Politique

Bygmalion : Alain Juppé affirme être "plus que troublé"

Par Yves Maugue, France Bleu Gironde jeudi 19 juin 2014 à 15:21

Alain Juppé invité du Club de la Presse de Bordeaux
Alain Juppé invité du Club de la Presse de Bordeaux © Radio France

L'affaire Bygmalion et ses répercussions sur les militants, la nouvelle direction de l'UMP, les propositions pour le pays et une éventuelle candidature pour 2017, le maire de Bordeaux a balayé l'actualité politique ce jeudi devant le Club de la Presse de Bordeaux.

Invité du Club de la Presse de Bordeaux ce jeudi, Alain Juppé s'est exprimé sur la situation de l'UMP. Membre du triumvirat à la tête du parti en compagnie de François Fillon et Jean-Pierre Raffarin, le maire de Bordeaux a reconnu être "plus que troublé" après les dernières révélations de l'affaire Bygmalion.

Extraits.

L'affaire Bygmalion et Nicolas Sarkozy

"J'ai un regard personnel car j'ai assumé tout ce qui avait été fait dans mon parti, même quand ce n'était pas par moi. Et je ne le regrette pas. Nous sommes troublés, plus que troublés. Ce n'est pas agréable d'appartenir à un parti politique qui est traîné dans la boue matin, midi et soir. Donc il faut que cela change. C'est pour cela que nous allons essayer de repartir sur des bases nouvelles. Concernant une prise de parole de Nicolas Sarkozy, je ne veux pas lui donner des conseils. Il a été Président de la République et il sait ce qu'il a à faire. C'est à lui de se déterminer".

Les conséquences sur la nouvelle direction de l'UMP

"Ca, c'est le passé. C'est pour cela que nous sommes repartis sur des bases nouvelles. Nous avons commandé un audit, non pas pour investiguer sur le passé car les juges le font et c'est leur rôle. Qu'ils fassent toute la lumière et qu'ils engagent les poursuites nécessaires. Ce n'est pas notre problème à nous. Nous nous sommes simplement assurés que l'UMP, en tant que personne morale, avait déposé plainte, ce qui a été fait. Nous nous tournons vers l'avenir et nous aurons cet audit qui nous donnera la situation financière de l'UMP à l'instant t pour assurer la pérennité du mouvement pour les prochains mois. Cet audit sera d'ailleurs rendu public. Nous ne sommes pas des justiciers venant s'ajouter aux procédures judiciaires".

La nomination de Jacques Laisné, nouveau trésorier de l'UMP

"On n'a pas eu à choisir entre énormément de candidats. Ca ne se bousculait pas au portillon. Nous n'avons pas voulu nommer une personnalité politique. Nous avons choisi une personnalité totalement indépendante. Jacques Laisné est un magistrat en retraite de la Cour des Comptes. Il a bien voulu accepter. Je ne savais pas qu'en plus il était périgourdin (NDLR, Jacques Laisné est installé à Bergerac), ce qui est une qualité supplémentaire et il va assumer cette responsabilité."

"Et je le répète, c'est une responsabilité à l'instant T, c'est-à-dire ce qui va se passer maintenant et pas ce qui s'est passé avant. Nous lui faisons confiance pour exercer une surveillance vigilante sur le fonctionnement de l'UMP. Nous avons souhaité changer l'équipe administrative car elle a participé à la gestion précédente. Nous n'accusons personne bien entendu mais nous pensons qu'il faut partir avec des hommes et des femmes qui n'ont pas été impliqués dans cette gestion".

Déjà une esquisse de programme

"Je pense que toutes les sensibilités de l'UMP et du centre peuvent converger sur trois lignes d'action. D'abord, il faut remettre notre pays sur le chemin de la croissance. Sans croissance, il n'y a pas d'emploi et pas de redressement des comptes publics. Donc, il faut remettre l'entreprise au centre de notre stratégie économique. C'est la durée du travail, le coût du travail et la simplification de la vie de nos entrepreneurs".

"Ensuite, il faut réformer notre protection sociale en associant le principe de solidarité et de responsabilité. Quand on déresponsabilise les gens, le système dérive vers l'assistanat. On le voit aujourd'hui avec la généralisation du tiers-payant qui déresponsabilise. Ce n'est pas notre philosophie. Enfin, troisième volet, il faut répondre à l'angoisse des français sur ce que va devenir la France. Il y a une crainte identitaire. La France que nous lèguerons à nos enfants ressemblera-t-elle à celle que nous avons reçu de nos parents ? Tout cela tourne autour des notions d'unité dans la diversité. Ce doit être notre fil conducteur".

Objectif 2017 ?

"Est-ce que je vous en dis plus que pendant la campagne des municipales ? Non. Vous savez, je ne suis pas venu dans le triumvirat en trépignant de joie. J'y suis allé car je pense que, sinon, le parti aurait implosé. Il n'y avait pas d'autre solution. D'ailleurs le bureau politique a voté à l'unanimité alors qu'il y a des gens qui n'ont pas pour nous un amour excessif. C'est bien qu'il n'y avait pas d'autre issue. Après, en ce qui concerne les sondages, je suis bien conscient que lorsque l'on redescend dans l'arène, on prend des coups. Forcément. Sur la question d'une candidature aux futures primaires de la droite et du centre, ma position est très claire. Nous sommes en 2014. Nous ne connaissons même pas la date des primaires, fin 2016 ou début 2016 ? Il est donc tout à fait prématuré de parler de candidature".

"Quant à l'âge, c'est un argument à manier avec prudence. Souvenez-vous quand Jospin avait dit que Chirac était trop vieux, ça ne lui a pas porté chance. Et il faut tenir compte du fait que la population française vieillit et que la part des plus de 70 ans est importante. Quand ils entendent dire qu'à 75 ans on est un vieux "schnok" inutilisable, je ne suis pas sûr que ça les motive beaucoup pour aller voter".

Alain Juppé : "Moi, j'ai assumé tout ce qui avait été fait dans mon parti, même quand ce n'était pas par moi"

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