le rassemblement, qui n'a pas voulu s'opposer à ce que ses membres appellent un budget "one shot". Les explications de vote de Marie-Antoinette Santoni-Brunelli.

« Nous avons considéré que le protocole que nous avions voté à l’occasion du BP était en grande partie respecté. Nous avons demandé à l’exécutif de faire un effort sur les dépenses de fonctionnement, elles ont un impact sur notre autofinancement et donc sur l’emprunt. Notre objectif étant de baisser l’emprunt, parce que l’emprunt d’aujourd’hui c’est la dette de demain…Nous nous sommes vu en commission des finances pour essayer de trouver ensemble des solutions. Le président nous a dit que les marges de manœuvres étaient extrêmement réduites, nous lui avons dit qu’il y avait des choix politiques à faire, et qu’il devra les faire à l’occasion du BP 2017. »

Marie-Antoinette Santoni-Brunelli, groupe de droite Le rassemblement à l'assemblée de Corse

Abstention de la droite, abstention aussi des sept élus du groupe de gauche, Prima a Corsica, dont le président, Paul Giacobbi, était absent, retenu à l'Assemblée nationale. Dommage pour François Tatti, également membre de Prima a Corsica, car, dit-il, il n'a pu s'expliquer sur les arriérés qui lui ont été reprochés.

« Nous aurions tous préféré qu’il puisse y participer pour commenter le rapport de la chambre régionale des comptes. On ne peut pas dire d’un côté « vous avez laissé une situation financière catastrophique » et emprunter 174 millions d’euro…En indiquant d’ailleurs que ça ne dégrade ni les paramètres de désendettement de la collectivité, puisqu’ils restent à six ans ce qui est quand même très honorable, ni même les capacités d’épargne, puisqu’elles sont encore considérables à hauteur de plus de 18%. C’est la raison pour laquelle nous avons souhaité pour clore cet exercice de début de mandature de la nouvelle majorité, ne pas être bloquant et nous abstenir sur ce budget supplémentaire. »

François Tatti, groupe Prima a Corsica à l'assemblée de Corse

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